JÉSUS APPARAIT E.N PRÉSENCE DE THOMAS AUX DISCIPLES
de son triomphe, le Seigneur veiU manifester à tous les hommes au dernier jour et garder durant toute l'éternité les traces de ses blessures, comme les titres de sa gloire et comme les insignes de la victoire qu'il a remportée sur les démons dans les siècles des siècles. Supposez un courageux soldat qui, après avoir chassé l'ennemi et délivré ia patrie par d'héroïques exploits, revient couvert de blessures ; si un médecin lui disait : Voulez- vous que je vous guérisse en faisant disparaître les cicatrices de vos plaies, ou bien en les laissant subsister sans aucune difformité ? ce vaillant guerrier ne préférerait-il point conserver ses glorieuses cicatrices comme un témoignage de sa bravoure, et comme un stimulant d'honneur pour animer les autres au combat? C'est ce que notre divin Sauveur a fait lui-même. Ses cicatrices, loin de défigurer son corps, ne servent qu'à rehausser sa beauté ; car, selon saint Chrysostôme, elles resplendissent sur sa chair sacrée d'un plus vif éclat que les rayons mêmes du soleil. Dans le royaume céleste, dit saint Augustin (de Givit. Dei 1. xxii, c. 20), les corps des Martyrs garderont éternellement les marques des supplices qu'ils ont supportés en ce monde pour le nom du Christ ; leurs cicatrices brilleront comme les étoiles au firmament, comme des pierres précieuses enchâssées dans l'or pur, comme des fleurs sur leurs tiges, couime l'incarnat des roses. Au lieu d'être une difTormité, elles deviendront un ornement dans les corps saints, de telle sorte qu'elles y feront reluire les vertus admirables des âmes bienheureuses. N'allons pas cependant nous, imaginer qu'à la résurrection générale les Martyrs sortiront des tombeaux sans avoir recouvré leurs membres autrefois coupés et séparés; non assurément, mais ces membres rétablis porteront les traces des coups qui les avaient frappés et tranchés.
Admirons ici la bonté condescendante du divin Sauveur, qui ne dédaigne point de se manifester à de faibles mortels. Considérons avec quelle douce familiarité il montre ses nobles cicatrices à Thomas et aux autres disciples, afin de dissiper tous les doutes au sujet de sa Résurrection, et pour ^^.jQOtre instruction comme pour la leur. Il demeure quelques instants au milieu d'eux, les rassurant et les entretenant du royaume de Dieu. Gomme ils sont transportés d'allégresse ! comme ils écoutent avec attention les suaves paroles du divin Maître 1 comme ils contemplent avec amour ce visage ravissant où brillent tout à la fois la grâce et la majesté ! Accourons nous joindre à eux pour partager leur pieuse joie ; ou plutôt tenons-nous dans un respectueux éloignement, attendant avec humilité que le miséricordieux Sauveur daigne nous appeler à lui, malgré notre indignité. Enfin Jésus leur recommande d'aller en Galilée où il doit leur apparaître, selon qu'il l'a promis ; puis, après leur avoir donné sa bénédiction, il se retire. Les disciples consolés restent encore quelque temps ainsi réunis, et ils aspirent ardemment après le bonheur de le revoir de nouveau.
Prière.
Seigneur Jésus, qui avez retiré du doute et de l'erreur Thomas incrédule, en lui faisant voir les traces des clous et de la lance, et en lui faisant mettre le doigt et la main sur les cicatrices de vos plaies, faites aussi qae, conservant toujours le souvenir de vos blessures et de votre Passion, j'applique et je consacre à votre service mes doigts et mes mains, c'est-à-dire tout le discernement et toute l'activité dont je suis capable. Donnez-moi de confesser, comme cet Apôtre converti, que vous êtes mon Seigneur, parce que vous
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m'avez racheté, et que vous êtes mon Dieu, parce que vous m'avez créé. Accordez - moi d'expérimenter en ma propre personne ce que vous avez prédit du salut futur des vrais croyants, afin que, par le secours de votre grâce, je sois trouvé heureux devant vous. Ainsi soit-il.