‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 208 sur 214 · AH · texte numérisé non relu

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i OUI ! ISASKS.

comme dit Horace. Les anciens appelaient la fièvre d'amour lièvre saphique. C'est de cette fièvre que le jeune Antiochus était atteint lorsqu'il fut guéri par Érasistrate.

Sapho a composé neuf livres de poésies lyriques ; puis encore des élégies, des iambes, des épithalames et des monodies.

Deux pièces seulement sont parvenues jusqu'à nous, l'une conservée par Longin, l'autre par Denys d'Halicarnasse. Ce sont deux odes : Boileau a traduit l'une d'elle. Tout le monde sait par cœur cette traduction qui, même en passant par la plume de l'auteur de l'art poétique, a conservé une partie de sa fureur amoureuse.

Cette ode est adressée à une femme.

Sapho était la dixième muse de l'antiquité, et on lui rendit des honneurs royaux et presque divins. Exilée de Mililène pour avoir pris parti avec le poète Alcée contre le tyran Pittacus, les Mitiléniens gravèrent son image sur leur monnaie.

Après son départ de la Sicile où elle était restée pendant son bannissement, les Siciliens lui élevèrent une statue.

Malgré ses instincts tout masculins, Sapho avait épousé un riche habitant de l'Ile d'Andros. L'histoire a conservé son nom : il s'appelait Cercala. Ce dut être un mari bien heureux.

L'histoire aussi a conservé le nom de ses maltresses les plus aimées : c'étaient Andromède, Mégare, Cyrne, Mnaïs, Pyrrhine, Gon* gile, Anagore, Cydno, Eumia, Athis, Anactorie et Thélésille.

Malheureusement, comme le dirent les poètes, l'amour outragé devait se venger un jour ou l'autre.

L'amour poussa Phaon vers Lesbos.

Phaon était un beau pécheur. I n jour qu'il s'apprêtait à passer de l'une à l'autre de ces charmantes lies de l'archipel qui s'élèvent au dessus des flots de la mer Ionienne comme des corbeilles de roses, une jeune fdle voilée viut lui demander le passage. Phaon la fait asseoir, guide la barque, et aborde heureusement au but qu'il s'était promis. Alors la jeune fille se dévoile, Phaon ébloui tombe à genoux, \jà belle passagère était Vénus elle-même.

Alors, comme toute peine mérite salaire, Vénus donna à Phaon un vase rempli d'une essence divine. Cette essence avait la propriété de faire aimer celui qui s'en était servi une fois seulement.

Le beau Phaon se frotta d'essence, et pour faire l'essai de son jHHivoii descendit à lx»sbos.

<:oim*riSANKS.

Vénus était la déesse la plus puissante de l'antiquité. Les lesbiennes aimèrent Phaon.

Et parmi les Lesbiennes, Saplio l'aima plus que tout autre. On sait la mort de la pauvre muse, mort qui rachète sa vie. Sapho est la Madeleine grecque.

Maintenant deux mots sur Aspasie, et nous aurons accompli le cercle des grandes courtisanes antiques.

Aspasie naquit à Milet, patrie des fables et des courtisanes.

Son père la voyant si belle, l'histoire ne dit pas à quelle secte philosophique le père d'Aspasie appartenait, son père ta voyant si belle, comprit que les dieux n'avaient pas formé une telle merveille pour le bonheur d'un homme, mais pour les plaisirs de l'humanité.

Aspasie reçut en conséquence une éducation en harmonie avec la mission qu'elle devait accomplir.

Athènes, à cette époque, était le foyer de l'intelligence universelle. C'était l'époque de la gloire militaire et artistique d'Athènes. Aspasie vint à Athènes, et y ouvrit une école qui rendit bientôt déserte celle du vieux Socrate.

C'était une école d'amour ; les plus belles tilles de la Grèce y recevaient des leçons sur l'art d'aimer et de se faire aimer.

Périclès et Alcibiade devinrent les auditeurs les plus assidus de ces cours merveilleux.

Périclès était le chef de la république; Périclès était amoureux d'Aspasie.

Vers ce temps, deux jeunes Mégariens enlevèrent de force deux courtisanes attachées à la belle Milésienne. Aspasie exigea que Périclès réclamât de Mégare les deux courtisanes enlevées, et comme Mégare ne voulut pas les rendre, Athènes fit la guerre à Mégare.

Périclès était devenu fou d'Aspasie ; il ne pouvait plus quitter sa maîtresse. 11 fallut faire la guerre à Samos. Aspasie et ses courtisanes s'embarquèrent avec Périclès, et allèrent faire avec lui le siège de Samos.

t'n seul désir restait à Aspasie, c'était d'épouser Périclès; mais Périclès était marié. Périclès répudia sa femme, et épousa Aspasie.

Tout ceci faisait beaucoup rire la Grèce. Les sages attaquaient Périclès, les comédiens raillaient Périclès, les journaux du temps disaient pis que pendre de Périclès. Mais tout en attaquant sa con-

i:OM»TISANKS.

duite privée, ils perdaient de vue sa conduite publique. Tout doucement Périclès s'emparait de la république, comme Aspasie s'était emparée de Périclès.

Périclès mourut.

Aspasie qui avait su devenir la femme de Périclès, ne sut pas être sa veuve. Elle épousa un gros marchand de bestiaux, un Lisiclès, je crois, espèce de Turcaret qui s'était enrichi dans les guerres de Mégare et de Samos, en fournissant les vivres de l'expédition.

Et cependant telle était le crédit d' Aspasie, qu'elle éleva son nouvel époux jusqu'à une des plus hautes magistratures de la république.

Enfin, j>our ajouter un dernier rayon à la gloire de la maîtresse d'Alcibiade, de la veuve de Périclt s et de l'épouse de Lisiclès, Cyrus le jeune, voulant donner à sa maltresse Mitto un nom qui rappelai toutes les perfections, changea son nom de Mitto en celui d' Aspasie.

Voilà ce qu'étaient les courtisanes chez les Grecs. Mêlées à la religion, à l'art, à la politique, elles font parler les dieux, elles inspirent Phidias et Praxitèle, elles conseillent Périclès.

D'où vient que cette influence se perd chez les Romains ?

I n court parallèle entre les deux peuples donnera l'explication de cette différence dans la position sociale des courtisanes à Athènes et à Rome. Bien entendu que nous nommons ces deux villes. Tune comme le centre de la civilisation grecque, l'autre comme le centre de la civilisation italienne.

Les Grecs, ces types les plus beaux de la plus belle race, c'està-dire de la race caucasique, aimaient le beau par dessus toute chose, doués qu'ils étaient par la nature, d'une organisation fine, élégante, supérieure, essentiellement apte à percevoir toutes les nuances de la beauté.

Aussi les Grecs avaient-ils en quelque sorte établi la beauté sur des règles mathématiques.

Voyez leur Jupiter Olympien, leur Junon, leur Vénus, c'étaient des types arrêtés, convenus, calculés entre les statuaires et les peintres. Vous reconnaissez leurs dieux à la première vue, impossible de confondre Apollon avec Bacchus, ou Castor avec Mercure.

MM RI ISAXKS.

C'est qu'ils avaient on quelque sorte étalai une échelle de beauté qui montait de la terre au ciel, et redescendait du ciol à la terre.

Ainsi Télèphe était le type de Fenfant ; Canvmède, le type de l'adolescent: Paris, le type de l'homme ; Castor rt Pollux. 1rs types du demi-dieu: Mercure, le type du dieu inférieur: Apollon, le type du dieu supérieur: Jupiter, le type du grand dieu.

Puis après être monté au ciel par les hommes et les dieux, ceitr échelle redescendait vers la terre par les déesses et les femmes,

Vénus était l'anneau ((tu scellait une des extrémités de cette chaîne au ciel. Hélène étail l'anneau qui scellait l'autre extrémité de celte chaîne à la terre.

L'intervalle était rempli par Iris la messagère; par Nérée, la reine «les flots hleus: pei Cahpso, la nymphe des forêts.

Il ne faut donc pas s'étonner de la toute puissance de la heauté « liez un pareil peuple.

Mais les Homains étaient bien loin île ressembler aux Crées: ils leur avaient pris, il est vrai, leur littérature, leurs lois, leur civilisation, mais ils n'avaient pu prendre le génie grec enchaîné avec Prométhée au sommet du mont Othrys. I^s Romains, peuple de laboureurs, peuple grossier, sans imagination, n'ont jamais eu un véritable amour de l'art. I n l»oau matin le caprice du bran lem prit, il est vrai, mais alors comme iis commençaient à êtrr riches, ils trouvèrent qu'il était bien plus simple d'envoyer chercher le

beati à Ailleurs, ii Corinthe et a Delphes, et de l'acheter tout fini,

que de l'inventer eux-mêmes.

Il en fut de même des courtisanes. Quand les Homains, pour se mettre à la mode grecque, voulurent eux aussi avoir des courtisanes, ils en firent acheter. Aussi les Homains. maîtres en débauche, étaient-ils fort ignorants en voluptés.

Cherchons quelque grande courtisane romaine à opposer aux dix courtisanes grecques dont nous avons esquissé l'histoire: nous n'en trouverons pas.

Cynlhie, Délie, Lesbie, Corinne, étaient des courtisanes, il rst vrai; niais que savons-nous d'elles : leurs noms, consacrés par les plaintes de Properce, de ïihulle, de Catulle et d'Ovide. A quels grands événements se sont-elles mêlées, on l'ignore. Il y avait aussi une l.vcisca; niais que sait-on d'elle, que Messaline prenait son nom et sa perruque blonde pour courir les lupanars rt 1rs corps-de-garde.

Non, la vraie courtisane chez, les Homains, c'est la tille des em-

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COI Kl ISANKS.

pereurs. c'est la more des empereurs, c'est la femme de» eiuperriiis.

I *a vraie courtisane, c'est Livie, qui, couchée au pied de la statue de Priape, se faisait heurter elle et son amant par les porteurs de la litière d'Auguste La vraie courtisane, c'est Messaline, qui rapportait jusque sur l'oreiller de Claude l'odeur des lieux infâmes qu'elle venait de hanter. La vraie courtisane, c'est Agrippine, qui, prévoyant sa mort parricide, fit, au dire de Suétone, de si étranges et si publiques tentatives pour devenir la maîtresse de son lils.

<;m;imsAMKS.

Puis aux meurtres de Caligula, aux folies de >iéron, aux débauches d'Klagabale succédèrent bientôt les ascétiques commencements d'une ère nouvelle. Le Christ, armé du fouet, avait chassé les vendeurs du temple ; les apôtres, armés de sa parole, chassaient la débauche de la société.

Pendant plusieurs siècles la courtisane s'est réfugiée en Orient, où on la perd presque de vue, à Carthage, à Alexandrie, à Byzance; puis, chose bizarre, elle reparaît au moyen-Age; où cela? à la cour des papes. Voyez l'histoire d'Olympia.

Est-ce une courtisane que cette blonde Lucrèce qui, maltresse de ses deux frères, complice de la mort de son troisième mari, s'en va toute sanglante présider la cour de Ferrare, et distribuer les couronnes de la poésie et les sourires de l'amour à l'Arioste et à Bembo.

Au reste, regardez du coté de l'orient, c'est de là que la courli-

Î8K coi it ri s a. M. s.

sa ne va revenir avec les arts et la science. Chassés de Constantinoplc par Mahomet 11, Florence se proclama l'Athènes moderne : I eurent de Médîcis est le Platon de cette nouvelle académie; les jointures grecques reparaissent le long des murailles, dont elles chassent les peintures chrétiennes. Bianca Capello fuit nuitamment de Venise avec son amant Bonaventuri, et monte sur le trône de Toscane avec le fils de Cosme-le-Grand .

A la suite des idées grecques, la courtisane est rentrée dans la société chrétienne.

François l"r, le roi très chrétien, passe sa vie, tiraillé entre madame d'Étampes et Diane dé Poitiers, après quoi il meurt d'une maladie que l'avocat Féron va chercher dans un lupanar de la rue du Pélican, léguant à Henri 11, avec le trône de France, Diane de Poitiers, son ancienne maîtresse.

Puis, pour qu'aucun vice de l'ancienne Grèce ne soit étranger à la société moderne qui se corrompt, vient Henri III, entouré de ses favoris, et la race des Valois s'éteint dans des amours antiphysiques et dans des embrassements monstrueux.

C'est alors qu'apparaît Henri IV entre madame de Verneuil et Cabrielle d'Fstrées, comme François 1er, entre Diane de Poitiers et madame d'Ktampes.

C'est qu'une nouvelle société se forme, sur laquelle la femme . va prendre une énorme influence; à la langue de Rabelais, langue inintelligible à force de science, succède la langue de Montaigne, dont Corneille et Molière feront la plus belle, tandis que Itacine en fera la plus douce langue du monde. Les femmes rentrent donc par tous les points dans la société dont on les a exilées. I.a duchesse de Chevreuse et madame de Longueville mènent la Fronde ; Marion de Lonne conspire avec Cinq-Mars contre le cardinal de Hichelieu, ou plutôt encore sert d'espion au cardinal de Richelieu contre Cinq-Mars ; mademoiselle Paulet et mademoiselle de Scudéri fondent l'hôtel de Rambouillet ; madame de Sévigné écrit des lettres qui resteront des modèles.

Deux grandes figures de courtisanes nous apparaissent, l'une s'appuyant sur le xvir siècle, l'autre penchée sur le xvui*. Ces deux figures sont celles de Marion de Lorme et de Ninon de l'Knelos.

^ue vous dirai -je de Manon de Ixiriue, dont la vie est. si bnl-

couurisAMKs.

lante et dont la naissance et dont la mort sont si obscures : estelle née en Franche-Comté, comme disent les uns, vers la fin de l'année 1606 ? est-elle née à Chalons en Champagne, comme disent les autres, vers la fin de l'année 1612 ou 1615? est-elle morte en 1650, à l'âge de trente-cinq ans; est-elle morte en 1741, c'est-àdire à cent trente-quatre ans? a-t-ellc vu, célibataire, passer son convoi ; a-t-elle répété ces vers que l'on fit sur elle, lorsque le bruit de sa mort se répandit?

La pauvre Marion de Lorate De si rare et plaisante forme, A laissé sa vie au tombeau.

Son corps si plaisant et si beau

Ou bien n'esl-elle descendue dans ce tombeau, resté près de cent ans vide et béant pour l'attendre, qu'après avoir successivemeni épousé un lord, un chef de bandit et un procureur.

Cela, c'est ce que je ne sais point, c'est ce que les contemporains n'ont pas su, c'est ce que personne ne sait encore; mais ce que personne n'ignore, c'est qu elle fut tour à tour la maîtresse de Cinq-Mars, de Richelieu, de Bassompierre, de Desbarreaux, de d'fcmerv, du chevalier de Grammont, du duc de Bris sac et de SaintoEvremont .

Lais n'avait pas fait mieux dans l'antiquité; passons à Aspasie.

Ninon de l'Enclos, inoins la guerre de Mégare, est l'Aspasie moderne: philosophe comme Aspasie, elle fut élevée par un père philosophe; seulement le père et la fille appartenaient à deux sectes différentes; le père était épicurien, la fille était sceptique. Il y avait un étrange débat dans la famille: la mère, bonne et pieuse femme, voulait faire de Ninon une religieuse; le père, homme de plaisir, voulait en faire une courtisane. Ninon eut donc à peu près son libre arbitre ; son tempérament l'emporta vers le plaisir à quinze ans. Ninon ouvrit à Paris une école à peu près pareille à celle, qu'au même Age, ouvrit Aspasie à Athènes. Le jeune Sévigné fut son Alcibiade, le grand Condé fut son Périclès, La Nochefoucault fut son Socrate; puis vous savez les noms de ses autres amants: Céligny, Yillarceaux, d'Albret, d'Estrées, d'Efliat.Gersey, Clérembaul, Kemnie, Gourville et le confiant ht Châtre qui dormait tranquille sur son billet ; puis, de ses amants, passons à ses amis : La Bruyère

31)0 < orimsANKs.

lut chez elle ses Caractères ; Molière, son Tartuffe ; Voltaire, ses premières poésies. Quand Christine. la reine philosophe, vint à Paris, elle voulut voir cette courtisane, que les plus grandes dames et les plus grands seigneurs de l'époque appelaient leur chère Ninon, et la reine Christine, en quittant Paris, déclara qu'elle n'avait rien vu de plus charmant qu'elle; et cependant, à la tin de sa vie. cette INinon si heureuse, si brillante, si vantée; cette Ninon qui, à quatrevingts ans, avait voulu avoir le dernier mot de l'amour avec le frais et galant abbé de Chàtcauneuf, à la tin de sa vie, cette Ninon disait : — Qui m'eût proposé une pareille existence, et je me serais pendue !

Mais Ninon s'aperçut trop tard du vide de cette existence en apparence si remplie ; elle ne se pendit pas et fit bien, car elle mourut de vieillesse à quatre-vingt-douze ans.

A la courlisane politique, Manon de Lorme; à la courtisane couronnée, madame de Montespan, à la courlisane philosophe, Ninon de l'Enclos, succédèrent les Camargo, les Sophie Arnoull.

C'était déjà de la décadence; il y avait peut-être plus d'esprit, il y avait de moins de hautes manières, l'aristocratie succédait à la grande seigneurie : le règne des tilles d'opéra commençait.

A part son nom, il reste peu de souvenirs de la Camargo ; elle tut un instant à la mode, voilà tout ce qu'on en sait ; quant à Sophie Arnoult, elle a laissé la réputation d'une des femmes d'esprit de ce siècle, où l'esprit courait les rues. Tout le monde connaît ses adorables réparties; malheureusement celles qui sont moins connues ne peuvent pas s'écrire.

Puis vint la révolution, époque pendant laquelle on s'occupa peu de plaisirs et d'amour; non pas que nos septembriseurs et nos guillotineurs fussent ennemis des femmes : Danton les aimait fort, et Marat, tout hideux qu'il était, ne les méprisait point; mais ces messieurs étaient de tristes amants. Comme ils avaient, en général, la prétention d'être incorruptibles, ils payaient assez mal les plaisirs qu'on leur laissait prendre plutôt par crainte que par sympathie. Mademoiselle C , de la Comédie Française, avait le malheur de se trouver dans ce cas ; elle avait cédé à un terroriste fameux, qui avait oublié de reconnaître ses bontés autrement que par le don de sa propre personne, ce qui paraissait assez médiocre à l'actrice, que ses relations antérieures avec l'aristocratie déchue

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