I.KS TKOTTMKS
Iaîs temps du trottoir sont enliii arrivés ; les rues de Paris finiront sans doute par en avoir toutes; en attendant, beaucoup en sont déjà pourvues. Dans les rues neuves et larges , les trottoirs sont larges et beaux ; dans les rues étroites , les trottoirs sont bien obligés de l'être aussi, ear enfin il faut laisser au moins de la place pour deux voitures, qui à chaque instant peuvent se croiser.
Dans quelques rues, le trottoir n'apparaît encore que de distance ♦•ii distance... on fait dix pas dessus, puis on se retrouve sur le pavé, puis on aperçoit encore un petit bout de trottoir, et ainsi de suite : cela donne toujours l'espérance que cette amélioration finira par s'établir tout-à-fait et partout.
On a blâmé les trottoirs, parce que souvent ils sont trop étroits; mais l'excuse est dans la rue elle-même ; et, ainsi que nous venons de le dire plus haut, il faut bien laisser de la place pour les voitures.
Ce que l'on peut souvent blâmer en eux , c'est qu'ils ne sont pas I. 7
"jO I.KS THOTTU1KS.
assez élevés de terre ; et celu est si vrai , que plus d'une fois nous avons vu la roue d'une voiture , dont le cocher voulait sans doute dépasser un confrère, sortir de la voie qui lui est tracée, et rouler quelques secondes sur le trottoir. Alors les malheureux piétons, qui se croient à l'abri de tout danger parce qu'ils sont sur le trottoir, y sont beaucoup plus exposés que partout ailleurs, par la raison qu'ils v marchent de confiance et sans se métier des voitures.
A Paris, les trottoirs oeeasionent souvent des scènes fort amusantes pour l'observateur qui n'est pas pressé... Mais celui qui est pressé quitte le trottoir et n'a pas le temps d'observer.
Chacun veut avoir le coté des maisons. Quand deux personnes se croisent , vous remarquerez d'abord un moment d'hésitation : c'est à qui ne cédera pas. Il faut cependant que l'une des deux se résigne à s'écarter un instant de son coté favori, sans quoi il n'y a pas de raison pour que l'on ne reste pas des heures entières à la même place, vis-à-vis l'un de l'autre.
Quelquefois, après avoir voulu tenir bon, les deux personnes se décident en même temps à céder le passage. Alors vous savez ce qui en advient : vous vous choquez le nez l'un sur l'autre ; pour échapper à ce vis-a-vis qui vous bouche le passage, vous vous hâtez de vous jeter de l'autre côté ; malheureusement le vis-à-vis, qui éprouve la même contrariété que vous, en fait tout autant, et vous vous recognez le visage tous les deux. Cela dure quelquefois fort longtemps, et il n'y aurait pas de raison pour que cela se terminât, si l'une des deux personnes ne se tenait tranquille, en disant à l'autre ; Allons, passez donc, et «pie cela finisse.
Il y a des gens qui, sur un trottoir assez étroit, s'amusent à causer avec quelqu'un qu'ils viennent de rencontrer, de façon que l'on ne |K;ut plus jiasser ni à droite ni à gauche , et qu'il faut descendre sur le pavé, au risque de se faire éclabousser ou écraser par les voilures parce qu'il plaira à ces gens-là de causer en plein trottoir.
Quand vous vous trouvez demère de telles personnes, vous ave/.