‹ La grande symphonie heroïque des punaisesChapitre 2 sur 9 · LE CHOEUR · texte numérisé non relu

LE CHOEUR

La scène représente une chambre d’auberge, en Beauce.

LE BEL HOMME EN HABIT NOIR, s’adressant à la partie féminine de l’assemblée.

Mesdames — il est juste au moins qu’on vous prévienne — Farouche à raconter et lamentable à voir,

Le poëme hardi de la gent punaisienne,

Pour les nerfs olfactifs d’une Parisienne,

Exhale des parfums âcres à percevoir.

Par un cas fortuit, — que l’on n’a pu prévoir —

S’il se trouvait céans quelque Béotienne Qui se cabre aux récits de gaillardise ancienne ,

Qu’elle observe mes gants blancs et mon habit noir;

Et d’ailleurs il vous reste encore, quoi qu’il advienne, Les jeux de l’éventail et les plis du mouchoir.

(Se tournant vers les hommes.

Nous n’ajouterons pas un mot, côté des hommes :

Nargue au sexe barbu ! Voilà comment nous sommes !..

Apprenez là dessus qu’un pauvre voyageur S’en revient de Paris, la ville des lumières !

Ce qu’il a laissé là des puretés premières,

Je ne le dirai pas, craignant votre rougeur.

Mais enfin, le pauvre homme est défait et songeur. Il a vu de trop près les bergères d’Asnières,

Un peuple, comme on sait, frétillant et rongeur.

Il a besoin de vert et retourne à l’églogue.

Dans une cour d’hôtel j’entends ce dialogue :

L’INFORTUNÉ VOYAGEUR, descendant de cheval.

Vite, vite 1 une chambre, et pansez mon cheval :

Il est, ainsi que moi, rendu, pauvre animal !

Je ne souperai pas, je n’en ai pas la force...

(Gourmandant les gens de l’auberge.)

Allons ! avez-vous peur d’attraper une entorse ?

Une bonne répond :

— Le bidet est rentré Et votre appartement est déjà préparé :

L’escalier en dehors, à côté de la treille...

A quelle heure monsieur veut-il qu’on le réveille ?

l’infortuné voyageur.

Me réveiller?., jamais !...

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