LES TRANSACTIONS A FRIC A INES
fortune outre-mer. Prodiguons nos efforts aux colonies capables de rendement, et réservons pour l'avenir les terrains du Bas- Chari, si toutefois l'extension de notre activité tropicale doit jamais les atteindre.
La mission s'est vivement intéressée à la culture du coton. Ce textile pousse partout en Afrique; on le rencontre souvent à l'état sauvage dans les bois et dans les taillis, nous en avons même trouvé quelques espèces curieuses, probablement hybrides, et que nous n'avions jamais vues ailleurs. Au moment où l'industrie française se tourne vers l'exploitation de l'Afrique occidentale, c'est une satisfaction sans égale pour nous de lui remémorer les résultats qu'elle peut attendre de la culture cotonnière et de la mise en valeur des terrains irriguables de nos possessions africaines. Cependant la pénétration du Mayo Kabi n'est pas encore assez pratiquée pour la mise en œuvre de la culture cotonnière sur les territoires Moundangs et Foulbés. Cette opération est seulement un devoir de l'avenir, un projet et une conception du présent.
L'Afrique occidentale prend tous les jours une extension plus grande, les transactions se développent avec énergie, la lutte commerciale est ouverte sur tous les marchés du continent noir.
Les Allemands ont pris pied dans les possessions françaises et anglaises; ils introduisent leurs marchandises à des prix tellement réduits, que les tarifs anglais durent s'abaisser souvent de 20 à 25 pour 100. D'autre part, nos voisins d'outre-Rhin entretiennent une flotte commerciale qui tient en échec celles des compagnies britanniques. La maison Wœrmann a construit des bateaux de 6 000 tonnes et des paquebots confortables qui font grand tort aux navires de mêmes dimensions des lignes anglaises. La concurrence est tellement grande, que l'on voit souvent des steamers de 5 200 tonnes revenir avec 600 tonnes à peine de chargement dans leurs cales; les dividendes des sociétés s'en ressentent, et l'on se demande en vérité comment celles-ci peuvent se soutenir, car nous sommes en présence
d'une âpre rivalité commerciale, dont les effets se manifestent parfois en dehors du champ habituel du trafic et des transactions.
Nous avons été témoin d'événements sur lesquels, d'ailleurs, il est impossible de se tromper. Pour le moment, la lutte est circonscrite aux marchés coloniaux et commerciaux. Les escadres anglaise et allemande échangent en Europe des salutations cordiales, mais la flotte commerciale germanique prend chaque jour un développement gênant pour nos amis d'outre-Manche. Le combat économique ne saurait se prolonger sans prendre tournure pour l'un des deux partis. Restera-t-il courtois et commercial?
Quoi qu'il en soit, nous avons reçu un accueil charmant sur les territoires étrangers. Au Kameroun, M. de Puttkammer, gouverneur, MM. Sandrock, Stieber, Kravietz, Strumpel, Shipper et Thierry se sont montrés fort aimables à notre égard. En Nigeria, Sir Frederik Lugard, MM. Wallace, Ruxton, Barclay et les officiers anglais nous ont reçu d'une façon extrêmement cordiale.
Je tiens à remercier avec affection et respect M. Doumerguc, ministre des Colonies, d'avoir bien voulu prendre cette mission sous son haut patronage. Nous sommes fier d'avoir été l'objet de sa grande bienveillance et d'avoir bénéficié de toute la sollicitude qu'il témoigne à nos colonies d'Afrique.
Je remercie de tout cœur la Société de Géographie qui nous a pris sous son égide, et nous a suivi avec une véritable amitié de près et de loin; et notre reconnaissance va tout droit à M. Le Myre de Vilers, à M. Cordier, à notre cher secrétaire général, M. le baron Hulot dont l'affectueuse sollicitude a soutenu nos efforts. Ma gratitude s'adresse également à l'un des membres les plus actifs de cette Société, à m^n excellent ami, M. Gabriel Marcel, dont la ferme affection n'a cessé de m'encourager.
Je réunirai dans un même et cordial souvenir : le Comité de l'Afrique française qui, par sa générosité, nous a fait le conti-