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LES GENERAUX BULGARES

Iriomphale de Ferdinand à Constantinople, de la selle précieuse arrivée de Venise et des chevaux blancs de son cortège triomphal. Les grandioses lubies du souverain s'étaient propagées de proche en proche et, peu à peu, un vent de délire avait troublé les plus fermes cerveaux.

II était entendu parmi les officiers de Sofia que les Grecs et les Serbes étaient de méprisables adversaires, qu'on disperserait à coups de cravache.... « Il faut répéter à nos soldats, disait un ordre du jour du général Kovatchef (17 juin 1913) que les soldats serbes et grecs, si pleins de courage contre les populations sans défense, ne sont que des lâches et ont été épouvantés en apprenant l'approche de notre armée. A l'arrivée de nos premières troupes, le moral des Serbes a commencé à fléchir; il est aujourd'hui réduit à néant. Cet état d'esprit est mis en évidence par le nombre énorme de déserteurs qui passent tous les jours dans nos rangs et déclarent que leurs camarades sont résolus à mettre bas les armes dès le commencement des opérations. En laissant les divers échelons de notre armée, au moment de leur concentration, passer devant eux sans les inquiéter, les Serbes ont montré clairement leur état moral et la crainte qu'ils ont de se mesurer avec nous. S'il en était autrement, jamais ils n'auraient permis à notre concentration de s'effectuer dans des conditions inconnues jusqu'ici dans l'histoire. »

Ce document est une de ces pièces qui décident des procès et rendent superflaes toutes les discussions. Il éclaire la psychologie de l'état-maj or bulgare et aussi les intentions des politiques de Sofia Ils poussèrent jusqu'au bout l'imitation de l'Allemagne en se décidant à l'attaque brusquée de la nuit du 29 au 30 juin.

Le président du conseil, M. Guéchof, esprit modéré

et réfléchi, qui apercevait les dangers d'une rupture, avait été congédié par le souverain, au moment où il allait négocier avec M. Pachitch à Tsaribrod (30 mai). M. Danev, qui n'était peut-être pas non plus très belliqueux, était hors d'état de résister à la pression de la coterie militaire et du roi. En vain la Russie multipliait ses efforts pour éviter un conflit, envoyait coup sur coup des conseils de prudence : le 8 juin, le tsar adressait aux deux souverains son télégramme célèbre où il leur rappelait qu'ils s'étaient engagés, en cas de difficulté, à accepter son arbitrage : « l'État qui commencerait la guerre répondrait de sa conduite devant la Slavie »; quant à lui, il se réservait la liberté entière de ses décisions « en face des conséquences possibles de cette lutte criminelle ».

La Serbie n'avait aucune raison d'attribuer au Tsar des sentiments particulièrement bienveillants et elle n'ignorait pas que, par habitude, par instinct et par politique, la Russie avait pour les Bulgares quelque faiblesse de cœur. Il n'est pas étonnant que sa première impression ait été un mouvement d'inquiétude et même de révolte. — La Russie, disait-on à Belgrade, nous tient par le péril toujours menaçant sur le Danube et elle nous impose concession sur concession, hier l'Albanie, aujourd'hui la Macédoine. C'est un suicide qu'elle réclame de nous; mourir pour mourir, mieux vaut tomber les armes à la main et face à l'ennemi. (De Penennrunn, Quarante Jours dans les Balkans.) — La Skoupchlina décida « de ne pas jjermettre que les intérêts vitaux delà Serbie fussent abandonnés », et M. Drachkovitch précisa le sens de cette résolution : « Nous ne saurions accepter un règlement arbitral, qui ne tiendrait pas compte do nos intérêts vitaux dans la vallée du Vardar. »

M. Pachitch, violemment pris à partie par l'oppo-

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