‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 136 sur 214 · LE MONT-DE-PI ÉTÉ · texte numérisé non relu

LE MONT-DE-PI ÉTÉ

voyer des fonds pour remonter sa garde-robe, il était le premier plongeur de l'école et savait merveilleusement piquer une tète.

Si des parents sévères n'avaient pas mis un terme à cette longue punition, le défenseur de la veuve et de l'orphelin serait, à l'heure où je vous parle, classé par M. Geoffroy Saint-Hilaire dans l'espèce intéressante des amphibies. Au surplus, je n'ai mentionné ce (ait que pour avoir l'occasion de lixer ici l'origine certaine de la tribu des grenouîllards, corporation célèbre qui, chaque été, vient s'établir aux bains à quatre sous, et dont Krnest fut le fondateur. Nous étions bien aise d'éclaircir ce point de l'archéologie parisienne.

L'histoire d'Ernest nous fait naître l'envie d'en raconter une seconde.

Une honnête famille de province avait envoyé, pour apprendre le commerce, dans l'un des premiers magasins de la capitale, une jeune fille de dix-huit ans, rose et fraîche comme on l'est à cet âge, naïve et curieuse, comme une fille d'Éve, qui ne connaît pas encore le danger de prêter l'oreille au langage mielleux du serpent tentateur.

Adèle (c'était le nom de la jeune provinciale) s'ennuyait fort de la réclusion qu'on lui imposait depuis le jour de son arrivée à Paris. Rester claquemurée dans un étroit comptoir, quand, près de là, sur le boulevart, les spectacles s'ouvrent et donnent le signal du plaisir, c'est vraiment une triste chose pour une jeune tille.

Donc Adèle s'ennuyait fort de rester ainsi prisonnière.

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