‹ La grande vie de Jésus-Christ (volume 5)Chapitre 40 sur 48 · ÉPILOGUE DE LA PASSION. ÉLOGE DE LA CROIX · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE DE LA PASSION. ÉLOGE DE LA CROIX

ce que moi-même je ne vous appartiens pas déjà à plusieurs titres? 0 doux Jésus! en reconnaissance de tant d'amour de votre part, je veux du moins, vous aimer de tout mon cœur, de tout mon esprit, de toute mon âme; et puisque vous avez daigné mourir pour moi, je suis disposé à marcher sur vos traces en mourant pour vous, s'il le faut. Mais, hélas ! comment accomplirai-je ces bonnes résolutions, si vous-même ne m'octroyez la grâce nécessaire ? car je ne puis absolument rien sans vous. Faites donc que je m'attache fermement à vous, comme à celui-là seul de qui dépend toute ma force. Aussi dès maintenant, avec votre secours, je vous reconnais et je vous honore comme vrai DieUj j'espère en vous uniquement et je soupire ardemment après vous. Venez en aide à ma faiblesse et à mon impuissance. »

« 0 Jésus, mon Rédempteur, continue saint Anselme, je m'incline avec respect devant les insignes glorieux de votre Passion par laquelle vous avez sauvé l'homme ; en considécation de votre personne divine, j'adore iiumblement l'étendard royal de votre croix, au moyen de laquelle vous avez vaincu le démon ; je vénère également votre diadème d'épines, les clous rougis de votre pourpre sacrée, la lance plongée dans votre saint côté, vos nobles blessures, votre sang précieux, votre mort héroïque, votre touchante sépulture, votre résurrection victorieuse et votre ascension triomphante. Par l'odeur vivifiante qui s'exhale de ces illustres trophées, arrachez mon âme à la mort du péché ; par la vertu merveilleuse qui émane de ces instruments salutaires, protégez-moi et fortifiez-moi contre les embûches de Satan, afin que le joug de votre loi me semble suave et que le fardeau de votre croix me devienne léger ; car sans votre miséricordieuse assistance, comment

pourrais-je, ainsi que vous l'ordonnez, surmonter d'une manière constante les nombreuses épreuves de la vie présente ? Ecoutez donc mon instante prière, je vous en conjure ; et abaissez sur votre serviteur cette croix que vous m'enjoignez de porter, afin qu'elle soit un arbre de vie pour moi comme pour quiconque la saisit. Oui, chargez vous-même sur mes faibles épaules cette croix auguste qui a pour largeur votre immense charité, pour longueur votre éternité, pour hauteur votre toute-puissance, pour profondeur votre sagesse insondable. Attachez-y mes mains, attachez-y mes pieds, de telle sorte que les caractères de votre Passion soient renouvelés en votre petit serviteur. Ah ! je vous en supplie, aidez-moi à fuir les œuvres charnelles que vous haïssez, et à pratiquer les actes vertueux que vous aimez, de façon à ne chercher de part et d'autre que votre gloire ; c'est ainsi que ma main gauche sera comme clouée à la croix par la tempérance, et ma main droite par la justice. Faites que mon intelligence, continuellement appliquée à méditer vos commandements, vous consacre toutes ses pensées ; la prudence alors fixera mon pied droit à l'arbre de vie. Faites aussi que ma sensibilité ne soit point énervée par les charmes de la prospérité, ni ébranlée par les coups de l'adversité ; de cette manière la force que produisent la patience et la modération retiendra mon pied gauche sur le bois du salut. Puisque votre tête vénérable a été couronnée de cruelles épines, faites que mon âme soit pénétrée d'une vive componction pour mes propres péchés, d'une tendre compassion pour mes frères malheureux, et d'un zèle ardent pour accomplir votre bon plaisir ; quand je serai pressé par ce triple aiguillon, j 3 me tournerai vers vous dans toutes mes peines. Daignez approcher de mes lèvres l'éponge adaptée au roseau et présenter à ma Iiouche

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