LES REGIONS LACUSTRES
L IMPORTANT VILLAGE DOULOO, SLR LA RlVIi SUD IJU TOIIAU.
la mer par le Niger, en sautant les rapides de l'Issa-Ber et les chutes de Boussa, dont l'ensemble correspond à peu près à 110 mètres de dénivellation. Les eaux du Tchad (altitude 330 mètres environ) vont à la mer par la Bénoué en sautant les chutes et cataractes de Lata. La dénivellation est voisine de 110 mètres. Il y a donc analogie dans l'ensemble de ces phénomènes. La seule différence consiste en ce que dans le Niger les cataractes de Lata, au lieu de traverser un bloc rocheux de 20 kilomètres d'épaisseur, se trouvent répandues sur 200 kilomètres de ruban fluvial pour former les rapides de Boussa et de Kendadji. A part cela, les deux blocs lacustres vont à l'Atlantique d'une manière identique et viennent mélanger leurs ondes dans le Niger à Lokodja. Convergence et analogie, tels sont les caractères de ces deux groupes distincts de lacs du plateau soudanais.
Je n'insisterai pus davantage sur ces appréciations géogra-
phiques, mon but était surtout de convaincre le lecteur de trois choses :
1° Le continent africain se compose d'une région côtière, dominée par une table creuse, présentant en son milieu un vaste plateau dont le bord extrême, à Lata, est par 380 mètres d'altitude, et le centre par 330 mètres environ.
2° Cette différence d'altitude accuse une pente insensible, mais régulière, conduisant vers des fonds lacustres et marécageux, séparés par de vastes étendues sahariennes, mais présentant les mêmes caractères d'assèchement, de retrait progressif et d'écoulement vers le golfe de Bénin.
3o Le Tchad est un ex-grand lac, il tend à disparaître, et laisse autour de lui des terres cultivables que le sable envahit peu à peu, jusqu'à les rendre stériles.
J'en suis tout naturellement amené à conclure qu'il serait osé d'attribuer un avenir prospère à la circulation et à la navigation sur ce lac, menacé d'une disparition à peu près certaine.
Les territoires avoisinant le Tchad : Bornou,« Terre cassée », Bas-Chari, Kanem ou Fittri, etc., m'ont trouvé fort perplexe devant leur richesse problématique; tous ces pays,|aux pluies raréfiées, m'ont laissé très sceptique devant la réputation de fertilité et de productivité que j'ai en vain cherché à leur reconnaître
Nous avions reçu à Koukawa des lettres fort aimables de M. le colonel Jackson; cet officier anglais nous donnait rendezvous vers le sud; nous réglâmes donc notre marche de manière à le rencontrer.
Nous voici sur les sentiers de la rive sud, traversant des villages parfois bien pauvres, et côtoyant des steppes marécageux au milieu de la troisième zone tchadienne.
Nous campons à N'Glewa, puis à Gamaka ; nous passons devant Bila-Boutoubé, devant Wobéyo, grand village arabe, le plus beau de la contrée, puis nous traversons le Bahr Boulou, émissaire des cuves inondées ; le village d'Ourgué se trouve sur la rive gauche.
Après un repos de quelques heures, la petite colonne des-