‹ La grande vie de Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 46 sur 68 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

l'intendant infidèle, mais prudent.

Luc. XVI, 1-12.

Jésus ensuite tira d'un fait réel la parabole de l'intendant infidèle qu'on avait accusé, auprès de son maître, d'avoir dissipé ses biens. Cette parabole, ainsi que la précédente, était adressée spécialement aux disciples du Seigneur ; parce que le soin de l'administration et le péril de la respon- T. IV 29

sabilité incombent surtout aux supérieurs ou dignitaires ecclésiastiques. L'intendant dont il s'agit ici était comme un dispensateur ou économe chargé de veiller sur tous les biens et de pourvoir à tous les besoins d'une maison ou d'une famille. Craignant d'être destitué de son emploi et réduit à l'indigence, il fit grâce secrètement aux débiteurs de son maître, afin que la reconnaissance les disposât à le recevoir chez eux dans son malheur. L'homme riche qui avait un intendant, c'est, dans le sens figuré, Jésus-Christ lui-même. Dieu fait homme pour nous , lequel possède toutes les richesses de l'univers. Il a sur la terre trois sortes d'intendants ou administrateurs, savoir : le prélat, pour les choses spirituelles; le prince ,. pour les choses temporelles; et chaque Chrétien, pour les unes et les autres. Ce souverain Seigneur, effectivement, a confié à tous les hommes un triple domaine dont ils doivent dispenser prudemment tous les revenus. Le premier domaine est le monde, et ses fruits sont les biens temporels que nous devons garder, pour qu'ils ne tombent pas au pouvoir des méchants, mais qu'ils passent aux mains des serviteurs de Dien. Le second domaine est notre propre corps sur lequel nous devons veiller, de peur que la mort ne pénètre jusqu'à l'âme par la porte des sens ; ses biens sont, par exemple, la force et la santé que nous devons employer au service et à la gloire de Dieu. Le troisième domaine est notre âme elle-même, que nous devons garantir des mauvaises pensées, et dont nous devons diriger toutes les facultés vers la connaissance, l'amour et l'honneur de Dieu.

L'intendant accusé auprès de son maître d'avoir mal géré ses domaines, c'est l'homme que le remords de sa conscience, le scandale de sa conduite et le témoignage de son Ange gardien dénoncent au souverain Seigneur, pour avoir

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