‹ La grande vie de Jésus-ChristChapitre 21 sur 67 · JÉSUS APPAUAIT ES PRÉSENGE OE THOMAS AUX DISCIPLES · texte numérisé non relu

JÉSUS APPAUAIT ES PRÉSENGE OE THOMAS AUX DISCIPLES

vraiment heureux, il faut que nous croyions sincèrement en conformant notre conduite à notre foi ; car suivant saint Jacques (ii, 26), la foi sans les œuvres entmorte. Malheureusement, il en est beaucoup qui, comme l'atteste saint Paul (Tit. I, 16), reconnaissent Dieu dans leurs discours et le renoncent par leurs œuvres.

Il peut se faire qu'après avoir entendu l'éclatante confession de Thomas, Notre-Seigneur lui ait donné le Saint- Espiil avec le pouvoir de remettre les péchés, comme il l'avait fait huit jours auparavant pour les autres Apôtres. 11 est vrai que l'Écrilure n'en fait pas mention ; mais, selon saint Jean lui-même (xx, 30), Jésus a fait en présence de ses disciples beavcoup de choses qui ne sont point rapportées dans l'Évangile. Cependant, comme la puissance du Sauveur ne dépend point des Sacrements, il a bien pu n'employer aucun signe sensible pour conférer à saint Thomas le caractère épiscopal. Quoi qu'il en soit du mode, il est certain que cet Apôtre a été ordonné évêque aussi bien que ses collègues.

Dans les circonstances de cette apparition, saint Grégoire nous fait admirer les dispositions de la Providence, quand il dit (Hom. 26 in i<;vang.) : « Ce n'est point jjar hasard qu'un membre choisi du collège apostolique s'est trouvé absent à une première manifestation du Seigneur ressuscité ; que ses frères assemblés lui eu ont communiqué la joyeuse nouvelle; que Tayaut apprise, il ait douté; qu'en ayant douté, il ait touché; et qu'après avoir touché, il ait cru. Non certes, toutes ces circonstances ne se sont point renconti- es lortr'itement, mais par une pennissiou spéciale de la uoiité divine. Elle i'avoulude la sorte, afin qu'en maniant les piaies corporelles de son Maiire le disciple incertaiu guérît les blessures spirituelles de notre cœur. Et, en elïet,

l'incrédulité de Thomas a plus contribué à nous donner la certitude que la conviction des autres disciples ; car lorsque nous voyons cet Apôtre forcé de reconnaître la vérité de la Résurrection par le témoignage réuni de ses yeux et de ses mains, nous sommes plus fortement portés à bannir toute liésitalion pour embrasser cette uiême vérité. » La double épreuve que fit ce disciple obstiné est non-seulement une solide garantie pour les Chrétiens orthodoxes, mais encore la meilleure réfutation des sectaires qui ne veulent pas admettre en Jésus-Christ une chair réelle. Pour convaincre Thomas, dit saint Léon (Serm. de Ascensione), il lui suffit de remarquer ce qu'il apercevait, mais afin de mieux nous convaincre, il lui fallut en outre toucher ce qu'il voyait. Saint G-régoire ajoute (Hom. 29 in p]vang.) : «. La peine que les disciples ont témoignée à croire la Résurrection du Sauveur n'a pas tant fait ressortir leur faiblesse* qu'elle n'a servi à confirmer notre foi ; car leur doute a contraint le Seigneur de prouver ce fait important par de nombreux témoignages, e( la connaissance que l'Evangile nous en donne affermit notre créance par leur incrédulité.- Ainsi, Madeleine qui crut plus facilement y a moins contribué que Thomas qui douta plus longtemps ; car en palpant les cicatrices de notre Sauveur, il fit disparaître les blessures de notre infidélité. »

Jésus-Christ voulut co)i server, après sa Résurrection, sur son corps devenu glorieux et incorruptible, les n^iarques des plaies qu'il avait reçues durant sa Passion. Sans doute, ce ne fut point par impuissance de les guérir; puisqu'il venait de renverser l'empire de la mort, ne pouvait-il pas effacer les traces qu'elle avait laissées sur sa propre chair? Il ne le voulut pas cependant pour plusieurs raisons dignes de sa souveraine sagesse, lo C'était pour affermir la foi

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