CI.KOPAS
Si l'alcade t'arrête?
LANDRY
Kh bien ! doublez la somme ; Et je serai, d'honneur, muet connue une pomme. Discret comme un œuf dur ou comme un artichaut ; Sinon Landry bavarde et gare lïchafaud :
CLÉOf AS.
Prends donc cette re-bourse et que ce soir sa vie.. .
LANDRY
Votre Grâce, Seigneur, à point sera servie.
(v)uand l'Exposition ouvre ses portes, voici comment la mitraille du petit journal prend les peintres en écharpe :
• Sans progrès comme sans décadence, MM. Rouillard et Henry Schefl'ercon « tinuent tranquillement leur manière. Le premier taille toujours des têtes
- d'homme dans des blocs d "acajou ronce ux ; et de son côté M. SchetTcr exécute
• avec sa froideur ordinaire de consciencieux (tortraits d'une monotone tristesse.
• M. Dnval Leeamus continue son commerce de 1m>us hommes avec la plus
• noble persévérance et l'honorable approbation du Journal des Mbats.
• M. Jacquand raille agréablement les moines et les curés en façonnant leur*
• visages dans de la brique plus ou moins rouge.
« M . iadin a été pris par le prince royal pour peintre ordinaire de ses meutes
• Les chiens de M. Jadin jouent la férocité de leur mieux; mais, à l'impossible
• nul chien n'est tenu, aussi voit-on aisément que faire le mort ou donner la patte
• conviendrait mieux au caractère paciHque de ces excellentes bétes; — faire le . mort sur tout! A propos de pattes, quelques mauvaises laugues ont prétendu
• que M. Jadin n'en Taisait jamais' que trois à ses personnages. C'est la une absurde
• calomnie contre laquelle toute critique consciencieuse doit s'élever. Comment !
• parce que M. Jadiu traite la nature avec un laissez-aller plein de superbe et qu'il
• supprime, de son pinceau privé, le poil et les articulations des animaux, on en
• conclura qu'il ne sait pas sur combien de pattes ils marchent. Mais c'est tout
• simplement stupide. Si cet artiste fait des chiens rasés de près, des cerfs en
• bois soigneusement raboté, et des sangliers en feutre, c'est uniquement parce « que cela lui semble plus facile, et voilà tout. Il est trop tin observateur |>our
• ne pas avoir remarqué que les chiens ont ordinairement quatre pattes.
- Il nous n^ste encore à signaler dans le genre anecdotique, le duc d'Orléans « (alors devenu Louis-Philippe) recevant l'hospitalité citez les l.aptms. Devant ce ta-
• bleau embrouillé, et dans lequel Sa Majesté semble déplorer le sort des pois-
• sons qu'on l'ait cuire pour son diner, la seule ré flexion qu'on puisse se permet -
- ire, c'est qu'il est probable que chez les Lapons:
L'hospitalité se donne Et ne se verni jamais.
MOVHiKAPMlK I>K LA PRESSE PARISIENNE.
On pourrait en vouloir à M. Ingres fie la maladresse de ses imitateurs, qui compromettent son école.
• Depuis bientôt dix ans, ces messieurs nous assurent que leur plate et mo-
• nochrome peinture est pleine de caractère et de naïveté. : que la couleur leur
• soit légère et qu'on n'en parle plus ! L'erreur des Ingristes est de croire qu'en
• remplissant avec trois tons plus ou moins gris , une silhouette sèchement ar- « rôtée, on fait preuve de sentiment et de gravité. C'est absolument comme si les « pleureurs gagés d'un convoi se prétendaient pénétrés d'une douleur véritable,
• parce qu'ils sont vélus d'un costume lugubre. Si M. Lacordaire peiut par
• M. Ghasseriau a peu de relief dans son cadre , ceci peut du moins s'expli-
• quer par l'humilité de ce dominicain qui se retire autant qu'il peut de sa toile ,
• en attendant qu'il se retire tout-à-lait du monde. •
La politique intérieure est-elle en train d'accoucher d'une de ces mille combinaisons ministérielles qui sont l'amusement de la Cour, voici ce qu'en dit cette moquerie journalière, à la piste des moindres comme des plus graves sujets de plaisanterie :
• M. le vicomte Hugo a été mandé au Château, et a reçu mission de composer
• un cabinet. Les conditions du programme ont été discutées et acceptées de
• |»art et d'autre avec lieaucoup de sincérité. M. Victor Hugo demandait une
• royauté mêlée d'ombres et de rayons, et un tronc environné de gloire et de
• génie. Après quelques difficultés, ces deux points ont été accordés. La Cou-
• ronne a cédé sur les institutions faites de gloire et de génie, en demandant
• qu'on n'allât pas plus loin.
- Les premiers actes «le ce ministère seraient une loi plus libérale sur l'enjam- < bernent et l'abolition de la césure.
. M. Victor Hugo est sûr de l'adhésion de MM. Sainte-Beuve, Ëdouarri Thierry,
- Paul Foucher, Berthoud, vicomte de Launay, Alphonse Brot.
• Les membres du futur cabinet doivent se réunir ce soir |>our s'entendre sur
• le choix des sou s- sec ré ta ires d'État. MM. Paul de Kock, Alphonse Karr, et
• Lherminier paraissent avoir des chances. M. Paul de Kock serait particu-
• lièrement agréable a l'Angleterre, et Alphonse Karr à la Prusse qui s'intéresse « beaucoup à cette contrefaçon du Kreisler d'Hoffmann.
« L'appui des Débats est acquis à cette nouvelle combinaison. Le cabinet
- veut , dit-on , s'intituler : Ministère de la Renaissance. Espérons que ces hommes . mystérieux et sombres feront les affaires de l'État d'uue façon éclatante et
• surhumaine.
- Au moment de mettre sous presse, nous apprenons que M. le vicomte Hugo
• vient de résigner ses pouvoirs. Les refus obstinés de M. Alphonse Brot ont fait
- échouer la combinaison. Le dissentiment portail sur le maintien de la césure;
• M. Alphonse Brot croit qu'il est impossible de gouverner sans elle.
. Un courrier extraordinaire a été expédié a M. Alexandre Dumas, qui se
- trouve a Florence ; mais qu'on a rencontré fort heureusement a Senlis (Oise). .
S'agit-il d'une conspiration, voici comment quelque plume républicaine s'en empare :
• On vient de faire a Boulogne-sur-Mer une saisie que le parquet regarde . comme très importante. Il s'agit d'une machine infernale prodigieuse, assez
moxk;iui'hik i>r. i.a i*kkssk i-akisikvnk.
- haute cl assez large |iour entrer dans un gousset de luoulre. Ce fortuidablr
- bijou qui n'est pas autre ehose qu'un pistolet à cent coups, ressemble, par sa forme, a un bâton de sucre d'orge. Quand on veut s'en servir, il suffit de le pendre à sou cou comme un sifflet; et, en tirant une simple ficelle, on obtient un l'eu de bataillon qui dure vingt-cinq minutes Le parquet de Boulogne vient
- d'envoyer l'inventeur et son invention à Paris : on pense qu'ils seront jugés I'ud
• et l'autre par la Gourdes Pairs. •
Une princesse étrangère est-elle attirée par l'éclat de la gloire? voici comme elle est reçue par cette raillerie parisienne:
• Nous avions déjà le roi de Bavière qui signe ses |»oésies burlesques: Apatttm . île Munich! — la reine Victoria qui tu]iole du piano, — la reine Christine dont le
• pinceau napolitain marche sur les traces de Dubufe. Au milieu de cet Olympe ■ princier, la Saxe brillait par son absence; mais la Saxe qui jusqu'alors n'avait
- produit que les porcelaines de ce pays, se manifeste au monde par une muse
- indigèue. issue de sa cour. On ne connaissait pas cette musc en France, lors
• que M. Pitre Chevalier la révéla sur les deux rives de la Seine, par des récla-
- mes et par des affiches. Tout Paris ébloui fit : — Oh!... Oh!...
« La princesse! Amélie, qui savait que les petites traductions entretiennent
• l'amitié, traduisit les romans bretons de M. Pitre Chevalier, et Dresde étonne
• fil : — Ah!... Ah!...
- Cependant nous devons avouer qu'on ne sait pas si Amélie, la première, a
• révélé Chevalier à la Saxe ! ou si c'est Pitre qui a révélé Amélie, le premier, a . la France !
• Quoi qu'il eu soit . cette traduisante amitié ne connaît plus de bornes. Les
• traductions se succèdent et se ressemblent. C'est à qui se traduira le plus vile.
• De cette façon d'agir, il résulte le plus étrange salmigondis. Il y a des gens
• qui, voyant a tout propos Amélie après Pitre, et Chevalier après la Saxe, ont
• brouillé dans leur esprit ces quatre noms ; comme la Liste-Civile brouille
- quatre o;ufs |iour faire une omelette le jour où Elle reçoit à ( improviste un
• parent.
• Ces gens-là demandent la dernière comédie de Pitre de Saxe et le rouan » nouveau d'Amélie Chevalier.— On ne leur donne rien, et ils s'en vont contents.—
• Tous les gouls sonl dans la nature ! »
Cet Houx perpétuel contre les hommes et les choses se continue depuis dix ans avec autant de verve que d'effronterie. Il n'épargne ni l'âge, ni le sexe, ni les royautés, ni les femmes, ni les œuvres de talent, ni les hommes de génie! 11 amoindrit le pouvoir, les conspirations, les actes les plus graves; il ébrècherait le granit, il entame les diamants! La satyre Ménippée serait pâle auprès du livre qu'un homme d'esprit pourrait trier dans cette production journalière due à des jeunes gens inconnus. Cette source est si prodigue d'esprit, si vive, si animée, si constamment agressive, que dernièrement (181 1) les Anglais étaient forcés d'avouer, que rien de
MOSOC.UAPIIIK DE LA l'RF.SSK l'A RISIK.NNF. .
pareil à la publication de nos petits journaux n'avait jamais existé dans aucun pays, à aucune époque. Tout cela s'invente et s'imprime pour réjouir ce sultan hébété de jouissances appelé Paris !
Hélas, la France est colossale jusque dans ses petitesses, jusque dans ses vices, jusque dans ses fautes!
Les étrangers qui admirent nos hommes de talent ne savent pas à quel prix se vend il Paris la gloire, la mode, toute espèce de lustre, même la triste faveur d'occuper le public de soi fondant quelques moments. Relisez ces citations prises au hasard, mais qui sont des chefs-d'œuvre de plaisanterie?... et — frémisssez î
Qi'atrièmk VAU1KTK. — L'anonyme. Élève de Grisier.
CixoriKiiK variété. — Le Guérillero. Depuis trois ans, un nouveau mode de publication a surgi. Le journal mensuel , plein de blancs afin d'avoir des parties innocentes, plein de personnalités, de petites anecdotes fabriquées au coin du feu, de réflexions réimprimées, a demandé vingt sous au public, uneescopette à la main, et tout aussitôt dix ou douze soldats ont levé la bannière de l'in-32, en imitant l'inventeur, dont l'invention consistait à tacher d'avoir de l'esprit tous les mois, comme les petits journaux en ont tous les jours. L'auteur du premier de ces petits livres avait pris pour épigraphe : Je dirai toute nui pensée et serai inexorable pour les hommes comme pour les choses. — Pas un journal n'oserait publier ces lignes neuves et hardies.
Il publia quelque chose comme ceci :
J'ai quilté Paris hier, en compagnie de Léon Gatayes, el Paris ne s'en est |»as aperçu, — quoique je sois un de ceux qui protestent contre l'absurdité de notre costume, en portant un habit de velours.
Le soleil se couchait rouge à l'horizon ardoisé de lames ; — les vagues déferlaient à mes pieds, sur la grève d'hUrclat, en entrechoquant les galets sonores. — Mes lieaux ajoncs dorés courbaient leurs téles chargée* de pluie —De plaintifs goélands
M < INDU II A 1*111 IC DE LA l'RESSE PARISIENNE.
planaient immobiles sur les flots, qu'ils éraillaiont parfois do leurs longues ailes blanches. — Les douces senteurs marines s'exhalaient dans la brise du soir, et j'offris un cigare de trois sous à un pauvre pécheur qui regagnait sa cabane oh le chaume ne le couvre pas, — attendu que c'est une grotte taillée dans la falaise.
Mon ami, le baron de B , vient de faire paraître un nouveau roman. —
Comme chez moi l'amitié n'exclut pas la franchise, je dois déclarer que cet ouvrage est ravissant.
Quand le temps est sombre depuis plusieurs jours, et que les nuées tamisent de larges gouttes, c'est, n'eu déplaise a M. Arago, uu signe évident de pluie.
On se trouve toujours assez fort pour supporter seul son bonheur , tant grand soit-il ; — mais on est toujours trop faible pour supporter le plus léger chagrin, sans en ennuyer ses amis. — L'amitié est donc une duperie dont le plus clair bénéfice est de ne partager que le malheur des autres. (±2* édition.)
M. Thiers est un petit homme portant lunettes. — Dans l'indépendante pensée qu'il pourrait bien un jour revenir sur l'eau, nous devons déclarer qu'il ne manque pas d'un certain talent.
M (mauibolle a une phrase qu'il répète un peu trop souvent, cette phrase la
MO.\(VGKAI'HIK DE LA l'HKSSK PARISIENS K.
voici : Napoléon ne manquait pas d'intelligence politique, mais il a fait des fautes que M. Odilon-Barrot aurait certainement évitées.
J'ai vu hier une pipe chez un marchand.— J'ai aeheté cette pipe, ce qui n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire, par un temps qui est, au siècle de Louis XIV, ce qu'un centime est à vingt francs. — Le marchand a persisté à dire cette pipe — d'écume de mer; — tandis que ces sortes de pipes sont censées faites par Kummer, un fabricant qui a été le Stradivarius des pipes. — Mais la pipe d'écume de mer restera dans la langue populaire — comme le chameau par le trou de l'aiguille dans l'Evangile. Camblus. qu'on a traduit par Chameau , signifie, en basse latinité, Cable !... — Ce n'est pas parce que j'ai remporté le prix d'honneur que je fais celte double observation, mais pour donner une teinture de science à beaucoup de bourgeois qui la répéteront. — ce qui vaut bien, — pour eux,— les vingt sous que coûte la présente livraison.
Non, pas un journal n'aurait osé publier ces lignes aussi neuves que hardies.
Bien que ce soit une épidémie, essentiellement éphémère dans un pays qui passe son temps à déménager sa politique, comme il change le format de ses livres, tous, les cinq ans, il y a là l'avenir du pamphlet périodique. Après avoir passé en revue les groupes, il était indispensable de parler des gens isolés.