‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 138 sur 214 · I.K yo>T-l>K-l»IKTK · texte numérisé non relu

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ments et les voitures avaient réduit à zéro la faible somme prêtée par le Mont-de-Piété. Impossible de payer le prix des costumes, et par conséquent de retirer les effets laissés en nantissement. Adèle ne rentrera certes pas à son magasin avec ses cheveux poudrés et sa robe de Camargo. Paul la reconduira-t-il en garde-française?

La jeune fille écrivit à ses parents et leur confia la triste nécessité où elle se trouvait réduite de partager la chambre du jeune peintre.

Cinq jours après, un père furibond descendait de voiture dans la cour des diligences, et courait chez l'artiste.

L'habit de garde-française et la robe de Camargo se trouvaient étalés sur des chaises et les rideaux du lit étaient soigneusement fermés Que voulez-vous qu'un père fasse en pareil cas? Commander deux costumes de noce et conduire les jeunes gens en présence de M. le maire

Ce fut le parti plein de bon sens que prit le père d'Adèle.

Le Mont-de-Piété produit peu d'épisodes qui finissent aussi gaiment. On conçoit qu'une folle jeunesse, avide de plaisirs et d'émotions, paie son tribut à ce gouffre inépuisable : c'est un dommage que l'avenir se charge de réparer... Mais que le pauvre, à son tour, enrichisse l'usure de ses dépouilles, voilà, sans contredit, une chose odieuse, et qui ne laisse pas d'expressions assez fortes pour la flétrir! Cette usure a, du reste, des manières fort engageantes. Vous demeurez à une lieue de la rue des Blancs-Manteaux, et vous êtes également éloigné de la succursale... Mon Dieu, ne vous dérangez pas! On serait au désespoir de vous occasionner une course aussi longue... Prenez seulement la peine de sortir de chez vous et d'aller à deux pas. Vous trouverez, dans la première maison borgne, un bureau tenu par des employés en sous-ordre, appelés commissionnaires. Ces derniers se chargent volontiers de la besogne qui vous répugne, vous prêtent sur l'objet que vous leur présentez, le déposent euxmêmes au chef-lieu et vont le reprendre, quand cela vous fait plaisir, à condition, toutefois, que vous paierez à un taux usuraire leur complaisance et leur déplacement.

Malgré la remise énorme qu'ils font à l'administration, ceux qui tiennent les bureaux succursalistes s'enrichissent promptement. Un bureau de commissionnaire s'achète cent vingt mille francs. Il arrive que quelques uns réussissent à dérouter l'œil du mailre, en

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