PROGRES DU BAS-NIGER
La Niger Company a créé là, sur la vase, tout un petit arsenal avec cale sèche pour les réparations de bateaux de 600 tonneaux, un dépôt de charbon qui s'agrandit chaque jour, des ateliers à fer bien montés, des scieries mécaniques, des magasins à pétrole. Cette installation est un véritable tour de force que l'on apprécie mieux encore après les fatigues d'un long voyage en Afrique; grâce à cela, des navires, des branchboats ou des avisos peuvent y trouver les approvisionnements ou les réparations nécessités par les imprévus de la route.
Sur le Bas-Niger, les maisons de commerce progressent et se multiplient : With and Bush, Woermann, et enfin John Holt font concurrence à la Niger Company, sans amoindrir beaucoup les richesses de cette première occupante. Et bien d'autres encore viendront s'enrichir et prospérer dans cette « région d'huile de palme », où le soleil luit pour tout le monde, où ses rayons sont dangereux pour chacun, où sa chaleur jointe aux pluies fait revivre, chaque jour, l'éternelle fertilité.
C'est ainsi qu'un seul comptoir de la Niger Company renferme 5 000 tonnes d'huile de palme, attendant impatiemment la crue qui va permettre aux grands steamers de les charger à la factorerie même pour les transporter directement en Europe. Nous croisons des vapeurs chargés de sel, de cotonnades, d'étoffes, de quincaillerie, de vivres et de tous les objets qui s'échangent contre de la gomme, du caoutchouc, de l'ivoire, de la gutta-percha, de l'étain, etc. Je retrouve le