‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 46 sur 214 · I.KS DAMII 40 MAHC11K · texte numérisé non relu

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maussade! répondeuse... C'est au point que souvent je fais les choses moi-même pour ne pas les lui demander.

— Ah! Dieu, je ne garderais pas long-temps une bonne comme celle-là .

— Bonjour, mesdames, dit en passant une grande dame longue et maigre, dont la ligure rappelle celle d'un chien de porcelaine :

Vous avez t'ait vos achats; moi je vais voir si le marché est beau... D'abord nous sommes très difficiles, mon mari et moi; nous nous nourrissons très bien, nous ne mangeons que ce qu'il y a «le meilleur.

— Mais c'est assez le goût de tout le monde , dit madame Benjamin en souriant avec malice à madame Legras.

La nouvelle venue ouvre le panier de celle-ci , et s'écrie :

— Vous avez du poisson... Ah! quelle petite tranche... il n'y aurait pas deux bouchées pour mon mari... Vous avez des pigeons... Uh! qu'ils sont maigres, il m'en faut de plus beaux que ça... voyons que jp goûte votre beurre... Heim!... ce n'est pas ce qu'il y a do

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meilleur. . . Mon mari est si iliflicile )K>ur le beurre... nous nous nourrissons très bien à la maison...

— Mais, madame, est-ce que vous croyez que nous ne mangeons que du mauvais chez nous?...

— Mon Dieu, ma chère amie... je n'ai jamais eu l'intention de dire cela... Mais vous savez qu'il y a des personnes plus ou moins difficiles. Adieu, mesdames, je vais faire mon marché, ear j'ai peur que toutes les belles pièces ne soient vendues.

— Fait-elle son embarras! dit madame Legras, quand la grande femme est éloignée. Est-ce que cela ne vous fait pas pitié, madame?. . C'est étonnant comme ils se nourrissent bien, elle et son mari : je suis allée chez eux un jour, je les ai trouvés qui dînaient avec un hareng saur et un méchant pilon de dinde... Elle va faire tout le marché, et finira par acheter une betterave! On connaît ça.

Une petite dame qui n'est .plus ni jeune ni jolie, et qui, pour venir au marché, porte une robe à volants et des fleurs sur son chapeau , aborde alors les deux amies en s' écriant :

— Eh! c'est madame Benjamin et madame Legras!... Bonjour, mesdames, vous venez de faire vos provisions?. . . C'est comme moi !. . . nous traitons aujourd'hui, j'ai beaucoup de monde à dîner... M. Bichonneau est terrible pour inviter toujours ses amis à venir manger son bien!... et au bout du compte, c'est qu'on ne vous en a pas plus d'obligation!... Enfin, que voulez-vous?... quand je crierai!... c'est sa manie... Neuf personnes à traiter aujourd'hui... et puis nous trois avec mon Phonphonse, ça fera douze... C'est très heureux encore qu'il n'en ait pas invité dix, nous aurions été treize! Je ne me serais pas mise à table!... et dans ces neuf personnes nous avons ce gros peintre flamand qui mange comme quatre, et M. Lecarlin, qui boit que c'en est effrayant!... Mais qu'est-ce que je vais donc donner à tout ça , mon Dieu ! . . .

— Le poisson est-il cher?

— Hors de prix!...

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