ITINÉRAIRE DE M. LE COMMANDANT LENFANT
de la crue du Logone, établissant ainsi une communication entre cette rivière et le lac Toubouri. Le docteur Petermann,
son ami, qui le voit assez indécis sur cette appréciation, lui fait entrevoir la probabilité d'une communication temporaire et annuelle entre les eaux du Tchad et celles de l'océan; mais Barth traversait le pays moussgou en janvier 1852, c'est-à-dire en saison sèche; il ne pouvait donc rien vérifier sur place, l'hypothèse seule lui était permise. On lui affirma même que la dépression couverte par les eaux après la saison des pluies venait aboutir au lac Toubouri. long d'une centaine de kilomètres, et qui semblait se diriger vers le sud. Quant au Mayo Kabi, l'émissaire naturel du Toubouri, qui rejoint la Bénoué en aval du village de Dinghi, on lui donne sur les anciens tracés une direction sensiblement est-sud-est, dénuée d'exactitude. Le Toubouri a la forme d'un V, il a bien environ « trois journées de marche de la guerre », comme le pensait Barth, mais le Kabi auquel il communique ses ondes en sort pour se diriger vers l'ouest-sud-ouest.
En Afrique, le voyageur est souvent victime des renseignements qu'il recueille à grand'peine. Vous demandez à l'indigène : « Pour aller de Binndéré à M'Bourao est-ce loin? » Il étend horizontalement la main, dans la direction de l'est (cela veut dire qu'il vous suppose partant au lever du soleil) et la ramène verticalement dirigée au zénith (il exprime ainsi que vous devez arriver vers midi). Cependant, tout cela vous renseigne d'une manière insuffisante; le Noir marche très vite, il court presque, il boit son étape, mais à celui qui voyage avec ses porteurs, ses bagages, ses chevaux fatigués qu'il désire conserver de longs mois encore, il lui faudra neuf à dix heures en comptant les repos forcés.
Quoi qu'il eu soit, Barth suppose, décrit et prédit la communication, mais il en doute ne l'ayant pas vue au bon moment, et c'est son ami, le docteur Petermann, qui lui fait entrevoir la vraisemblance de son hypothèse, la possibilité pour les eaux du Logone de se déverser dans le Niger par le Toubouri, le Mayo Kabi et la Bénoué. En outre il suppose, au cours de son voyage dans l'Adamawa, que le lac Tchad est sensiblement à la