AVEO PUIS MENSONGE DES GARDES, ETC
beau des gardes qui, en constatant le miracle de sa Résurrection, proclamèrent la gloire de son nom.
Souvent, dit à cette occasion Raban-Maur (in cap. 28 Matth.), les gens simples et grossiers laissent éclater sans déguisement la vérité, tandis que les grands et les politiques s'efïorcent d'accréditer la fausseté par de spécieux artifices. En effet, après la déclaration des gardes, la malice des chefs ne se donna point de repos. Les princes des prêtres s assemhUrent aussitôt avec les anciens du peuple pour empêcher que la Résurrection du Christ fût publiée ; et ils prirent le parti de donner aux soldats une grosse somme d'argent, en leur recommandant de dire : Ses disciples survenus la nuit ont enlevé son corps, pendant que nous étions plongés dans le sommeil (Matth. xxviii, 12 et 13). a Aveugles et insensés que vous êtes ! s'écrie Rémi d'Auxerre (in Matth.), vous produisez comme témoins de l'enlèvement des hommes qui dormaient ! S'ils dormaient vraiment, comment ont-ils pu le remarquer ? S'ils ne l'ont pas vu, comment peuvent-ils l'attester ? Mais s'ils l'ont vu pourquoi ne s'y sont-ils pas opposés comme ils le devaient ?» — (( Une telle allégation est une imposture évidente, dit saint Chrysostôme (Hom. 91 in Matth.). Comment des disciples pauvres, inhabiles et qui n'osaient pas même se montrer publiquement, auraient-ils tenté de ravir par ruse ou violence le corps de leur Maître ? Tandis que le Christ vivait encore, ils l'avaient abandonné lors de son arrestation ; comment donc après sa mort auraient- ils audacieusement affronté la troupe armée qui gardait le sépulcre ? Auraient-ils pu, sans occasionner de bruit ni rencontrer de résistance, pénétrer dans le tombeau qui était fermé d'une pierre énorme et muni du sceau public? Ainsi, les suppositions imaginées pour expliquer l'enlèvement du corps sont
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invraisemblables, et les mensonges inventés pour obscurcir la vérité de la Résurrection la rendent plus éclatante. Car prétendre que le corps avait été enlevé, c'était avouer qu'il avait disparu réellement; mais cette disparition ne provenait point d'un enlèvement que la pusillanimité des disciples et la vigilance des gardes rendaient impossible et incroyable. »
Néanmoins par une telle calomnie, les Juifs perfides cherchaient non-seulement à décrier le Maître, mais encore à perdre les disciples, en les faisant passer pour des voleurs. Dans le sens spirituel, ces disciples ont été efTectivement des ravisseurs; car ils ont soustrait à la profanation de la Synagogue les livres saints du Nouveau et de l'Ancien Testament qu'ils ont transférés à l'usage de l'Eglise. Lorsque les Juifs obstinés dans leur incrédulité étaient comme endormis durant la nuit, les Apôtres leur ont retiré le Sauveur qui leur avait été promis, et ils l'ont confié aux Gentils qui en sont devenus les^ possesseurs. Ainsi, selon la remarque de saint Sévérien, le Maître que les soldats ont laissé échapper et que les Juifs ont perdu, les disciples et les Chrétiens l'ont pris et retenu, non point par crime, fraude ou larcin, mais par la foi, la vertu et la sainteté dont ils ont fait profession.
Après avoir entendu leurs délégués rapporter tant de prodiges, les chefs si criminels auraient dû revenir à de meilleurs sentiments, dit saint Jérôme (in cap. 28 Matth.); mais au lieu de chercher Jésus ressuscité, ils persévérèrent dans leur malice invétérée. Déjà pour acheter son sang et sa vie ils avaient remis trente deniers à Judas ; maintenant, ils donnent mie forte somme aux gardes pour détruire sa gloire et sa réputation. Cet argent ne provenait point de leurs bourses, mais du ti'ésor du temple qu'alimentaient les offrandes des pauvres. Ainsi beaucoup sont prodigues