PREFACE XI
de Fessai que f offre ici au public et Je prévois de nombreuses critiques, — que Je reconnais d'avance légitimes. Les délicats sont malheureux, rien ne saurait les satisfaire. — Mais, à contempler la perfection, on se condamnerait à ne Jamais rien essayer. — Mes collaborateurs seront plus habiles et plus heureux. Le public aussi nous aidera, relèvera nos fautes, signalera nos erreurs. En admettant même que Jious ne réussissions pas, si notre idée est Juste, elle sera reprise avec un meilleur succès.
Les volumes que nous publierons dans notre collection seront de développement inégal, suivant l'importance du sujet, suivant aussi les connaissances antérieures quil est permis de supposer aux lecteurs. Ils devraient constituer, dans notre pensée, une sorte de bibliothèque de fonds que compléteraient ensuite, à mesure que les événements surgiraient, des brochures qui donneraient une vue générale des questions engagées.
Si nous parvenions à mériter et à retenir l'attention du public, nous le mettrions en garde à la fois contre l'indifférence, qui est coupable, contre la passion irréfléchie, qui est funeste, et contre Vesprit de système, quil ne convient pas de confondre avec la constance des convictions raisonnées, qui est précisément tout le contraire. — Les idées simples sont souvent des idées fausses, parce qu'incomplètes. Nous croyons avec Lamartine que la politique, c'est de la raison, de ta morale et de la vertu. Mais la vertu n'est pas toujours si claire et l'on ne voit que rarement du premier coup où est le devoir.