JÉSUS APPARAIT PRÈS DE LA MKR DE TIBÉRIADE, ETC
ment souhaiter. Jésus-Christ e^.i effet a préparé un sem- Ulahle festin pour tous les fidèles qui composent son Eglise. N'a-t-il pas apporté sur la terre le feu de la charité qu'il désire allumer dans tous les cœurs ? Le poisson rôti sur les charbons brûlants, n'est-ce pas le Sauveur lui-même dévoré par les flammes de son amour, lorsqu'il fut étendu sur le bois de la croix ? Le pain mystérieusement placé sur le rivage, n'est-ce pas encore le Seigneur lui-même qui devient notre nourriture spirituelle par sa doctrine salutaire et surtout par le sacrement adorable de sou corps et de sou sang précieux ? Jésus-Christ distribue à ses disciples le poisson et le pain, afin de leur montrer qu'ils doivent partager ses souffrances et ses récompenses, — Pourquoi dans ce repas qu'il fit avec les sept disciples, le Seigneur réunit il ie pain et le pois&on qu'il avait préparés avec les poissons qu'ils avaient pris? Selon saint Augustin (Tract. 123 in Joan.), il voulait nous apprendre par là que, pour être admis à sa béatitude éternelle, nous devons être associés à sa douloureuse Passion -, car le poisson rôti est l'emblème du Christ souffrant, qui est aussi le pain vivant descendu du ciel ; et les autres poissons joints au premier sont le symbole des sept disciples, qui représentent tous les Chrétiens fervents. Pourquoi, ajoute saint Grégoire (Hom. 24 in Evaug.), Jésus -Christ voulut-il célébrer ce dernier festin avec sept de ses disciples, si ce n'est pour nous enseigner qu'il ne doit introduire à son banquet céleste que les fidèles remplis des sept dons du Saint-Esprit ? Et comme ces sept heureux convives péchaient auparavant sur la mcv, ils figurent spécialement les élus qui auront surmonté les flots de ce monde, en travaillant à gagner les âmes.
Nous lisons dans l'Évangile qu'il y eut deux pêches miraculeuses, l'une avant la mort du Sauveur et l'autre après
T. vu. s
sa Résurrection. La première figure l'Eglise telle qu'elle est aujourd'hui sur la terre, et la seconde représente l'Eglise telle qu'elle sera après le jugement général. La mer esr. l'image de la vie présente, et le rivage est l'emblème de la vie éternelle. A la première pêche, Jésus était monté dans la barque, parce qu'il était encore exposé, comme ses dis- 'ciples, aux vicissitudes de ce monde ; à la seconde pêche au contraire, il se tient sur le rivage, parce qu'il est parvenu désormais à l'état d'immortalité. Autrefois, sans déterminer aucun endroit, ni à droite ni à gauche, il disait simplement à ses Apôtres : Jetez vos filets ; ici il dit expressément : Jetez vos filets à la droite de la barque. Par là, d'abord il signifiait que tous les hommes devaient être évangélisés, sans distinction de bons ou de mauvais ; mais ensuite, il signifie que les bons seuls doivent être sauvés. Dans la première pêche, le nombre des poissons n'est point indiqué, parce que la multitude des fidèles doit être continuellement augmentée jusqu'à la fin des siècles. Dans la seconde pêche, le nombre des poissons est exprimé par le chifïre cent cinquante-trois, dans lequel nous voyons reproduit trois fois le nombre cinquante, symbole du jubilé perpétuel ou repos éternel dont jouiront les Saints, et de plus le nombre trois, marquant l'ineffable Trinité dont la contemplation doit faire leur souverain bonheur. Dans le dernier filet, il n'y a que de gros poissons ; car dans le ciel, tous les élus seront grands, bien qu'ils soient élevés à différents degrés de gloire. Le premier s'était rompu pour montrer que l'Église militante devait être déchirée par des schismes ; mais le second ne se brise point, parce que dans l'ËgUse triomphante tous les Saints seront parfaitement unis. Le Seigneur vient d'accorder un bienfait commun aux sept disciples, en daignant manger avec eux, il va main-