JÉSUS APPARAIT EN PRÉSENCE DE THOMAS AUX DISCIPLES
chancelante de ses disciples, en prouvant d'une manière évidente la réalité incontestable de sa Résurrection ; car les cicatrices qu'il présentait à leurs yeux démontraient clairement qu il était sorti du tombeau avec le même corps qui avait été cloué sur la croix ; voilà pourquoi il leur disait : Voyez mes pieds et mes mains, c'est moi-même {Luc. xxw, 39). 2° C'était afin, que les signes manifestes de sa mort passée fussent les preuves constantes de l'affection qu'il nous porte et les motifs continuels do l'affection que nous lui devons ; car, comment n'aimerions - nous pas de tout notre cœur Celui qui nous a lavés dans son sang répandu par toutes ses blessures ? 3° C'était pour nous rappeler la grâce de la rédemption qu'il nous a méritée par ses plaies ; car, comme le Prophète l'avait prédit (Is. lui, 5), il a été percé pour nos iniquités, il a et'' brisé pour nos crimes; ne cessons donc de célébrer les miséricordes infinies de Celui qui a bien voulu être notre libérateur, au prix de tant de souffrances. 4° C'était pour nous instruire d'une façon plus efficace ; car s'il a daigné garder en son corps glorieux les marques de ses blessures, nous devons aussi les imprimer dans notre cœur, en compatissant à ses douleur-s et le remerciant de ses bienfaits, selon la recommandation de l'Apôtre (Philip, ii, 5) : Ressentez en vous-mêmes ce que Jésus-Christ a ressenti pour vous. 5" C'était afin de montrer que nous sonmies toujours présents à sa mémoire ; car pourrait-il nous perdre de vue un seul instant Celui qui a souffert Si cruellemeut pour nous? Lui- môme nous le déclare ])ar la bouche d'Isaïe (xlix, 15, 16) : Je ne saurais vous oublier, puisque votie souvenir est gravé dans mes mains. 6° C'était afin de solliciter plus instamment de Dieu le Père le pardon du genre humain pour lequel Dieu le Fils a bien voulu mourir. Aussi, selon saint Jean (lEp. ii, 1 et 2),
121 LA GHASDE VIIL DE JÉSUS-GHUIST
îiotrc avocat auprès du Père est Jésus-Christ gui a satisfait pour 710S péchés. Il intercède et supplie le Père en notre faveur, parce qu'il lui rappelle sans cesse ce qu'il a fait pour lui obéir et ce qu'il a enduré pour nous sauver. « 0 homme, s'écrie saint Bernard (Serm. de Adventu), approche avec confiance du trône de la Divinité; tu y trouveras le Fils en présence de son Père, et la Mère en présence de son Fils. Le Fils montre à son Père les blessures qu'il a subies, et la Mère présente à son Fils les mamelles qui l'ont allaité. En voyant ces marques d'amour, le Fils pourrait-il rejeter les prières de sa Mère, et le Père ne point exaucer les demandes de son Fils, » T Le Sauveur a conservé les cicatrices de ses plaies pour confondre les pécheurs, en montrant qu'ils sont condamnés avec justice comme les auteurs de sa mort. Au dernier jour, selon saint Augustin (de Symbolo 1. n, c. 8), il convaincra les impies d'avoir causé sa Passion, quand il leur diva : Voici l'homme que vous avez crucifié; considérez les blessures dont vous l'avez criblé ; reconnaissez ce côté que vous avez transpercé, ce cœur entr'ouvert par vous et pour vous, dans lequel vous avez refusé d'entrer. 8° Il a conserve les traces de ses plaies pour réjouir les élus. Quel bonheur, s'écrie le Vénérable Bède, quelle alléj^resse pour les Saints, quand ils verront étinceler sur le corps désormais impassible du Rédempteur, les cicatrices des blessures par lesquelles il a vaincu l'enfer et sauvé le monde! Ainsi, lorsque Jésus-Christ viendra pour juger tous les hommes, il se montrera sous cette même forme aux justes comme aux pécheurs: aux justes, afin d'exciter davantage leur amour eî. leur reconnaissance ; aux pécheurs, afin d'accroître leur regret et leur châtiment par le souvenir de ses bienfaits et de ses souffrances.
9** Enfin, pour relever la pompe et perpétuer la mémoire