‹ La grande ville (volume 2)Chapitre 10 sur 135 · LES RÉVERBÈRES · texte numérisé non relu

LES RÉVERBÈRES

Les réverbères voient chaque jour le gaz envahir la place, la rue, le boulevart qu'ils éclairaient jadis, ou qu'ils étaient censés éclairer; car, en vérité, les réverbères n'ont jamais répandu autour d'eux une lumière vive et franche ; leur flamme vacillante était souvent tourmentée par le vent , qui trouvait le moyen de pénétrer par des fentes entre les carreaux mal joints de la lanterne; au dessous du réverbère, une lumière rougeâtre attristait les objets sans permettre de bien les distinguer; puis, à quelques pas, l'ombre était plus épaisse, plus ténébreuse encore.

Mais l'huile est petit à petit chassée de tous les postes qu'elle occupait. Le réverbère ne servira plus de rendez-vous à des duellistes comme cela se voyait autrefois, et ce temps n'est pas fort loin de nous; car, sous Louis XVI encore, lorsque deux gentilshommes se disputaient à la comédie , ils allaient sur-le-champ vider leur querelle dans la rue voisine , à la clerté d'un réverbère.

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