‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 206 sur 214 · I.AMIA · texte numérisé non relu

I.AMIA

Nous avons dit que bimia était une joueuse de flûte ; quelques mots sur l^amia.

Elle était lille de Cléonor d'Athènes; enlevée à sa première profession par Ptolémée, roi d'Égypte, elle devint sa maîtresse. Lorsque ce roi fut vaincu par Démétrius Poliorcète, elle tomba au pouvoir du vainqueur, et quoique âgée de près de quarante ans, elle devint sa favorite.

Lamia était habituée aux largesses royales, l'or fondait entre se* mains; son royal amant écrasait les villes de contributions |K»ur

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satisfaire a ses caprices : ou la surnommait l'Elepole, du uom d'uue machine de guerre destiuée à ruiner les places.

Ses repas étaient si splendides, qu'un historien, lincéede Samos, ne dédaigna point de nous en transmettre le menu.

I^s peuples, écrasés de contrihutions, disaient que Démétrius était j>ossédé par une lamie.

Lamie, comme on le sait, veut dire larve, fantôme ou démon.

I^mia mourut lorsque Démétrius Poliorcète était au comble de ses prospérités; aussi, comme nous l'avons dit, Athènes et Thèbes élevèrent-elles un temple à -Vénus Lamia.

Cherchez dans Diogène Laèrle, une lettre d'elle à Démétrius; c'est un chef-d'œuvre d'amour et de rouerie.

J:ûnultére*.

AHKOTONK, Hfr.KIMLMS, KNATÈXK, l'MKY.XK.

Les plus célèbres parmi celles-ci, furent Abrotone, Herpillis, tînatcne et Phrvné.

Abrotone était née en Thrace ; tout ce qu'on sait d'elle, v'est qu'elle fut la mère de Thémistocle : son lils l'illustra.

Aussi, soit reconnaissance, soit inclination, Thémistocle faisait-il sa société des courtisanes les plus célèbres de l'époque. Un jour, il parut sur un char au milieu de quatre courtisanes: Scyone, [garnie, Satira et Nannion ; les trois premières appartenaient à la classe des familières, la quatrième, qu'on nommait I' Avant-scène \ attendu que les beautés visibles étaient chez elle un prospectus fort trompeur des beautés cachées, était joueuse de flûte.

Herpillis fut, comme nous l'avons dit, la maltresse d'Aristote; il en eut un fils nommé Nicomaque, et le testament du précepteur d'Alexandre, rapporté par Diogéne Inerte, prouve le cas que le philosophe faisait de la courtisane à laquelle il laissait un talent d'argent, trois esclaves, et la facilité d'habiter, si elle voulait demeurer à Uallis, le logement qui était contigu au jardin; et, si elle

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préférait Stagira, la maison même qu'avaient habitée ses pères. En outre, les exécuteurs testamentaires étaient chargés de faire meubler celui des deux endroits qu'elle préférerait, et si elle se mariait, par hasard, de veiller à ce qu'elle n'épousât pas un homme au dessous de la condition du testateur, ce qui rendait l'établissement d'Herpillis assez difficile; aussi Herpillis, en apparence du moins, resta-t-elle fidèle à Aristote.

Gnatène, dont on ignore la naissance et la mort, mais dont il reste quelques mots spirituels, est la Sophie Arnoult. de son époque.

C'était elle qui avait placé dans son antichambre ce code d'amour dont nous avons parlé.

Klle soupait chez Dexithée, son amie ; on apporta sur la table un très beau poisson dont Dexithée fit aussitôt emporter la meilleure partie.

— Que fais-tu donc? dit Gnatène.

— Je fais porter ce poisson chez ma mère, répondit Dexithée.

— Alors, dit Gnatène, allons souper chez ta mère.

Tne autre lois, c'était à elle de traiter à son tour; le poète Dvpile était un de ses convives, il savourait une coupe d'eau glacée.

— Par quel procédé, dit-il, as-tu donc un puits qui donne de l'eau si merveilleusement froide?

— J'y jette les prologues de tes pièces, répondit Gnatène.

Le mot était plus brutal que spirituel ; mais, grâce à lui, nous savons au moins qu'il y avait un auteur dramatique nommé Dypile.

Phryné, la courtisane pâle, était de Thespie; comme l^mia, elle ruina une partie des amants qui la |>ossédèrent ; aussi outre ses deux noms de Mnesarète et de Phryné, les uns l'appelaient-ils encore la Cribleuse et les autres Carvhde.

Phryné amassa d'immenses trésors. Alexandre venait de détruire Thèbes ; Phryné proposa de la rebâtir à ses frais, pourvu qu'une pierre des murailles portât cette inscription :

Thèbes fut abattue par Alexandrk

ET

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