I.XIi
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puis dix ans U> même cliquetis d'adverbes, les mêmes mots onlilés comme des verroteries et agités par une main perfide.
ta trompette de la PriKssKjoue une musique variée, éclatante et poétique : on devine facilement que celui qui l'embouche y souille sans efforts, et réserve ses meilleurs airs, ses fanfares étincelan tes, pour un autre public que le gros public.
L'empire du Feuilleton était trop vaste, on y régnait à la fois sur la poésie et sur la musique du Théâtre. I n jour, le Journal des Débats, en apercevant les énormes développements de la musique, art qui n'a envahi la société qu'après la chute de l'empereur dont les roulades étourdissaient le monde, détacha pour un grand compositeur, pour Berlioz, la critique musicale de la critique littéraire. Ce jour-là, M. M. Berlin ouvrirent une porte par laquelle devaient se précipiter plus tard les sept ou huit journaux, exclusivement consacrés à la musique.
Aujourd'hui, la Presse possède un orchestre si varié, si fécond, si étendu, qu'il ne faut pas désespérer de ne pas jouir d'ici à peu de temps d'un journal uniquement destiné au Piano ou au Cornet à piston. Voici comment les plus célèbres plumes de la musique rendent compte d'un opéra.
Après une introduclîou d'un caractère maigre comme tout ce que fait M. lin Tel, le premier acte s'ouvre par un andante mystérieux, où s'citcbalnenl une foule de dessins légers. Frantz., le favori du prince, fait pari aux courtisans de I amour de son maître pour Lucile. Bientôt Lucile parait avec son amant. La belle phrase en ut majeur
Kl «i relie flamme si belle Devait s'éteindre en vous un jour ■ Ah ! par pitié, soyez cruelle Kl n 'accepte» pas mon amour.
n'est pas suffisamment adaptée a l'accent rhylbmique de la mélodie. Nous désire • rions aussi que l'accord de cinquième diminuée sur le sensible d'wf mineur fût posé sur la dominante du mi bémol. Le chœur huai de cet acte .
Il faut éci dévorer notre outrage ; Mais la vengeance « est pas loin.
est d'une vigueur entraînante. L'accompagnement des cors bourdonnes en irtmolo par les troisièmes violons, et aboutissant au forte sur l'accord de l aceenl ionique, serait d'un meilleur effet, si le trombone qui domine cette trame mélodique, en imitation à l'octave, prolongeait la tenue sur le bémol de la eneciatura. Ceci est clair.
Au second acte, nous sommes dans le jardin du palais. Après quelques mesures Mandante, suivies d'un aVegro plein de feu, s'élève un immense; crescendo sur la dominante du tonde fa naturel à six-huit. Horace chante alors une charmante
moxw; nu-nu i>f. i.a errKssK i'aiusik>>k. 187
sicilienne, oit se trouve adroitement dessiné un noir pressentiment, exprimé piles secondes coutre-basses, en imitation syncopé** de la phrase vocale.
Ce n'est que le soir, O douce maîtresse .' Que de la tendresse J'obtiens quelque espoir ; Mais dans tes yeux bleus Non soleil se lève, El mon jour s'achève Quand l'autre est aux rieui.
Os couplets, ttu peu pont-neufs, écrits dans la coupe binaire, sont assez, bien chantés par Roger. Nous n'en dirons pas autant du sextuor des soldats .-
Buvons, amis, et chantons tous en chœur : Honneur et gloire à notre gouverneur.
L'accompagnement en est cependant passablement orchestré ; mais les messieurs qui le disent le prennent trop haut d'un bon trente-deuxième tle ton. Le trio entre Frautz, Lucile et Horace, bien que très vulgaire, se relève pointant un peu, à la fin, par la phrase, dans le mode mineur:
11 faut partir, oh! quel malheur- Il va partir, oh.' quel bonheur.
Ce départ me brise le cour.
Ce qui fait un très bel effet comme dialogue syllabiquc.
Ce deuxième acte, qui n'est pas fort, est cependant le meilleur des trois. Le final, qui repose sur une pédale tonique, avec rappel du flruprtto précédent, est d'une pauvreté mélodique pitoyable, que ne cachent nullement les vocalisations ambitieuses de madame Rossi.
Le dernier acte se passe dans une chaumière isolée. Désespéré de la fuite de Lucile, le prince chante sa douleur en faux-bourdon, tandis que Frantz se bat contre Horace. Frantz est blessé ; il va môme être uu peu tué, lorsque Horace est arrêté, jugé et condamué à mort. Fort heureusement un portrait vient éclaircir l'affaire. Horace n'a jamais été orphelin ; le prince retrouve en lui un neveu chéri ; tout le monde s'embrasse ; Lucile arrive ; les deux amants sont unis, et le tout se termine par un chœur combiné d'un canon a la quinte, dans lequel le chant se marierait à des modulations très gracieuses, si le son piqué des alto et les trilles perpétuels des petites flûtes n'étaient à ce final tout caractère de gravité.
En somme, c'est un fort beau succès pour H. Un Tel, dont, plus que personne, nous admirons l'immense talent.
Les autres feuilletonistes, inconnus à un kilomètre du mur d'enceinte, écrivent, selon leur opinion particulière, d'une manière sage. Ils s'en tiennent à la Raison, et ils ont tort. Quoique très honnêtes, ils rencontrent parfois des moments de verve, mais ils s'en repentent très promptement. Ils prennent, d'ailleurs, la critique au sérieux, se permettent quelques réquisitoires contre les trois cent soixante auteurs dramatiques, dont les talents jetés dans une cornue et concentrés, donneraient 0' de Corneille, ou de Shakspeare. Os messieurs ne conçoivent ni l'un ni l'autre des deux feuilletonistes