‹ La grande ville (volume 2)Chapitre 72 sur 135 · V)H LES DÉBITS DE CONSOLATIONS · texte numérisé non relu

V)H LES DÉBITS DE CONSOLATIONS

nuit pour la commodité des chiffonniers, des charretiers, des voituriers, des gens qui vont à la halle , et de beaucoup d'individus dont l'industrie est au moins douteuse. 11 y a aussi des femmes qui entrent la nuit dans ces débits. Vous devinez quelle espèce de femmes et quelle peut être leur profession ; mais dans une ville comme Paris, la tolérance est souvent une nécessité.

Beaucoup de ces individus qui viennent boire pendant la nuit , au débit de consolations, vont la finir dans la rue, en se couchant au coin d'une borne ; il y en a, d'ailleurs, auxquels il serait impossible de trouver un autre domicile.

Afin de pouvoir satisfaire aux exigences et aux fatigues de son commerce, ordinairement le marchand de liqueurs est marié , car il ne se repose que sur lui et sa femme du soin de débiter ses petits verres. A huit heures du soir le mari va se coucher, il dort jusqu'à une heure du matin ; alors il se relève, et vient au comptoir remplacer sa femme qui va dormir pendant qu'il veille toute la nuit. Voilà deux époux qui ne doivent pas se rencontrer souvent dans la couche nuptiale, et qui vivent ensemble absolument comme le soleil et la lune.

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