‹ La grande route de TchadChapitre 9 sur 79 · PREPARATIFS DE DEPART · texte numérisé non relu

PREPARATIFS DE DEPART

Coït, qui ne purent jamais nous rendre aucun service, tant elles étaient usées et démodées.

M. Delevoye fut plus spécialement chargé d'une partie des levers topographiques et des observations astronomiques, nécessaires pour la détermination des points principaux de notre parcours. Lahure avait à s'occuper du matériel et des approvisionnements de la mission, en dehors des tâches spéciales qui lui furent ultérieurement confiées. Je laissai à M. Bolard le soin d'acheter toute la pacotille et les provisions qui nous étaient nécessaires; il s'en était fort bien acquitté pour mon précédent voyage ; c'était une raison majeure pour lui continuer notre confiance. En un mois tout fut préparé.

La Compagnie des Chargeurs-Réunis et son aimable directeur, M. Braly, consentaient à détourner le Paraguay de sa route pour nous déposer en rivière de Forcados avec le Benoît-Garnier qui fît, tout monté, le voyage de Bezons au Niger.

Nous trouvâmes, dès le début, un concours d'amitiés et de dévouements qui nous parut d'excellent augure. Le Paraguay était commandé par M. Agan, secondé du capitaine Vernaelde, avantageusement connu de tous les « Africains ». Je ne saurais rendre un trop vif hommage à la loyauté, à l'intelligence, à l'amabilité de ces deux marins qu'unit la plus solide amitié.

M. DKLEVOVK.

Cliché J. Beau.

Partis de Bordeaux, le 15 juillet, nous étions, le 24, à l'ancre en rade de Dakar. C'est là que nos piroguiers vinrent s'embarquer, sous la conduite du chef laptot Birama Diakité, que notre

équipage eut vite fait de caractériser par ces mots « lui parler joli, mais pas connaisse à rien ». C'étaient tous de braves gens : Malali Dialo, que j'avais connu à Bammako en 1898; Boubakar Ly, le travailleur silencieux de la mission précédente ; Soma Diara, que le colonel Toutée m'avait déjà passé et qui devenait une seconde fois mon homme de confiance ; puis Samba Kamara, Mangkion N'Gueye, le petit Birama, Diaolé Moussa, Mamadou Kanté qui s'embarquent avec des cantines aux cuivres légers et brillants, achetées sur les avances de solde qu'ils viennent de toucher.

Le lecteur pensera peut-être que ces compagnons de route vont demander où nous les emmenons. Point du tout ; on leur a dit qu'ils devaient remonter le Niger et cela leur a suffi. Nous allons les débarquer, changer de bateau, remuer et déplacer du matériel, ils vont avoir chaud la plupart du temps et grelotter sous les tornades, dormir sur la vase, harcelés par les moustiques, manger ce que nous trouverons, côtoyer des populations amies ou hostiles, tout cela ne les inquiète pas. Et, lorsqu'après un mois de route, arrivant à Garoua, je demanderai à l'un d'eux s'il sait où nous allons, voici quelle sera sa réponse : « Tous ces pays-là c'est compartiment que moi y a pas connaisse,

Page 1