JESUS APPAKAIT D ABORD A SA MERE
De grand matin, à l'heure que le Sauveur ressuscitait, plusieurs femmes qui lui étaient dévouées, entre autres Marie-Madeleine, Marie-Cléophas et Marie-Salomé, après en avoir demandé la permission à sa divine Mère, sortirent de la maison où elles étaient assemblées. Tandis que Notre- Dame continuait de répandre en ce même lieu ses larmes et ses prières, elles s'empressèrent d'aller au sépulcre, oiî les entraînaient leur foi vive et leur ardent amour à l'égard de Jésus-Christ ; elles emportaient les parfums qu'elles avaient préparés la veille au soir pour embaumer son corps sacré. Remarquons que ces trois pieuses personnes étaient également appelées Marie, à juste titre ; ne convenaitil pas en effet de désigner par une dénomination semblable celles qui étaient unies par une même volonté et animées d'un commun désir? Gomme elles cherchaient pareillement .Jésus-Christ, elles représentent par la triple signification de
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leur nom les trois états dans lesquels nous devons chercher le Rédempteur, si nous voulons trouver en lui le salut. Ces trois états, en dehors desquels nul ne peut être sauvé, comprennent tous les Chrétiens qui débutent, ou qui progressent, ou qui sont déjà parfaits dans la vie spirituelle, en d'autres termes, tous ceux qui s'adonnent au service de Dieu par les œuvres de pénitence, les actes de vertu ou les exercices de la contemplation.
Le premier état, celui des commençants ou des pénitents, est figuré par Marie-Madeleine qui, avant sa conversion éclatante, avait été une trop fameuse pécheresse. Bien qu'ailleurs elle soit montrée comme le modèle des parfaits ou des contemplatifs, saint Marc, parlant d'elle en cette occasion, dit que Jésus l'avait délivrée de sept démons (xvi, 9); voilà pourquoi nous la comptons ici parmi les pénitentes, d'autant plus que saint Luc la nomme la première entre de telles personnes (viir, 2). Sous ce rapport, le nom de Marie lui convient justement, en tant que, d'après son étymologie latine (Maria), il signifie mer arrière. Il vient du mot hébreu Mara, synonyme ù.'ambre, comme on le voit dans le livre deRuth (i, 20), où il est dit : Nem' appelez plus Noémi ou belle, mais plutôt Mara ou amère, parce que le Toutpuissant m'a remplie d' amertume. C'est là ce qui s'est réalisé dans Marie-Madeleine, quand elle lava dans ses larmes les taches de ses crimes en se prosternant aux pieds du Sauveur. Il est dit aussi de Pierre que, touché de regret à la vue de sa faute, il pleura amèrement (Matth. xxvi, 75). En ce sens, on pourrait appliquer à chaque âme vraiment repentante ces paroles de Jérémie : Fille de Sion, ta contrition est commue la mer (Thren, ii, 13).
Le second état, celui des Chrétiens qui progressent dans la vie spirituelle en se livrant aux actes de vertu, est figuré