‹ La grande route de TchadChapitre 70 sur 79 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

nuateur de son œuvre admirable; l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres qui nous a doté du legs Benoît -Gar nier, destiné aux recherches dans le Centre africain ; et M. Esnault Pelterie, président de l'Association cotonnière coloniale, qui, par un don personnel et généreux, a largement honoré et favorisé nos études.

Enfin nous adresserons nos remerciements à tous nos amis, à M. Bousquet, directeur du Cabinet, au personnel du ministère des Colonies, ainsi qu'à nos camarades, dont l'affectueux intérêt nous a puissamment secondé en cours de route.

M. Delevoye s'est distingué par ses travaux astronomiques et par son itinéraire dans les eaux libres du Tchad; cet officier a fait preuve d'une énergie égale à son intelligence. Quant à Lahure, c'est un jeune homme vaillant et courageux, et ce que le lecteur a pu connaître de lui dans le cours de cet ouvrage résume toute ma pensée. Le pajs peut être fier de tels serviteurs; leur vaillance, leur énergie et leur esprit d'abnégation sont garants de la confiance qu'il peut leur accorder.

La nation fait pour ses colonies d'énormes sacrifices; elle trouve déjà chez les unes la récompense de ses efforts, tandis que chez les autres elle prépare l'avenir.

C'est d'abord sur les terres fertiles, d'une exploitation commode et d'un rendement éprouvé, que nos efforts et nos dépenses doivent se prodiguer sans trêve; il sera temps, plus tard, lorsque nos progrès se seront propagés sans cesse vers l'intérieur, de dispenser aux terres suspectes les capitaux nécessaires pour tenter de les mettre en valeur. Pour le moment, du moins, soyons très circonspects vis-à-vis de la « terre cassée », donnons-lui le strict nécessaire, organisons et réduisons là nos dépenses dans la limite de leur utilité présente.

L'Afrique occidentale, au contraire, marche à pas de géant; nos méthodes et nos procédés colonisateurs ont attiré l'attention de nos voisins qui suivent, d'un œil attentif et même avec admiration, les progrès rapides et le développement continuel de notre France tropicale; aussi, constatai-je parfois avec regret

que nous sommes les seuls à nous critiquer, et que notre confiance n'est pas ce qu'elle doit être.

Ne dépassons pas les territoires du Kabi, qui se révèlent à nos yeux comme une source de richesses et de rétributions possibles; cette colonie deviendra bientôt, si nous le désirons, et c'est d'ailleurs une chose nécessaire, le centre nourricier du rideau de troupes destinées à la surveillance des pauvres territoires du Tchad; elle aura donc besoin de toute notre sollicitude avant qu'il soit longtemps.

C'est par la recherche et l'utilisation des voies de pénétration que ces possessions éloignées prendront un essor, dont l'amplitude est une œuvre d'avenir. Nous ne pouvons accéder, aujourd'hui même, vers cette vallée du Kabi, vers ces terres lointaines en utilisant des moyens d'accès conformes aux données de la science moderne; mais la France, néanmoins, peut asseoir son influence et porter, dès maintenant, sa colonisation pacifique et bienfaisante au sein de ces contrées fertiles, en mettant en pratique le ruban fluvial suivi par la mission. Ce chemin nouveau, cette grande route plus facile, plus économique, plus rapide et plus directe que toute autre, c'est la voie Niger- Bénoué-Kabi-Toubouri.

Lenfant.

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