‹ La grande SerbieChapitre 5 sur 119 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

A ces diverses questions, l'histoire seule offre une réponse. Les passions s'en vont avec rdge, disait Victor Hugo, mais ce nest vrai que pour les individus. Chez les peuples, au contraire, les désirs sont plus impérieux et plus redoutables, qui ont été mûris par de longues attentes et excités par des siècles de rêves. Essayer de nous rendre compte de la natu/^e et de Vintensité de ces espoirs, dégager ce quils renferment de Juste ou d'excessif et de dangereux, de vrai et de permanent ou de factice et de fugitif, rechercher si certaines nations ne risquent pas d'assumer une tâche inégale à leurs ressources actuelles, la connaissance seule dupasse nous le permet.

Nous voudrions ainsi présenter aux lecteurs français un tableau exact et vivant de ce que sont actuellement les divers peuples d'Europe, en mettant en lumière ce qui chez chacun d'eux subsiste du passé et ce qui, de ce passé, demeure une force de vie et un élément d'action. Pour que ces éludes soient utiles, le premier point est qu'elles soient exactes et sincères, mais il faudrait aussi qu'elles fussent intelligentes, c'est-à-dire qu'elles choisissent ce qui est vraiment nécessaire et laissassent tomber le fatras qui ne relève que de l'érudition. Il faudrait enfin qu'elles pussent être lues avec agrément et intérêt. Les princes sont généralement fort mal élevés, parce qu'on les soumet à un régime d'entraînement purement odieux et qui exige d'eux un effort excessif. Notre démocratie se révolterait vite contre des méthodes aussi intolérables. Nous désirerions améliorer le peuple de France, non le transformer, et nous savons qu'il ne supporte pas l'ennui, en quoi nous ne saurions le blâmer.

De la coupe aux lèvres.... Je mesure mieux que quiconque l'abîme qui sépare l'idéal que j'entrevois

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