‹ La grande vie de Jésus-ChristChapitre 30 sur 67 · JÉSUS APPARAIT PRÈS DE LA MER DE TIBÉRIADE, ETC · texte numérisé non relu

JÉSUS APPARAIT PRÈS DE LA MER DE TIBÉRIADE, ETC

ce que je vienne. En eiîet, il n'a point subi la douleur du martyre comme saint Pierre ; mais, après qu'il eut vécu quatre-vingt-dix-neuf ans et qu'il eut prêché soixante-huit ans, le divin Maître l'enleva de ce monde par une mort naturelle et le transporta dans la céleste patrie. Ce même disciple a écrit ces choses qu'il a vues et entendues; par conséquent le témoignage qu'il en rend est vrai et irrécusable (Ibid. 24). Jésus-Christ assurément ne pouvait avoir un historien plus convenable qu'un témoin aussi assidu de ses paroles et de ses actions.

Les deux principaux Apôtres désignés dans la scène qui vient d'être racontée représentent encore les deux sortes de vie spirituelle. Saint Pierre, auquel le Sauveur dit : Suismoi, figure le Chrétien adonné aux labeurs de la vie active; il travaille pour le prochain afin de l'assister en son corps ou en son âme, et il combat jusqu'à la mort, s'il est nécessaire, pour défendre la justice et la vérité. D'un autre côté, saint Jean, dont Jésus dit : Je veux qu'il reste ainsi jusqu'à mon arrivée, figure le Chrétien appliqué aux douceurs de la vio contemplative ; il s'efforce de renoncer à tous les soins temporels pour s'occuper de Dieu seul, et il tâche de demeurer en ce paisible état jusqu'à ce que le souverain Juge vienne l'élever à la vision intuitive de sa gloire. L'une et l'autre vie ont pour objet et pour fin Dieu lui-même. Le Chrétien témoigne plus d'amour à Dieu dans la vie active, parce que, ressentant davantage les angoisses présentes, il désire plus vivement d'en être délivré pour aller à lui ; mais Dieu témoigne plus d'amour au Chrétien qu'il laisse dans la vie contemplative, car il lui fait commencer sur la terre les saints exercices qu'il lui fera continuer éternellemei.t au ciel. De là cette parole du Psalmiste : Le Seigneur aime les portes de Sion plus que toutes les tentes de Jacoh

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(Ps. Lixxvi, 2). En effet, tandis que le Seigneur dit aux uns de le suivre dans la souffrance, il dit aux autres de l'attendre en paix jusqu'à ce qu'il les transporte en son royaume. Ainsi, la vie active s'exerce et se consomme exclusivement en ce monde, tandis que la vie contemplative y est simplement ébauchée et y reste imparfaite.

I Après tout ce que nous venons de rapporter, pour consoler les sept disciples de son absence, Jésus les bénit avec effusion et disparut à leurs regards. Si nous voulons profiter de cette salutaire visite, n'oublions point les prodiges et les enseignements nombreux que nous y avons remarqués. Saint Jean déclare que cette manifestation était la troisième (Joan. xxi, 14), non pas sans doute en comptant toutes celles qui eurent lieu en un même jour, mais celles qui eurent lieu en dirers jours : ainsi le Sauveur se fit voir la première fois, à différentes reprises, le dimanche même de Pâques ; la seconde fois, le dimanche suivant ; et la troisième fois, en un jour indéterminé sur le bord de la mer. On plutôt, ce fut alors la troisième fois que le Seigneur ressuscité apparut à ses disciples réunis; car saint Jean lui- même raconte comment le divin Maître s'était montré auparavant à eux, d'abord en l'absence de Thomas, puis en présence de cet Apôtre. Cette nouvelle apparition aux sept disciples qui péchaient dans le lac de Tibériade fut suivie de plusieurs autres jusqu'à l' Ascension du Sauveur ; mais elles ne sont point toutes mentionnées dans les

Evangiles.

Prière.

Seigneur Jésus, dans mon extrême misère, accordez moi de vous servir la nourriture que vous désirez en accomplissant votre sainte volonté ; car notre obéissance vous

plaît tellement qu'elle devient votre réfection. Malgré ma profonde indignité, faites-moi participer à votre festin mystique, de telle sorte qu'en souffrant pour vous, je sois restauré par vous-même, poisson sacré rôti pour nous sur le bois de la croix. Puisque vous êtes aussi le pain vivant descendu du ciel, faites que je sois rassasié dès maintenant par la foi de votre doctrine salutaire et la communion de votre adorable sacrement, puis par la jouissance de votre glorieuse société durant toute l'éternité. Bon Maître, donnez-moi de vous aimer comme saint Pierre vous a aimé, en me sacrifiant pour vous généreusement ; daignez m'aimer aussi comme vous avez aimé saint Jean, en m'attachant à vous uniquement ; aidez-moi, je vous en conjure, à progresser sans cesse et à persévérer jusqu'à la fin dans ce bienheureux état de l'amitié divine. Ainsi soit-il.

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