‹ La grande route de TchadChapitre 8 sur 79 · PREPARATIFS DE DEPART · texte numérisé non relu

PREPARATIFS DE DEPART

LOUIS LAIlLlli:. « LA VALDIU .N Ali .M) l'AS LE NOMBRlî DKS A.NMiliS. »

si toutel'ûis la chose était possible, je lis construire, d'après les plans de mou ami, l'ingénieur Guilloux, qui s'est spécialisé d'une façon remarquable dans la matière, un grand chaland en

acier, que la maison Bertiu frères, de Bezons, soigna de son mieux. Ce bateau reçut le nom de Benoît-Garnier en souvenir du legs de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il mesurait 12m50 de long, 2m50 de large, l'"20 de creux. En outre, pour parer aux obstacles qui pouvaient se dresser sur notre passage, il était démontable en morceaux de 60 kilogrammes. La direction était réversible dans le cas où nous eussions dû sortir d'un marigot dans lequel il nous eût été impossible de virer; une tente, sur piquets en fer, nous servait de refuge et d'abri.

Le Beyioît-Gariiier était ponté, son étrave était renforcée par une plaque d'acier très épaisse, ses formes fines aux deux bouts lui donnaient de réelles qualités nautiques; il pouvait, armé et disposé avec tout le soin dont il fut l'objet, supporter le gros temps des tornades et la forte houle du lac Tchad.

Mon personnel se composait, comme Européens, d'un enseigne de vaisseau, M. Delevoye, et d'un sous-officier de cavalerie, M. Lahure, qui depuis peu de temps était rentré de mission en Abyssinie avec M. Duchêne-Fournct, que la fièvre a si prématurément précipité dans la tombe. Ce sous-officier devait continuer, sous nos ordres, à montrer le dévouement et le courage dont il avait déjà fait preuve. M. Delevoye, que nous devions prendre au passage à Dakar, où son service l'avait retenu, fut chargé de recruter pour la mission une dizaine de piroguiers saracolès, un interprète et un cuisinier. Telle était notre escorte. La plupart de ces braves gens venaient à peine de quitter le Niger, où nous avions partagé le même labeur; trois d'entre eux savaient tout juste manier une arme sans compromettre nos existences. Anciens plantons, débardeurs du port de Dakar, marmitons ou tireurs de pang-ca, tels étaient les nouveaux venus. Mais cela ne devait point nous préoccuper; la route aguerrit tout le monde, et le Sénégalais est un brave qui, devant le danger, devient un auxiliaire incomparable.

Quant à notre arsenal, il se composait de huit armes : cinq fusils de chasse, une carabine Lee Metford et deux carabines

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