AU CONFLUENT DU NIGUR ET DE LA JJEN(J
rames, très profondément touchés, pour noire part, de l'accueil que nous avions reçu en territoire britannique.
Le 12 août au petit jour, M. Price était à la barre, Watls nous avait confié Padingué pour conduire le Libertij jusqu'à Garoua, c'est le meilleur pilote aoussa de toute la Dénoué. En quelques minutes, le courant nous ramenait en travers du Niger, et le vapeur se dirigeait vers la confluence.
Nous pénétrâmes d'abord dans un étroit marigot, large de 70 à 80 mètres ; le courant y était d'une violence considérable. Ce petit bras coulait vers le Niger; la Dénoué refoulait donc, à
cette époque, ses eaux vers le fleuve, et nous fûmes très étonnés, passant sept mois plus tard, en mars, au même endroit, de constater que cette fois l'inverse avait lieu : le Niger, qui subissait sa seconde crue annuelle, pénétrait dans la Dénoué. Ainsi ces deux artères se pénètrent par intermittences et constituent, à leur confluent, un système dont le mécanisme est des plus curieux. J'ajouterai même qu'en mars, ainsi que d'ailleurs pendant plusieurs mois de l'année, le Kouarra roule des eaux noires et sales, tandis qu'à la saison sèche « la Reine des rivières » — Dénoué en langage batta se dit Di-Noué, bi signifie mère ou reine, noué veut dire eau ou rivière — possède une onde bleue, pure et diaprée qui manifeste une certaine hésitation à se mélanger à celle du fleuve. Il en résulte qu'à partir de Lokodja et jusqu'à 3 ou 4 kilomètres en aval, on