‹ La grande vie de Jésus-ChristChapitre 11 sur 67 · AVEU PUIS MENSONGE DES GARDES, ETC · texte numérisé non relu

AVEU PUIS MENSONGE DES GARDES, ETC

des biens communs qu'ils administrent, et très-avares des Liens propres qu'ils possèdent ; ils ménagent ce qui est à eux, et n'épargnent point ce qui ne leur appartient pas spécialement. A ces scribes et à ces prêtres prévaricateurs qui payaient le mensonge et la trahison ressemblent tous ceux qui emploient à satisfaire leurs passions ou leurs caprices l'argent destiné à l'entretien des églises et au soulagement des indigents, tous ceux aussi qui travaillent avec de grands frais et de grands efïorls à renverser ou étoufïer la vérité, comme le font tant d'astucieux avocats et de docteurs ambitieux. « Ne soyons pas étonnés, dit saint Ghrysostôme (Hom. 91 in Malth.), si l'argent a pu séduire les sentinelles du sépulcre ; n'avait-il pas déjà réussi à pervertir un disciple du Seigneur ? Il n'y a point de secret qu'on ne puisse pénétrer ni d'obstacle qu'on ne puisse surmonter au moyen de l'argent. De là celte maxime du Sage : Il n'y a point d'iniquité que ne fasse commettre l'amour du gain (Eccli. x, 10). » — « 0 détestable avarice ! s'écrie Raban-Maur (in Mattli.); tous les cœurs honnêtes doivent te fuir comme la peste la plus dangereuse, car il n'est rien que tu ne puisses infecter et corrompre. N'est-ce pas toi qui as perdu le genre humain ? toi qui d'un Apôtre as fait un infâme apostat ? toi qui as rendu calomniateurs les soldats témoins de sa Résurrection? Aussi n'a-t-on pas dit justement ? Tout obéit à l'argent (Eccl. x, 19). » 0 combien ces Juifs et ces gardes iniques trouvent encore aujourd'hui d'imitateurs, surtout parmi les grands et les puissants du siècle, qui s'appliquent à suborner les autres et se laissent gagner eux-mêmes à force d'argent ! Attachés qu'ils sont aux biens temporels et périssables, ils espèrent vainement que leurs âmes pourront reposer en paix et ressusciter avec gloire à la suite du Sauveur.

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Les gardes soudoyés firent ce qu'on leur avmt commandé (Matth. ïxviii, 15); pendant que nous dormions, répétèrentils, les disciples de Jésus ont dérobé le corps de leur Maître. Mais V iniquité se trahit elle-même en cette circonstance, comme il arrive souvent (Ps. xxvi, 12); car l'avarice des soldats corrompus, ainsi que celle du traître Judas, tourna à leur propre confusion. En achetant ainsi à grand prix leur fausse déposition, dit Raban-Maur, les Juifs tombèrent eux-mêmes dans une funeste erreur qui les empêche encore d'embrasser la foi chrétienne. Bien que dénué de toute vraisemblance, ce hruitdi'xm enlèvement nocturne est demeuré répandu parmi eux jusqu'à jjrésent, de sorte qu'en s'obstinant à nier la Résurrection du Sauveur ils continuent de subir la juste peine de leur première perfidie. Cependant la calomnie divulguée dans la multitude ne prévalut point dans tous les esprits, parce que le mensonge des gardes fut aussitôt combattu victorieusement par le témoignage des défunts rappelés à la vie.

En effet, comme l'Évangile nous l'apprend (Matth. xxvir, 52-53), plusieurs corps des Saints qui étaient morts ressuscitèrent après Jésus-Christ, et sortant de leurs tombeaux vinrent dans la ville sainte, à Jérusalem. Cette ville est appelée sainte pour la distinguer des cités païennes où l'on adorait les idoles, car elle seule renfermait avec le Saint des saints un temple consacré au culte légitime du vrai Dieu ; ou bien encore, elle est ici nommée sai)ite pour indiquer ce qu'elle avait été précédemment, de même que saint Matthieu est qualifié de publicain même après être devenu apôtre (Matth. x, 3). Selon saint Ghrysostôme (Hom. 91 in Matth.), ces morts ressuscites entrèrent à Jérusalem pour rendre inexcusable l'incrédulité de ses habitants en confirmant la certitude de la Résurrection. La

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