LES DÉBITS 1U. CONSOLATIONS
neuf d'un œil farouche les personnes qui enlrenl dans la boutique, et ils disparaissent quand ils aperçoivent une patrouille on nn servent de ville.
(Test aussi la nuit que se montrent les chiffonniers ; ces industriels au petit croc entrent au débit de consolations se reposer des fatigues de la journée et se préparer à celles de la nuit.
Ensuite ce sont les conducteurs de ces voitures qui ne travaillent pas dans le. jour ; gens fort utiles, sans doute, dont pourtant on redoute toujours la rencontre, ainsi que celle de leur équipage. Mais les habitués de nuit des débits de consolations se montrent beaucoup moins délicats : ils boivent l'eau-de-vie et trinquent avec messieurs les employés aux inodores.
Le petit vieux marchand de bric-à-brac est encore revenu le soir avec son balai chez le débitant de liqueurs, et son ami en veste de toile, qui s'est si bien battu dans la journée avec un particulier en blouse, y arrive aussi dans la soirée avec son œil poché et ayant de plus le nez tout meurtri.
Te v'ià! vieux! dit le petit homme. Eh benî as-tu été vainqueur à ce malin... Tu te battais ferme avec cet animal qui t'a insulté!... Ça allait joliment. C'était un plaisir de vous regarder... Pif! paf! une taloche n'attendait pas l'autre!
Oui, nous nous sommes caressés un brin!... Je lui ai cassé
six dents d'un coup... alors il en a eu assez. Holà!... chose!... deux petits verres... j'ai bien besoin de consolations!... J'ai voulu recorriger mon épouse.,, elle m'a déchiré un peu le nez .. Mais, patience; je la retrouverai ce soir... A ta santé... Deux autres petits verres !
— Vous ferez la paix ce soir.
— Fi donc, la paix! jamais la paix!... Je veux mettre mon ménage sur un bon pied... est-ce que tu me désapprouves?...
— Je ne dis pas ça...
— Ceux qui me désapprouvent ne sont pas des amis:... Et je les