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par appropriation on attribue particulièrement la puissance à la première personne comme la sagesse à la seconde et la bonté à la troisième. De plus, le Père est ici proclamé Créateur du ciel et de la terre, c'est-à-dire de toutes les créatures tant spirituelles que corporelles ; car comme l'action provient directement de la puissance, la création semble l'effet propre de la puissance plutôt que de la sagesse et de la bonté. Cependant comme le Père crée toute chose par le Fils avec le concours du Saint-Esprit, la création appartient conjointement aux trois personnes divines qui font un seul Créateur. — Je crois aussi en Jésus-Christ, son Fils unique^ Noire-Seigneur . Ce troisième article nous enseigne d'abord que le Fils est Dieu comme son Père, puisque nous croyons en l'un comme en l'autre. Dans le Nouveau Testament le Fils est souvent désigné de même qu'ici par les deux noms réunis de Jésus-Christ. Le nom de Jésus qmsiQïiiïie Sauveur indique sa diviuité;car c'estentant que Dieu qu'il a sauvé les hommes. Le nom de Christ qui signifie consacré indique son humanité; car c'est en tant qu'homme qu'il a été consacré préférablement à tous ses semblables. Il est ensuite qualifié de Fils unique du Père éternel, non point simplement par adoption mais bien par nature; il est aussi son Fils unique, parce qu'il n'y a pas en lui deux fils, l'un Dieu et l'autre homme, mais un seul fils en deux natures, savoir la divinité et l'humanité, et en trois substances, savoir la divine, la spirituelle et la corporelle. Il est encore appelé Notre-Seigneur^ car il est le souverain Maître de l'univers comme Dieu son Père qui lui a donné tout pouvoir au ciel et sur la terre. — Je crois dans le Saint-Esprit. Ce quatrième article enseigne que le Saint- Esprit est Dieu, puisque nous croyons en lui comme dans le Père et dans le Fils. Cette dénomination d'Esprit-Saint
DE l'Écriture évangélique et de la foi chrétienne 207 peut avoir deux significations différentes, selon que l'exige le sens de la phrase où elle est employée ; dans un sens restreint elle indique la troisième personne divine, et dans un sens plus étendu elle marque l'essence divine. Ainsi les quatre premiers articles du Symbole expriment l'unité de l'essence divine en même temps que la trinité des personnes divines.
Le cinquième article nous apprend que les péchés sont remis aux fidèles chrétiens. C'est pourquoi nous disons d'ahord : Je crois la sainte Église catholique, la communion des Saints, c'est-à-dire : Je crois que la sainte Église catholique, soit militante, soit triomphante, est la réunion, l'assemblée, la société des Saints ; ou bien : Je crois la sainte Église cathohque encore militante sur la terre, et je crois aussi la communion des Saints, l'association des bienheureux qui composent au ciel l'Eglise triomphante ; c'est com.me si l'on disait : Je crois l'une et l'autre Eglise. Remarquons ici que la sainte Église comprend trois par ties distinctes : celle qui combat sur la terre vit encore dans la crainte et l'attente ; celle qui triomphe au ciel n'a plus rien à redouter ni à désirer ; et celle qui souffre dans le purgatoire tient le milieu entre les deux autres. Cette dernière est encore dans l'attente, puisque les âmes ne sont point en possession de la gloire éternelle ; elle est néanmoins sans crainte, parce que les âmes ont leur volonté confirmée dans le bien. La sainte Église est justement appelée catholique ou universelle pour deux raisons ; car ses enseignements sont prêches partout dans les diverses parties du monde, et ils sont vrais en tout point sans aucun mélange d'erreur. Nous ajoutons : Je crois la rémission des péchés, c'est-à-dire : Je crois que les péchés sont remis aux hommes par le Baptême, par celui d'eau,
OU celui de feu, ou celui de sang ; et que les péchés commis après le Baptême sont remis par la Pénitence. — Le sixième article nous fait professer la résurrection des corps en ces termes : Je crois la résurrection de la chair. En efîet, la même chair qui avait été dissoute par la mort sera réunie par la résurrection à la même âme qu'auparavant. — Le septième article nous fait reconnaître la rémunération des justes et la punition des coupables, quand nous disons chacun : Je crois la vie éternelle, comme si nous disions : Je crois que la vie éternelle sera la récompense des bons, tandis que la mort éternelle sera le supplice des méchants. Ces trois derniers articles que nous venons d'expliquer se rapportent à la divinité comme les quatre précédents ; car la rémission des péchés qui produit la vivifîcation des âmes, comme aussi la résurrection des corps, et enfin la glorification simultanée des corps et des âmes pendant l'éternité ne sauraient provenir que de la toute- puissance ou de la vertu divine.
Les sept autres articles du Symbole se rapportent à l'humanité du Sauveur. Le premier consiste à croire que Jésus- Christ a été conçu du Saint-Esprit^ c'est-à-dire que le Saint- Esprit l'a formé non point de sa propre substance mais par son opération spéciale ; car en un seul et même instant, il tira du corps virginal de Marie la chair sacrée du Sauveur, qui fut aussitôt jointe à une âme raisonnable et unie hypostatiquement à la divinité. Ce grand mystère de l'Incarnation est assurément l'œuvre comm.une de la Trinité tout entière ; car une personne divine ne fait rien sans que les deux autres le fassent également. On attribue néanmoins particulièrement au Saint-Esprit l'opération merveilleuse par laquelle l'humanité fut unie hypostatiquement à la divinité ; car cette œuvre admirable de la grâce est le
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principal résultat de la charité ou bénignité qui est le caractère distinctif du Saint-Esprit. Dieu en effet nous a rachetés au moyen de l'Incarnation de son Fils, non point précisément parce qu'il est tout-puissant ou infiniment sage, mais plutôt parce qu'il est souverainement bon et miséricordieux. — Le second article nous fait connaître que Jésus-Christ est né de la Vierge Marie, c'est-à-dire qu'il est sorti du chaste sein où il avait été formé miraculeusement. — Le troisième article exprime que Jésus-Ghrist a souffert sons Ponce-Pilate, gouverneur romain de la Judée ; qu'il a été crucifié, en subissant le supplice le plus douloureux et le plus infâme celui des larrons et des scélérats ; qu'il est mort, de façon que son âme a été vraiment sépari'e de son corps, bien que tous deux soient restés toujours unis à la divinité ; qu'?7 a été enseveli, sans que toutefois sa chair ait été soumise à la corruption et réduite en poussière comme celle des autres hommes. — Le quatrième article enseigne que Jésus-Ghrist est descendit dans les enfers ; car tandis que son corps reposait dans le tombeau, son âme descendit dans les limbes ou lieux inférieurs de la terre, — Par le cinquième article nous professons que Jésus-Christ est ressuscité d'entre les morts le troisième jour, après avoir demeuré dans le sépulcre non point trois jours entiers, mais seulement le soir du vendredi et toute la journée du samedi ainsi que le matin du dimanche. Ces deux derniers articles indiquent tout ce que Jésus-Ghrist nous a mérité par sa mort ; il a délivré notre âme, en descendant aux enfers pour en briser les portes ; et il a ressuscité notre chair, en sortant le premier du tombeau pour glorifier nos corps. — Par le sixième article nous croyons que Jésus-Ghrist est monté aux cieux avec son humanité tandis qu'il est partout avec sa divinité, et de plus qu'î7
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant^ c'est-àdire qu'en sa qualité de Dieu il partage la suprême autorité du Père comme son égal, et qu'en sa qualité d'homme il possède les biens excellents du Père comme son associé, que par conséquent il jouit de la paix et de la gloire, qu'il juge et dispose de tout conjointement avec le Père. — Le septième article nous apprend que de là {indè), c'est-à-dire à la fin des temps, ou bien du haut des cieux Jésus-Christ viendra juger les vivants et les morts. Gela s'accomplira littéralement, parce que les vivants comme les morts devront être jugés ; néanmoins ceux qui seront alors vivants au dernier jour mourront tous, mais ils ressusciteront aussitôt en un instant afin de comparaître au suprême tribunal avec tous les autres hommes.
Ces quatorze articles sont renfermés dans le Symbole que les douze Apôtres ont eux-mêmes composé (1). Saint Pierre formula les deux premiers articles qui concernent la Divinité, saint André le troisième, saint Barthélémy le quatrième, saint Simon le cinquième, saint Thaddée le sixième et saint Mathias le septième. Les deux premiers articles touchant l'humanité de Jésus-Christ furent dressés par saint Jacques le Majeur, le troisième par saint Jean, le quatrième par saint Thomas, le cinquième par saint Matthieu, le sixième par saint Jacques le Mineur et le septième par saint Philippe. Sommes-nous tenus de croire d'autres vérités qui ne sont point contenues dans ce Symbole des Apôtres ? Oui, sans doute, puisque nous devons croire à Dieu, c'est-à-dire ajouter foi à sa parole communiquée soit par la Tradition orale, soit par l'Ecriture-Sainte.
A ce propos, il importe de savoir que la partie de l'Ecri-
( 1) Voir kl note III à la fin du volume.
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ture-Sainte comprenant l'histoire delà révélation chrétienne est contenue dans les quatre livres des Evangiles. Ils sont rangés entre eux selon l'ordre où ils ont été publiés, sans tenir compte de la qualité des auteurs ou de la dignité des matières. Bien qu'ils aient pour objet le môme personnage, à savoir Jésus de Nazareth, ils nous le présentent chacun sous un point de vue particulier ; car ils se distinguent les uns des autres par le but spécial que chaque Evangéliste s'est proposé, en rapportant comme témoin ce que Jésus a fait et dit devant ses propres disciples ou devant d'autres Juifs.
L'apôtre saint Matthieu écrivit le premier Evangile en hébreu et dans la Judée pour ses compatriotes convertis, afin de prouver que Jésus est le Christ ou Messie annoncé dans l'Ancien-Testament. Ainsi, il montre que les nombreuses prophéties relatives au Messie ont été accomplies en Jésus ; et il commence par relater la généalogie légale et la naissance temporelle de Celui qui avait été prédit comme devant être issu de David et fils d'une Vierge. Voilà pourquoi, parmi les quatre figures mystérieuses qui représentent les quatre Évangélistes, celle de l'homme désigne saint Matthieu.
Saint Marc, disciple de l'apôtre saint Pierre, composa le secondÉvangile en grecet dans l'Italie, surtout pour lesRomains devenus chrétiens, afin de prouver que Jésus est le Roi et le Maître de l'univers, conformément aux oracles de Daniel (il, 44. — vu, 13 et 14). Sans s'étendre beaucoup sur les enseignements de Notre-Seigneur, il s'attache à raconter les principaux miracles qui font ressortir le domaine absolu de cet homme extraordinaire sur toutes les créatures. Aussi le lion, supérieur en force à tous les autres animaux, est l'emblème de saint Marc, qui commence son récit par rap-
peler la voix retentissant au désert comme le rugissement du lion.
Saint Luc, disciple de l'apôtre saint Paul, rédigea le troisième Évangile en grec, pendant qu'il parcourait l'Achaïe et la Bithynie. D'après saint Jérôme (deVirisillust.), comme il avait exercé l'art médical, il lui convenait particulièrement de nous révéler le céleste Médecin. Afin donc de prouver que, selon la déclaration de l'Ange aux bergers de Bethléem, Jésus est le Sauveur du monde, il expose les actes et les discours qui font éclater davantage la clémence et la miséricorde de Notre-Seigneur à l'égard des pécheurs ; ainsi, il est le seul Évangéliste qui raconte la conversion de Madeleine et qui mentionne la sueur de sang, répandue au jardin des Olives comme pour nous servir de remède spirituel. Le bœuf, autrefois immolé comme victime principale, est l'emblème de saint Luc qui, dès le début de son livre, nous fait assister au sacrifice offert dans le temple de Jérusalem par le prêtre Zacharie.
L'apôtre saint Jean, pendant qu'il résidait en Asie, écrivit en grec le quatrième Evangile, destiné à combattre les hérésies gnostiques. Afin de prouver que Jésus n'est pas simplement le ii.'s adoptif, mais le propre fils de Dieu, ce disciple bien-aimé cite les faits et les paroles par lesquels son illustre Maître s'est manifesté comme égal à Dieu même et consubstantiel au Père éternel. Pour décrire la splendeur du Verbe, dès le début de son livre, cet Evangéliste se transporte dans les hauteurs des cieux sur les ailos de la contemplation ; aussi est-il représenté par l'aigle qui, dans son vol sublime, ose regarder fixement la lumière du soleil.
Les quatre Evangiles, qui nous élèvent par degrés à la connaissance parfaite de Jésus-Christ, sont comme l'échelle de Jacob, sur laquelle le Seigneur apparaissait appuyé. Les
œuvres merveilleuses, à l'aide desquelles il a voulu descendre jusqu'à nous et nous élever jusqu'à lui, nous sont rapportées par les quatre Evangélistes qui, selon la remarque de saint Jérô'.ue (Prœm. in Matth.), sont comme autant de vrais Chérubins.
Prière.
Seigneur Jésus^ je vous remercie de m'avoir appelé à la foi chrétienne au moyen de l'Écriture et de la doctrine évangélique, afin que, par cette croyance catholique, j'obtienne la vie de la grâce sur la terre et de la gloire au ciel en votre nom tout- puissant ; car il n'y a point ici-bas d'autre nom en vertu duquel nous puissions être rachetés. Bien que je sois l'homme le plus misérable et le plus indigne , accordez-moi de croire en vous de cœur pour être justifié, de vous confesser de bouche pour être sauvé, et de vous louer par toute ma conduite en produisant des œuvres utiles, de telle façon qu'avec votre secours miséricordieux je ne cesse d'aspirer maintenant et que je mérite de parvenir enfin à la béatitude éternelle, ô Jésus, l'unique Sauveur du monde ! Ainsi soit-il.