‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 16 sur 214 · I. IIOMNK M. I.KTTHI.S MAItltOV · texte numérisé non relu

I. IIOMNK M. I.KTTHI.S MAItltOV

l'arbre!... au lieu qu'en sortant par la gauche il n'aura pas cela à craindre. Je poursuis, démarquez bien la tirade de ranehonnette ; vous finissiez par: Ah! au il est cruel d'aimer sans espérance de retour! Voici ce que j'y ai substitué : Oh! sans espoir de retour, aimer est une chose bien tourmentante ! ... C'est la même idée;... mais la pensée se rend mieux.

Ali! plus loin vous faisiez dire à Allain , notre personnage comique :

Ijes femmes sont comme les noisettes ; pour en avoir une. bonne, il faut en prendre plusieurs.

D'abord, mon cher collègue, la censure aurait coupé cela. Comparer des femmes à des noisettes! c'était trop risquer!... Moi, j'ai mis ceci à la place :

Il y a de bonnes femmes, tuais il y a aussi de bonnes noisettes . . . Hein?... c'est gentil, et je délie que la censure morde là-dedans.

— Mais il me semble que cela ne rend plus mon idée.

— Cela en fait deux... C'est bien mieux. 4e continue.

Le jeune auteur se tait, se soumet et écoute. Vers la fin de l'acte il s'aperçoit que toute une scène est coupée, et s'écrie :

— Qu'est donc devenue la scène où ma bergère recevait une déclaration d'amour?... Vous l'avez donc passée?

— Non, mon cher ami ; mais je l'ai coupée.

— Coupée! et pourquoi?... C'est le nœud de la pièce.

— Justement ; en coupant le nœud, l'action se dénoue bien plus facilement. D'ailleurs, les déclarations d'amour c'est fort commun ; il y en a dans toutes les pièces de théâtre.

— Mais enfin qu'avez-vous mis à la place?

— Oh ! soyez tranquille! Quand la bergère sort pour aller dans la forêt, je la fais suivre par le comte, qui dit alors à part, mais de façon pourtant à être entendu 'du public :

Fanchonnette va dans la forêt ; je vais l'y joindre, et je lui dirai deux mots.

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