‹ La grande vie de Jésus-Christ (volume 5)Chapitre 8 sur 48 · MANDUCATIOV DE L'AGNEAU PASCAL DANS LA DERNIÈRE CÈNE · texte numérisé non relu

MANDUCATIOV DE L'AGNEAU PASCAL DANS LA DERNIÈRE CÈNE

teste qu'il ne boira plus le breuvage figuratif de la Pâque, :omme il avait déjà protesté qu'il ne mangerait plus l'agneau figuratif, jusqu'à ce que, après avoir manifesté la gloire de sa résurrection, il établisse dans le monde la foi au royaume de Dieu. En changeant ainsi d'une façon mystique les deux principales prescriptions de la Loi, relativement à la manducatioa et à la boisson de la Pâque, il nous apprend que toutes les ordonnances et cérémonies mosaïques, dont l'objet semblait tout charnel, allaient être transformées et observées d'une manière spirituelle. » Voilà pourquoi, d'après saint Augustin (de consensu Evang. lib. i), saint Luc rapporte que le Sauveur prit deux fois le calice : d'abord, lorsque ce calice renfermait le vin destiné à la Pâque judaïque ; puis, lorsqu'il renfermait le vin changé en son sang adorable. C'était une coupe d'argent, pourvue de deux petites anses et pouvant contenir un setier. Dès ce jour, la Pâque légale fut abrogée par l'institution de la Pâque véritable, établie dans l'Église, alors que la Sagesse divine prépara ce banquet mystérieux où elle donna pour pain son propre corps et pour vin son propre sang. Les rites anciens demeurèrent obligatoires jusqu'à la Passion du Christ, dans laquelle fut ofïert un sacrifice parfait qui rendait inutiles tous les précédents. C'est pour cette raison que le Sauveur observa durant toute sa vie les cérémonies légales qu'il fît également observer par les autres. Aussi saint Augustin a dit (Lib. de littera et spiritu) : La loi mosaïque ne conserva de vie que jusqu'à la Passion du Seigneur 011 elle perdit sa force ; quoique morte dès lors, elle ne fut ensevelie qu'après la prédication de l'Evangile parmi toutes les nations. Il n'en est pas de même des sacrements du Christianisme qui doivent rester eu vigueur jusqu'à la fin du monde.

Les différentes dispositions qui étaient requises pour le festin de l'agneau pascal, d'après le livre de l'Exode (xii), représentent celles qui sont nécessaires pour la communion de l'Agneau véritable. Ainsi pour participer à la Pâque légale, les Juifs devaient être circoncis de corps, user de laitues amères et de pains azymes, avoir les reins ceints, les pieds chaussés et tenir un bâton à la main. De même pour participer à la sainte Eucharistie, les Chrétiens doivent être circoncis de cœur par le retranchement des vices, éprouver une vive contrition de leurs fautes passées, et avoir la conscience pure de tout levain de péché mortel, réprimer leurs passions par la chasteté et détacher leurs affections de la terre, comme le Seigneur l'a voulu signifier en lavant les pieds à ses Apôtres avant de les nourrir de sa chair sacrée ; ils doivent enfin veiller attentivement sur leur propre conduite. — Ces conditions sont exigées pour éviter le mal; d'autres non moins indispensables ont été figurées également dans l'ancienne loi. Ainsi l'agneau pascal devait être mangé dans une seule maison par les voisins réunis; il devait être rôti au feu et non pas cuit dans l'eau, dévoré promptement et entièrement en y comprenant la tête, les intestins et les pieds, sans rompre aucun os. De même la sainte Eucharistie ne doit être reçu que dans l'Eglise catholique par des personnes animées d'une charité fraternelle; en outre elle doit être reçue avec une dévotion fervente excitée par l'amour divin, avec une pieuse avidité accompagnée de délectation spirituelle, et avec une foi complète qui nous fasse reconnaître Jésus-Grist présent tout entier, quant à son corps, son âme et sa divinité, dans cet auguste sacrement; c'est pourquoi nous ne devons point approcher de la table sainte sans une profonde vénération.

Prière.

Seigneur Jésus, qui sur le soir avez fait une dernière cène avec vos disciples assemblés dans une salle spacieuse et bien meublée, où vous les avez nourris de votre corps sacré et de votre sang précieux ; faites de mon cœur un cénacle vaste et bien orné, décorez-le des différentes vertus chrétiennes, augmentez en lai l'espérance et la charité, la patience etThumilité. Vous que le ciel et la terre ne peuvent contenir, daignez descendre dans l'étroite demeure de mon cœur contrit et humilié. Que votre grâce réside en moi pour me faire connaître et acccomplir tout ce qui vous est agréable, haïr et éviter tout ce qui vous est contraire ; accordez-moi de persévérer ainsi dans votre service et votre amour jusqu'à la fin, de manière que je puisse dignement alors recevoir votre corps et votre sang adorables. Ainsi soit-il.

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