LA GUERRE DE
ment Novikov a pu accepter de pareilles propositions. » — Il était déjà trop tard pour revenir en arrière, et, à mesure que les difficultés militaires ou diplomatiques s'aggravaient, les scrupules de la Russie faiblissaient et Andrassy haussait ses prétentions.
Il avait exigé que les Russes ne portassent pas les opérations en Serbie et ne sollicitassent pas une nouvelle intervention de la principauté : — « la coopération de la Serbie et du Monténégro, avait-il dit, ferait de l'action européenne un mouvement slave, de la tendance humaine et chrétienne une tendance orthodoxe, de la guerre une révolution ». — Cependant la Tcherna Gora ne déposa pas les armes et les Serbes reprirent le combat à la fin de 1877; leur intervention énergique, sans avoir de résultats décisifs, contribua très efficacement à briser la dernière résistance turque et décida le sultan à signer les préliminaires de San Stéfano. Malheureusement la Russie était épuisée par l'effort de Plevna et le passage des Ralkans; l'armée, à bout de souffle, implorait la paix. L'Angleterre envoyait sa flotte, et Bismarck prenait une attitude nettement favorable à TAutriche. Le Congrès de Berlin, réuni dans des circonstances aussi désavantageuses, devait fatalement aboutir à un désastre pour la cause slave, et en particulier pour la Serbie.
Le traité de San Stéfano, conclu entre la Russie et la Turquie (3 mars 1878), créait déjà pour elle une terrible menace. Ignatiev, qui en avait été le principal inspirateur, était évidemment parti de l'idée qu'il était prématuré après Reichstadt de disputer à l'Autriche la prépondérance dans l'occident de la péninsule. En attendant l'heure de lui reprendre les Slaves qu'on lui sacrifiait pour l'instant, il convenait de favoriser ceux qui demeuraient dans le
champ d'intluence russe. 11 avait pour cela créé une immense Bulgarie, qui comprenait non seulement les territoires occupés véritablement par les Bulgares, mais aussi ceux sur lesquels ils pouvaient élever des prétentions plus ou moins justifié' -. 11 avait tracé ainsi le programme du futur nationalisme macédonien ({ui devait trouver dans Ferdinand de Gobourg et Radoslavof des adeptes intempérants et provoquer entre les Slaves de la péninsule une rivalité qui ne |)Ouvail profiter qu'à l'Autriche.
Les Serbes arrivèrent au congrès de Berlin dans les conditions les plus lamentables, discrédités par leurs premiers échecs dont on exagérait la portée, flétris par la condamnation injuste et cruelle que le Tsar avait prononcée contre leurs soldats, compromis par les fautes et le mauvais renom de leur roi, divisés entre eux et abandonnés d'avance par Gortchakov qui n'avait que les idées les plus vagues sur leur existence et dont l'ignorance proverbiale n'était guère égalée que par celle de Disraeli. La seule question vraiment vitale pour eux, celle de Bosnie et d'Herzégovine, avait été réglée avant l'ouverture du congrès par la convention secrète de l'Angleterre et de l'Autriche (6 juin 187<Sj.
Leurs représentants nv furent pas même admis au Gongrès, et Bismarck traita de haut les délégués de tous ces petits peuples qui le troublaient dans ses vacances et le fort^aient à rester à Berlin pendant un mois de juillet d'une chaleur intolérable. Le traité de 1878 déclara que « les provinces de Bosnie et d'Herzégovine seraient occupées et administi'écs |)ar l'Aufriche-Hongrie. Le gouvernement de l'Au- Iriche-llongrie ne désirant pas se charger de l'Administration du sandjak de Novi Pazar qui s'étend entre la Serbie et le Monténégro dans la direction sud-est jusqu'au delà de Mitrovitsu, l'administration otto-