CHAPITRE LVI
Matth. xxii. — Marc. xiv. — Luc. xxii.
Maintenant que nous allons méditer sur la quatrième circonstance de cette Cène mystérieuse, admirons la condescendance inouïe et l'ineffable charité qui porta notre divin Sauveur à se donner lui-même à nous, en nous laissant son corps sacré pour nourriture et son sang adorable pour breuvage. Ce qu'il devait bientôt offrir à Dieu comme sa-
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criûce d'agréable odeur et rançon d'un prix inestimable, il commença par en faire notre viatique et notre soutien pendant le triste pèlerinage de cette vie mortelle. Ce divin Sacrement, en effet, qui est appelé par excellence Eucharistie, c'est-à-dire bonne gràce^ ne cesse pendant la suite des siècles de fortifier et de restaurer les cœurs pieux et fervents. Voulant donc mettre fin aux victimes grossières de l'Ancien Testament pour en fonder un Nouveau beaucoup plus parfait, Jésus -Christ se constitua lui-même notre unique victime ; et après avoir achevé la Cène légale des Juifs, il institua immédiatement la Cène spirituelle des Chrétiens ; c'est alors qu'il nous fit passer d'un testament provisoire à un autre éternel, de la Loi à l'Evangile, des figures aux réalités, des idées de la chair à celles de l'esprit. Le Vénérable Bède dit à cette occasion (in cap. 22 Luc) : a Notre- Seigneur accomplit d'abord les cérémonies de la première Pâque, qui était solennisée dans la Synagogue pour rappeler aux Israélites leur délivrance de l'Egypte ; il établit ensuite les rites de la seconde Pâque, qui devait être
célébrée dans l'Eglise pour rappeler aux homme* leur affranchissement de l'enfer. Dans ce but, étant consacré prêtre pour V éternité selon V ordre de Melchisédcch (Ps. cix, 4), il substitua à la chair et au sang de l'agneau sym.bolique, le Sacrement de sa chair et de son sang sous les apparences du pain et du vin.
Pendant que les Apôtres soupaient, c'est-à-dire lorsqu'ils achevaient leur repas, ou du moins tandis qu'ils étaient encore à table après avoir mangé l'agneau, avant qu'ils se fussent levés, Jésus prit du pain azyme ou sans levain (Matth. XXVI, 26) ; puis levant les yeux vers son Père ce- . leste, il lui rendit grâces de ce que la loi ancienne allait finir et la nouvelle commencer (Luc. xxii, 19). Ensuite
il bénit ce pain en prononçant les f)aroles sacramentelles : Ceci est mon corps ; après l'avoir ainsi consacré, il le rompit et le donna à ses disciples, en disant : Prenez et mangez : Ceci est mon corps (Matth. ibib.). Saint Luc ajoute : Mon corps qui est donné pour vous, et saint Paul : Mon corps qui sera livré pour vous (I Cor. xi, 24). Dans la formule de la consécration que le prêtre doit prononcer, l'Eglise a inséré le mot enim, qui pour cette raison ne peut jamais être omis à la messe. Prenant de même le calice, non plus celui de l'ancienne Pâque dont nous avons parlé précédemment, mais celui de la nouvelle, il rendit grâces encore et, après l'avoir béni, il le leur donna en disant : Prenez et buvez-en tous : car ceci est mon sang, qui sera répandu pour un grand nombre {}ldX\h. xxvi, 27, 28). C'est ainsi que Notre-Seigneur institua le sacrement de l'Eucharistie, en abolissant d'une manière tacite tous les rites antérieurs. Au moment où il dit : Ceci est mon corps, ceci est mon sang, il changea le pain et le vin en son corps et en son sang ; alors aussi il communiqua à ces paroles mémorables la même efficacité pour l'avenir, en sorte qu'elles produisent toujours ce qu'elles signifient. Quand donc le prêtre les prononce dans le canon de la messe, à l'instant même, par leur vertu, s'opère le miracle de la transsubstantiation. Si la parole de Dieu fut assez puissante pour tirer du néant toutes les créatures, quoi de surprenant qu'elle puisse changer une créature en une autre? Saint Chrysostôme dit à ce sujet (Serm. de prodilione Judse) : a De même que, après avoir été proférées une fois, les paroles de la création : Croissez, multipliez-vous et remplissez la terre (G-en I, 28), produisent leur effet naturel dans tous les temps par la génération successive des êtres corporels ; de même aussi, après avoir été proférées une fois, les paroles de la
consécration perpétuent ie divin sacrifice sur tous les autels de l'Église jusqu'au dernier avènement de Jésus-Christ. »
Un autel a été dressé dans le lieu même où Notre-Seigneur institua le sacrement de l'Eucharistie. En mémoire de cette institution importante, le Jeudi-Saint qui en est le jour anniversaire, on chante la messe avec solennité, quoiqu'on célèbre dans le deuil les autres parties du service divin. En ce même jour, où les Juifs marquaient leurs portes du sang de l'agneau pascal, l'évêque consacre le saint-chrême, dont il doit oindre le front des Chrétiens en leur administrant la confirmation.
Considérons avec quelle gravité, quelle attention et quelle affection le Sauveur accomplit la principale fonction de cette dernière soirée, comment il communia lui-même de ses propres mains sa famille bien-aimée. 11 ne faut pas croire, en effet, que les Apôtres s'administrèrent' eux-mêmes le corps du Seigneur, mais bien plutôt qu'il leur fut administré par Celui-là même qui l'avait consacré. Pour représenter cette grande action, tous les religieux devraient, au Jeudi-Saint, recevoir la sainte communion des mains de leur supérieur. Jésus-Christ prit aussi lui-même le Sacrement de son corps et de son sang, non pas qu'il en eût besoin ou qu'il pût en retirer quelque profit, mais uniquement pour nous donner l'exemple. En participant ainsi peu de temps avant sa mort non-seulement au festin de l'agneau pascal, mais encore au Sacrement de son propre corps avec ses Apôtres, il vous apprend que tout Chrétien exposé à un danger prochain de mort doit, s'il le peut, communier sacramentellement, et s'il ne le peut, communier du moins spirituellement en s'unissant à Jésus-Christ par la foi ; car, comme le dit saint Augustin (Tract. 25 in Joan.),si tu crois tu l'as reçu.
Pour mieux apprécier la dignité de ce Sacrement, con- . sidérons le respect et l'ordre que Notre-Seigneur apporte dans son institution. D'abord il rendit grâces à son Père, pour un si grand mystère dans lequel la puissance divine agit d'une manière plus spéciale, et pour le grand bienfait par lequel il se donne lui-même tout entier. Il nous montre ainsi qu'avant de recevoir et en recevant cet auguste Sacrement nous devons prier avec ferveur et élever notre cœur vers Dieu ; il nous apprend aussi par là que nous ne devons entreprendre ou exécuter aucun bien sans rendre gloire au Très-Haut. Selon la remarque du Vénérable Bède (in cap. 22 Luc), nous voyons Jésus-Christ remercier son Père des anciennes institutions qu'il allait abroger, comme aussi des nouvelles qu'il allait établir; et il nous donne ainsi l'exemple de glorifier notre Père céleste, soit au commencement soit à la fin de toutes les bonnes œuvres que nous entreprenons.
— Ensuite il bénit le pain en disant : Ceci est mon corps. (Hoc) Ceci^ c'est-à-dire ce que vous voyez ici sous les apparences du pain, ce que je vous donne et ce que vous prenez actuellement, 65^ moji corps qui, pour do w.y, pour votre rédemption, sera livré afin d'être flagellé et crucifié. D'où il résulte que le mot ceci (hoc) ne désigne pas simplement l'espèce du pain, ni simplement le corps de Jésus- Christ, mais l'un et l'autre conjointement. Il en résulte aussi que la bénédiction donnée par Jésus-Christ n'est autre que la prononciation des paroles sacramentelles. La transsubstantiation ne s'opère qu'au moment où elles sont entièrement proférés. Par conséquentle premier mot {hoc) ceci démontre ie corps de Jésus-Christ, non pas à l'instant où il est proféré, mais au moment où la phrase est terminée, comme lorsqu'on dit : Ceci est une bonne maxime. Craignez Dieu.
— Puis il rompit ce pain, pour indiquer, suivant le Véné-
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rable Bède (loc. cit.), que le brisement de son Corps ou sa Passion n'aurait pas lieu sans son consentement et sa coopération. Nous rompons aussi la sainte hostie^ en souvenir de ce que Ht le Sauveur, mais cependant son corps sacré reste tout entier sous chaque partie ; car il n'y a de rompu que les accidents ou les apparences sous lesquelles il deumeure caché. Cette division de l'Eucharistie se fait en trois parties, pour rappeler les trois manières différentes dont le Christ a été déchiré avant, pendant et après son crucifiement, par des fouets, par des clous et par une lance. Ce fractionnement de l'hostie se fait encore pour représenter les trois parties de l'Église qui composent le corps de Jésus-Christ : la première fraction de l'hostie désigne les Saints qui régnent dans le ciel ; la seconde indique les prédestinés qui souffrent dans le purgatoire ; et la troisième, trempée dans le précieux Sang, figure les vivants qui combattent encore sur cette terre. — Après avoir rompu le pain, il le donna à ses disciples pour leur usage, afin que, s'assimilant les espèces sacramentelles, ils fussent eux-mêmes transformés en Jésus-Christ; car, selon la remarque de saint Augustin (Confes. lib. 7, c. 10), le Seigneur a dit : Vous ne me changerez pas en vous, comme vous faites de la nourriture que vous donnez à votre corps ; mais c'est vous qui serez changés en moi. — Prenez et mangez, dit- il, indiquant ainsi à ses disciples qu'ils devaient recevoir le pain eucharistique de deux manières, sacramentellement et spirituellement. Il le leur donnait à prendre par l'esprit et par le corps, à manger par la foi et par la bouche, afin que, remplis de dévotion, ils goûtassent et vissent combien doux est le Seigneur (Ps, xxxiii, 9), lui qui est une manne renfermant en elle toutes les délices et les saveurs les plus excellentes (Sap. XVI, 20). Il voulait enfin qu'ils se l'incorpo-
passent par un souvenir constant, de manière à conserver toujours dans leur cœur le pain de leur rédemption. Pour bien entendre ce passage, il ne faut pas croire que le Seigneur rompit et donna le pain avant de prononcer les paroles de la consécration ; il commença tout au contraire par les prononcer, car le pain était déjà consacré quand il fut distribué.
Jésus prit aussi le calice, image de sa Passion, dans lequel était du vin mêlé avec de l'eau. Alors il rendit grâces à Dieu son Père pour la rédemption que cette même Passion allait opérer ; il le remercia ainsi au milieu de ses angoisses et même pour ses souffrances qu'il allait endurer en notre considération ; il nous apprenait par cette conduite à louer le Seigneur dans nos peines et à le glorifier dans toutes les tribulations, figurées ici par le calice. En rendant grâces, dit saint Chrysostôme (Hom. 71 iuMatth.), le Sauveur nous enseigne comment nous devons célébrer ce mystère et supporter l'adversité. Selon la remarque du Vénérable Bède (in cap. xxiiLuc), si Celui qui n'avait commis aucune faute et qui n'avait mérité aucune punition, accepte avec tant de gratitude et d'humilité les maux qui lui sont infligés pour nos crimes, avec quelle résignation et quelle reconnaissance ne devons-nous pas souffrir les châtiments que nous avons encourus par nos péchés ? et si le Fils de Dieu, égal à son Père, lui rend grâces des épreuves qu'il en reçoit, avec quelle profonde soumission l'inférieur ne doit-il pas subir les corrections de la part de son supérieur ? — Puis il bénit le calice, en disant : Ceci,' ou. ce que vous voyez sous l'espèce du vin, est mon sang, celui de la nouvelle alliance. L'Ancien-Testament avait été scellé par le sang des animaux immolés, le Nouveau a été confirmé par le sang de Jésus-Christ lui-même ; ce qui nous montre
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comMen ce dernier est plus excellent que le premier, Notre-Seigneur ajoute : mon sang qui sera répandu pour vous et pour plusieurs, qu'il rachètera de la damnation éternelle et introduira dans le céleste héritage, en procurant la rémission des péchés. Le sang du Sauveur a été répandu pour plusieurs d'une manière efficace et il l'a été d'une manière suffisante pour tous, car il est plus que suffisant pour racheter le monde entier ; si néanmoins il ne sauve pas tous les hommes, c'est qu'il ne les purifie pas tous ; mais il aurait assez de vertu pour les purifier tous, s'ils voulaient s'en appliquer les mérites par la foi, la charité et la réception des sacrements. — Ensuite il donna le calice à ses Apôtres en disant : Buvez-en tous, afin que vous reproduisiez en vous ma Passion, en devenant mes imitateurs ; car si vous ne souffrez pas avec moi, vous ne régnerez pas non plus avec moi (II Tim. ii, 12). Notre- Seigneur but lui-même le premier pour leur donner l'exemple. Dans l'Écriture, comme nous l'avons dit, le calice est le symbole des persécutions ; lors donc que nous les supportons patiemment, nous prenons ce calice salutaire, et nous le donnons aux autres en les exhortant à faire de même. Dans la primitive Église ainsi que dans le cénacle, tous ceux qui assistaient au saint sacrifice recevaient la sainte Eucharistie, comme gage d'union entre tous. Mais dans la suite, comme tous les Chrétiens n'étaient pas dignes de s'approcher de la sainte Table, ils se donnèrent mutuellement un autre signe d'union ; c'est le baiser de paix que le prêtre donnait le premier en disant : Recevez le lien de la paix, comme s'il disait: Prenez le tous (Sumite ex hoc ouinés), ou bien : Recevez-le et communiquez-le entre vous (Accipite et dividite inter vos).
Remarquons que ce Sacrement a été institué sons las
deux espèces du pain et du vin, parce qu'il est destiné à opérer le salut de l'âme et du corps, comme aussi pour montrer qu'il est la nourriture parfaite de l'âme, de même que le pain et le vin servent à la réfection complète du corps. Néanmoins, la consécration du pain et du vin se fait séparément sur l'autel, pour rappeler que dans la Passion du Sauveur son sang fut séparé de son corps adorable ; et comme ce Sacrement a été institué afin d'être un mémorial perpétuel de cette divine Passion, c'est pour cela que le corps et le sang y sont consacrés sous deux es^jèces distinctes. Cependant, sous chaque espèce, Jésus-Christ demeure tout entier d'une manière indivisible, avec son corps, son sang, son âme et sa divinité, en sorte que des deux côtés,. il n'y a qu'un très-simple et unique sacrement, quoique de deux manières différentes. En effet, sous l'espèce du pain, le corps seul de Jésus-Christ y est produit en vertu de la consécration, mais les autres parties de luimême s'y trouvent par l'effet d'une concomitance réelle, naturelle et inséparable; le sang par suite de sa connexion avec le corps, l'âme à cause de sa liaison intime avec les membres vivants, et la divinité en conséquence de l'union hypostatique ; car ces quatre choses ne peuvent plus être divisées ou séparées les unes des autres. De même, sous l'espèce du vin, le sang seul de Jésus-Christ y est produit en vertu de la consécration, mais les autres parties s'y trouvent également par l'effet de leur concomitence.Dansla primitive Église, les fidèles communiaient sous les deux espèces ; mais dans la suite, on a sagement réglé qu'ils ne communieraient plus sous l'espèce du vin, à cause du danger de répaadie le précieux sang, et parce qu'ils reçoivent aussi le sang de Jésus-Christ sous l'espèce du pain qui le contient véritablement. Ainsi dans l'Eucharistie il n'y a
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substantiellement au fond qu'un seul sacrement, bien que extérieurement quant aux signes il y en ait deux ; voilà pourquoi elle est désignée quelquefois par le pluriel, comme dans cette post-communion : Nous vous en prions, Seigneur, que les Sacrements que nous avons pris nous pwn- ^mi; et d'autrefois par le singulier, comme dans la suite de cette même oraison, où l'on dit : Faites aussi que le Sacrement de votre corps ne soit pas pour nous un sujet de condamnation mais de pardon, etc. Le pain est en effet le sacrement du corps de Jésus-Christ, comme le vin est le sacrement de son sang. L'eau, qui est ajoutée au vin dans le calice, nous représente l'eau qui, après la mort du Sauveur, coula de sou côté ouvert par la lance ; ou bien encore la foi de l'Église, tellement unie à la chair et à l'âme du Christ qu'elle ne doit pas être sans lui ni lui sans elle. Le prêtre ofïre donc à l'autel le vin mêlé d'eau, pour montrer que le Christ et l'Église sont réunis comme la tête et les membres pour former un seul corps mystique.
Trois choses surtout doivent être considérées dans l'Eucharistie : d'abord ce qui est purement sacramentel ou signe sensible, savoir les espèces ou apparences du pain et du vin ; ensuite ce qui est tout à la fois sacrement et réalité, savoir le corps naturel et le propre sang de Jésus- Christ ; enfin ce qui est réalité mais non pas sacrement, telle est la chair mystique du Sauveur ou l'unité de son Église. La chose signifiée et contenue dans l'Eucharistie est donc le corps véritable de Jésus-Christ, qui a été formé dans le sein de la Vierge ; la chose seulement signifiée mais non contenue dans l'Eucharistie est le corps mystique de Jésus-Christ, qui est uni à son Chef par la charité. Nous avons parlé de ce corps mystique ou de l'unité de l'Eglise, en expliquant les paroles du Seigneur qui éloignèrent de
lui plusieurs disciples. — En outre, le corps véritable du Seigneur est le signe sensible de la Divinité incarnée. « Ce corps visible et palpable, dit saint Augustin (in Epist. 23), est le sacrement de la substance invisible, de ce pain céleste qui nourrit les Anges ; car puisque l'âme du Christ ne fait rien en son corps sans être inspirée du Verbe auquel elle est hypostatiquement unie, ne doit-on pas regarder ce même corps comme le sacrement de la Divinité demeurant en lui? Ainsi la substance sensible du Christ, bien que maintenant invisible pour nous, est l'objet même signifié par le sacrement visible de l'autel ; tandis que la substance invisible du pain céleste, nourriture des Anges, est l'objet signifié par la substance sensible du Christ. Le Christ est donc tout à la fois, mais sous différents rapports, le sacrement ou signe d'un objet spirituel et l'objet d'un sacrement. »
L'Eucharistie renferme plusieurs merveilles, bien dignes d'exciter notre admiration : 1» Elle contient le corps du Christ avec toutes ses parties, tel qu'il était attaché sur la croix et tel qu'il est glorifié dans le ciel ; et cependant il n'excède pas les dimensions et l'étendue d'une petite hostie ; or, n'est-il pas bien surprenant qu'un homme tout entier soit compris en un si étroit espace ? — 2° Dans ce Sacrement, les accidents subsistent sans sujet, parce qu'il ne peut y avoir d'accidents en Dieu ; c'est pourquoi les accidents, qui avant la consécration se trouvaient dans le pain, existent sans sujet après la consécration. — 3° Le pain et le vin sont changés au corps et au sang de Jésus-Christ, de façon toutefois que ce pain et ce vin ne deviennent pourtant point la matière du corps et du sang de Jésus-Christ. — ¥ Ce Corps adorable n'est point augmenté par la consécration de nombreuses hosties, pas plus qu'il n'est diminué par leur con-