‹ La grande route de TchadChapitre 53 sur 79 · DEPART DE KO UKA WA · texte numérisé non relu

DEPART DE KO UKA WA

cour et poussait les indigènes au sentiment universel de haine contre les Européens. Il me fut même conté que la surexcitation des esprits était extrême à notre égard, et que de deux choses l'une, ou bien nous devions trouver la destruction de nos colonnes devant l'armée ouadaïenne forte de vingt mille fusils, ou bien nous avions la perspective de traverser victorieux un pays dévasté, pour pénétrer dans Abéchcr détruit, tandis que le peuple chercherait refuge soit au Borkou , soit au Dar-Four.

Guerbaï nous reçut plusieurs fois avec munificence; puis je pris congé de notre hôte pour revenir au Chari en suivant la rive inférieure du Tchad. Pour éviter de nouvelles fantasias, nous levâmes le camp à deux heures du matin, et ce ne fut d'ailleurs pas sans difficultés, car les Bornouanes avaient accaparé plusieurs de nos gens. Nous partîmes par un clair de lune magnifique, éclairant la forêt comme en plein jour. La ville dormait et projetait l'ombre de ses toitures sur les murailles voisines. Nul spectacle ne saurait égaler la splendeur de ces nuits étoilées, étincelantes de mille clartés. Une brise légère, agréable et fraîche fait balancer les tiges de mil qui s'entrechoquent et les arbustes qui ploient et bruissent. Les branches des hadjilidjs s'inclinent vers le sol pour nous saluer en nous griffant de leurs

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