‹ La grande SerbieChapitre 2 sur 119 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

extérieurs ont un retentissement profond sur l'existence particulière de chaque citoyen. Nous avons tous un intérêt direct et personnel dans révolution générale du monde, et cette solidarité universelle s'exerce avec une force toujours plus impérieuse à mesure que la civilisation se perfectionne et se complique.

Jusque la crise actuelle, la plupart des Français ont de parti pris ignoré et négligé cette vérité, ou du moins ils nonl aperçu que vaguement les conséquences et les obligations qui en découlent. Notre démocratie n'a pas eu de politique étrangère. Tout au plus ai-elle daigné indiquer des directions générales, sans se préoccuper de la manière dont on interprétait et dont on exécutait ses volontés. L'alliance russe et fentente cordiale avec V Angleterre répondaient certainement aux désirs de l'immense majorité des électeurs; quant à la manière dont on pratiquait Vaillance, au prix dont on achetait ces rapprochements, aux engagements qu'ils supposaient et aux risques qu'ils entraînaient, les Français se sont refusés à les considérer. C'est pour cela que les diverses crises, si tragiques, que nous avons traversées depuis dix ans, ont été pour la plupart d'entre eux une surprise presque foudroyante, ou, ce qui est pire, ils n'en ont même pas soupçonné les immenses périls.

Ce n'est pas le moment ni le lieu de juger les divers ministres qui, pendant cette période accidentée, ont dirigé nos affaires. J'admettrai, si l'on veut, que tous étaient, non seulement de sincères patriotes, mais des diplomates perspicaces et expérimentés, dont le mérite n'avait d'égal que la modestie. On m'accordera bien en échange qu'il serait absurde de supposer que la France aura toujours la chance de voir au quai d'Orsay, des Richelieu ou des Vergennes, — et

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