‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 33 sur 214 · I.KS IMU <;KS KT l.KS SOI HICIKKKS. I7î · texte numérisé non relu

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durée en plusieurs endroits, dont le pantalon mal rapiécé n'est plus qu'un hideux assemblage de loques; de l'or chez cet autre dont les joues raves el la ligure amaigrie sembleraient annoncer la misère el le besoin, el qui a pour eliaussure des bulles à Iravers lesquelles ses pieds nus se mollirent en plusieurs endroits.

un.- penseï <!»• ces dispara t es V ces messieurs soin bits pour Ater toute confiance dans l'aspect <!•• h misère et du malheur.

l'uni comprendre ce qui se dit dans un bouge, il est indispensable de savoir l'argot, c'est la langue familière des habitués.

Hum h me de Bond} . derrière le corps do-garde du Gbateaud'Eau , existe un endroit connu sous le nom «le Rendez-votu da Quatre Billards, et cependant il en a sept. Sept billards presque toujours occupés jour et nuit! jugez quelle quantité d'habitués, et combien dans Paris il y a de ces hommes que VOUS prendriez pour des mendiants, et qui passent leur vie à jouer, à boire, à se livrer •i la paresse, lorsqu'ils ne l'ont pas pis.

Suivez ce jeune homme qui compte a peine seize ans ; il est grand,

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mince; sa ligure est l»elle el presque franche, et ses veux Meus, assez doux, n'ont |uis encore toute l'effronterie du vice; seulement la fatigue semble abattre la vigueur, la vivacité de son âge; sa démarche est déjà lourde et nonchalante ; une hlouse bleue assez propre, un pantalon de drap gris, de Ihjus souliers, une casquette presque neuve composent sa toilette. Il va passer devant le bouge et ne sait s'il veut y entrer, lorsque deux Mitre* personnages arrivent cl vont à lui.

C'est un homme d'une trentaine d'années, petit, trapu, noir et hideux de figure; il porte sur sa tété une espèce de bonnet qui n'a plus de forme, mais qui a conservé un énorme gland cpii se balance sur son front dont il cherche à balayer la poussière; il a sur le corps un mauvais bourgeron gris jaune, et un pantalon en toile a

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torchons (|ui ne lui descend qu'à mi-jambe. Le sourire de cet homme, qui laisse voir deux énormes dents placées comme des défenses de sanglier, a quelque chose d'effrayant et d'infernal.

L'autre individu est grand, maigre comme un squelette, jaune de visage, excepté le nez qui est d'un rouge violet; il a l'air morne el le regard fauve. Celui-là |>orle quelque chose qui doit avoir été un paletot, mais qui, faute de hou tous, s'attache avec des ficelles; il a sur la léte la forme d'un vieux chapeau rond qui n'a plus de bord; un échantillon de toile à matelas, roulé comme une corde, lui sert de cravate. Il tient ses deux mains dans ses poches qui semblent bourrées d'une foule d'objets.

— Kh bien, mônu, est-ce que tu vas passer comme ça? dit le plus petit des deux hommes en tapant sur l'épaule de l'adolescent. Ksl-ce que tu vas courir dans la tvrgwr, au lieu d'entrer jaspina avec les r<et<x.

— Ah! c'est toi, Coquardel! répond l'adolescent. Tiens, v'Isï aussi le grand lA'flanqué... C'est que j'allais travailler, voyez-vous... quoique j'aie plutôt envie de pioncer!

— Oh! c'te sorbonne! viens donc plutôt louper avec nous! voilà Jeux crosses et une mèche oui flambent... Est-ce qu'on travaille tant qu'on a de la douille! Allons, Léflanqué, débride la lourde, que nous entrions avec le moutard!

Le grand misérable que l'on nomme Léllanqué a ouvert la porte du bouge; l'adolescent se laisse entraîner, et le voilà au milieu d une foule d'hommes de l'espèce de ses deux amis, qui le regardent en se lançant entre eux des regards d'intelligence. Un le fait lioire, on le fait jouer; il sort deux pièces de cinq francs de sa |>oche, et l'individu qu'on appelle Coquardet s'écrie ;

— Bigre!... pus qu' ça de balles! Est-ce «pie lu as une cathbroussc qui te donne de la blanquette '.'

— Non... non !... c'te farce! au contraire, car hier on a volé, dé- \alisé chez nous pendai t que j étais à louper el que ma mère élail

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allée reporter son ouvrage; on est entré chez nous... on a fait un paquet de nos elïèts... les bardes de nia mm»... toutes si's économies, ou a tout pris!... nous n'avons plus rien... Pour avoir du pain , ma mère s'est déridée à vendre une petite brorante qu'elle avait au doigt... Je viens de la porter au marchand qui m'a donné dessus ees deux roues de thrrière, et ma mère attend après pour mander... et si je les jour... et que je perde...

— .N'aie donc pas peur!... pouze! nous avons du jour nous autres, et on t'en donnera, si tu es sur le sable!

l/adolescent se laisse aller; il joue et perd les deux pièces de cinq francs qu'il devait porter à sa mère; puis le hideux C.oquardet lui joue sa blouse contre son Inuirgeron; le grand l.étlanqué lui gagne sa casquette neuve et lui donne à la place sa forme de chapeau privée de bords. Kntin, pendant qu'il est en train déjouer son Imhi pantalon île drap gris contre celui en toile à torchons, de nouveaux individus entrent dans le bouge et s'approchent de la table où sont les joueurs. L'un d'eux frappe sur l'épaule de Léllanqué, en s'écriant :

— Kh ben, l'affaire a marché hier... tu as bouline avec Co- ' quardet dans la rue Fontaine au lloi... Je t'ai vu décarer par lit

lanterne y il était temps... vous auriez ('iv paumés murron !

Pour toute réj>onse, les deux hommes auxquels ces paroles s'adressent partent d'un ricanement prolongé et versent à boire a l'adolescent. Cependant celui-ci, qui n'est encore qu'à moitié gris, semble frappé de ce qu'il vient d'entendre; il regarde l'individu qui vient de )>arler et s'écrie :

— Comment... rue Fontaine au Uni — hier... qu'est-ce qu'ils ont donc fait Y

— Ils ont été griurhir donc!...

— Ft chez qui Y

Chez qui... eh mais... est-ce que tu ne sais jmis .. chez la mère... c'est eux qui oui rinn sa < <nnl>t ioh . . . Comme je te voyais

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