‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 35 sur 214 · I.KS ttlUCKl Kl Lks sol Kir.lÉHKS · texte numérisé non relu

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aussi renommées pour leurs bouges ; là, une méchante armoire est devenue une rhambre, et cette chambre est habitée |>ar une femme.

Dans une autre Souricière, située près de la barrière Mont- Parnasse, il y a (non pas un salon, non pas même une salle ), mais un caveau que le maître de re repaire offre avec orgueil comme étant assez vaste pour que deux cents chiffonniers puissent s'y promener à l'aise avec leur cabriolet sur le dos. Quel raout ! lorsque la réunion est complète.

Mais un des bouges les plus curieux est dans la rue aux Fers.

C'est un fameux débit de consolation. Il est situé au fond d'un**

cour; il n'y a là ni boutique, ni salle, mais une espèce de couloir

dans lequel se tiennent les habitués.

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Ce couloir, qui est presque toujours plein, sert de domicile à des gens qui n'ont pas même de quoi aller à la Souricière. Là, vous voyez des hommes passer toute une nuit debout contre le mur du corridor, sur lequel ils sont adossés; bien heureux encore lorsqu'ils ont pu attraper une place au mur; elles sont très recherchées, parce qu'au moins on peut s'y appuyer.

Kt dans cet endroit vous trouverez toujours un beau parleur, un loustic, qui tient le dé dans la conversation, et qui met beaucoup de vanité à donner de l'agrément à son auditoire.

Ainsi, au milieu d'une nuit que les honnêtes habitants de Paris employaient sans doute à dormir, dans un de ces bouges où la société était fort nombreuse, un beau parleur avait amené la conversation sur l'exécuteur des hautes œuvres de Paris, et il en faisait le portrait, lorsque tout à coup un des auditeurs s'écria d'une voix rauque :

— Tu dis des blagues... tu parles de choses que tu ne connais pas! Tu nous dis que le bourreau d'ici est petit, moi je te dis qu'il est grand !

— 11 est petit.

— Il est grand.

— Mais, mon cher, je le connais bien peut-être, puisque c'esl lui qui m'a marqué.

I,KS CHKMINS IIK KKIt.

Ail» / me Saint-Lazare, chaussée d'Antin, vous trouverez l'embarcadère' |mhu- Saint-OrnMÛn, pour Versailles, rive droite, et tous

charmants bourgs ou villages qui seuil sur la roule.

Allez à la barrière .Mont-Parnasse, vous trouverez l'embarcadère pour Versailles, rive gauche; allez derrière le Jardin des Plantes, vous pourrez partir par le chemin de fer qui va à Corbeil.

Jusqu'à présent nous n'allons pas plus loin... mais patience! on nivelle, on creuse, on construit des ponts... des souterrains; incessamment nous irons déjeuner au Havre avec des huîtres, puis dîner à Strasbourg avec un pâté de foie!... Quelle source de jouissances nous promettent les chemins de fer!

Et quelle source d'instruction!... nous avons encore tant de Parisiens qui n'ont pas vu la mer... tant de touristes qui n'ont point aperçu la cathédrale de Strasbourg, tant de voyageurs enfin qui n'ont voyagé que dans leur cabinet... avec une carte géographique

I SN CHKMl.NS DE FER.

Stir une lubie, 1rs pieds sur leurs chenets et le corps enveloppé dans leur robe (Je chambre... c'est moins fatiguant... mais ce n'est pas aussi instructif,

El d'ailleurs voyager en chemin de 1er ne fatigue pas; c'est un plaisir, un agrément... on se sent rouler avec une douceur inconcevable, cm plu lot on ne se sent pas rouler. On voit hur devant soi les arbres, les maisons, les villages... tout cela passe! passe... bien plus vite que duns une lanterne magique... et tout cela est véritable, vous n'êtes point le jouet de l'optique!... Le chemin de 1er est la véritable lanterne magique de la nature.

Aussi on ne saurait se faire une idée de l'enthousiasme, de la joie, de l'empressement avec lesquels les Parisiens ont accueilli le rhemin de fer. \a> premier sur lequel ils purent se lancer fut celui

LES CHEMINS Dt! KKK. 189

de Saint-Germain; les trois quarts des habitants de la grande ville firent en peu de temps le voyage de Saint-Germain.

Toute une famille arrivait pour se livrer aux douceurs d'un voyage en chemin de fer. Arrivée à l'embarcadère, cette famille si unie commençait par se perdre. Après avoir pris des billets, l'un courait par un chemin, l'autre prenait une galerie, celui-là attendait dans une salle. Mais bientôt ou entendait le signal pour se rendre aux voitures; alors tout le monde se pressait, se poussait, se mêlait; chacun voulant arriver avant son voisin et craignant de ne plus parîir. Les Français n'ont jamais eu beaucoup de patience : ils veulent que les choses aillent tout de suite vite et bien; sans cela ils sifflent, sauf à se demander après s'ils n'ont pas eu tort de siffler.

Alors, de toute cette famille qui s'était rendue au chemin de fer, pour goûter ensemble les agréments de ce voyage, il était fort rare que deux personnes se trouvassent dans la même voiture.

L'un s'élançait dans un wagon, l'autre dans une diligence, celuici à la tête, celui-là à la queue du convoi. Après s'être casé dans la voiture, on regardait autour de soi pour reconnaître ses amis, ses parents... on ne voyait que des visages étrangers.

Alors on se levait en disant :

— Pardon, je me suis trompé... je ne suis pas avec mu société, je dois être placé ailleurs...

Mais vos voisins vous engageaient à vous rasseoir en vous disant :

— Il n'est plus temps... nous sommes partis; on ne descend plus.

— Comment... nous sommes partis!

— Certainement, nous roulons depuis une minute.

— Oh! c'est extraordinaire... et je ne m'en suis pas aperçu... et je ne me sens pas rouler.

— C'est ce qui en fait le charme.

Il fallait se décider à rester it sa place. Arrivé à la descente au l'ecq, on courait encore pour se rejoindre. L'un disait : Ils sont devant; l'autre : Us sont derrière. — Courons, nous Ips rat frapperons.

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