ÉPILOGUE DE LA PASSION. ÉLOGE DE LA CROIX
ligues au milieu de nombreuses contradictions ; enfin il expire accablé de tourments et d'outrages. A cette dernière époque de sa Passion, il a souffert en tout son corps : ses yeux ont été rougis des larmes cuisantes qu'ils répandaient, ses oreilles blessées par les injures et les blasphèmes qu'elles entendaient ; ses joues souffletées, ses narines infectées ; sa figure a été souillée de crachats immondes, sa tête déchirée d'épines aiguës, sa bouche abreuvée de fiel et de vinaigre ; ses mains et ses pieds ont été percés de gros clous, tous ses membres meurtris par les fouets et les verges. »
« Ainsi, l'Innocent, le Juste par excellence est trahi par un de ses disciples, chargé de chaînes, conduit au sacrifice comme un agneau sans défense, suspendu au gibet comme un malfaiteur indigne de pitié ; néanmoins il ne cherche point de vengeance, il ne manifeste point d'impatience ; tout au contraire, tandis qu'il aurait pu obtenir de son Père céleste l'assistance de plusieurs légions d'Anges, il ordonne à Pierre de remettre dans le fourreau le glaive qu'il en avait tiré pour protéger son cher Maître. Il est garroUé comme un larron, accusé comme un imposteur, condamné comme un criminel de lèse-mâjesté divine et humaine, expulsé comme un séducteur du peuple, crucifié entre deux scélérats insignes comme leur chef infâme. 0 mon doux Jésus ! vous vous êtes laissé lier pour nous délivrer des chaînes du péché et des lacets de l'impiété, pour nous afîranchir de toutes les attaches dangereuses ou coupables. Vous avez soufTert qu'on couronnât d'épines votre tête sacrée afin de redresser nos intentions, qu'on perçât vos pieds et vos mains adorables afin de régler nos actions et nos démarches, qu'on ouvrît d'une lance votre cœur trèsaimant pour attirer à vous toutes nos affections. Vous avez