‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 8 sur 214 · LES TROTTOIRS · texte numérisé non relu

LES TROTTOIRS

sant le vôtre vous rencontrez le chapeau d'une dame. L««s plus heureux sont alors ceux qui n'ont pas de parapluie. Ils se faufilent , à couvert par ceux qui en ont.

Il y a encore des êtres privilégiés, pour qui le trottoir a toujours de la place, et auxquels hommes et femmes, élégants et petitosmattresses s'empressent de céder même le coté des maisons.

<> sont les charbonniers et les maçons.

U fiALKTTK.

.Nous avons trouvé à Paris un nouveau moyen pour faire forlune. Oh .'que vous Êtes arriéré, vous qui, pour vous enrichir, croyez qu'il est nécessaire d'aventurer de nombreux capitaux, de faire quelque découverte utile a votre pays ; de vous embarquer pour les Grandes-Indes, l'Amérique ou le Congo, d'aller fouiller les mines de Golconde ou chercher des fourrures dans les déserts de la Sibérie. Pour faire fortune à Paris, il ne faut que de la farine, du heurre... toutes choses que l'on peut assez facilement se procurer, et qui n'exigent pas de grandes avances de fonds; enfin il ne faui que savoir faire de la galette.

Oui, ceci n'est point une plaisanterie, à Paris on fait une fortune brillante, rapide, en vendant de la galette; il ne s'agit que d'avoir la vogue, et une fois que vous avez la vogue, il n'es! plus absolument nécessaire de donner d'aussi bonne marchandise.

Il y a quelques années, un très modeste pâtissier vint s'établir sur

ï I. V ItALETTK. ,

le boulevart Saint-Denis: la boutique n'aurait pas pu contenir trois personnes, aussi n'entrait-on pas : on se tenait dehors, et quelquefois on faisait queue pour acheter de la galette, car c'est presque là Tunique pâtisserie dont il faisait le débit; mais il en vendait toujours et sans cesse ; il en vendait depuis le matin jusqu'à minuit, et quelquefois plus tard encore. l"ne galette n'avait pas le temps de paraître, et le pâtissier n'avait qu'à couper. Cric... crac... de tous cotés on tendait la main, pour recevoir une part de deux sous ou

d'UD sou... et la galette qui venait d'être détaillée était aussitôt remplacée |wr une autre, car, dès qu'il n'y en avait plus, il y en avait encore, et le pâtissier recommençait à couper... Il ne faisait

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