‹ La grande symphonie heroïque des punaisesChapitre 3 sur 9 · LA SERVANTE · texte numérisé non relu

LA SERVANTE

De père en fils, monsieur, la maison est connue Pour une auberge honnête et proprement tenue.

(A part.)

Des puces ! quelle idée a donc cet étranger ?

Les punaises d’ailleurs sont là pour les manger.

Sur l’affirmation de cette brave fille,

Le pauvre voyageur monte et se déshabille.

La flanelle lui colle aux reins : il songe alors A sa femme, aux douceurs de la vie en famille,

Et se sent harcelé de froid — et de remords.

La chambre est morne, grise, et d’un aspect sévère, Avec du papier jaune et des fleurs indigo ;

Sur un socle en bois blanc, dans sa gloire, et sous verre, Bonaparte à cheval revient de Marengo ;

Philémon et Baucis, une vieille Flamande,

Un coucou, — sans parler, comme dit Lancelot,

« Du vase pudibond qu’en sa chambre on demande, » Voilà le résumé précis du bibelot.

Quand il se mit au lit dans les gros draps de toile,

Un bien-être inconnu pénétra tous ses sens Et le sommier poussa des cris presque indécents.

Puis soudain, d’une voix que l’amer regret voile,

Le pauvre voyageur murmura ces accents :

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