‹ La Grande ville (volume 5)Chapitre 36 sur 51 · E BOULEVART IH* CRIME · texte numérisé non relu

E BOULEVART IH* CRIME

Le boulevart du Temple vous offrira des avant-scènes, des loges de face et des deuxièmes galeries à soixante-dix, quarante et quinze centimes. Pour une somme plus légère encore, il vous introduira dans un établissement qui, seul, lui vaudrait le terrible surnom de boule vart du Crime. Pénétrez donc au salon de figures, ne reculez pas d'épouvante à la vue de l'assassin qui aiguise son couteau, du traître qui vous couve de son œil farouche : ce sont les bagatelles de la porte, et vous allez faire connaissance avec madame Lafarge, l'enfant de Là Villette, Louvel, Papavoine et Fualdès.

Eugène de Mirecourt.

L'HOTEL DES GOMMISSAIRESPRISEUKS

tint CI)«U-s «ollatii.

Habitues de l'Hôtel des Coiunnssaires-Priseurs. — Origine du genre. — Coup d'oeil sur l'édifice — Quelques chiffres. — Droits perçus. — De l'éloquence du commissaire-priseur. — Fascination dangereuse de son regard. — Les roueries de l'affiche. — D'après et par. — Le fameux 1V1 . K...— -Les tuupeurs. — Un Monsieur décoré. — La lutte s'engage. — Belles manœuvres du fameux M. K... — Défaite du père (irimoud. — Malheureuse destinée d'un cheval arabe. — Un vieillard à tète blanche — Le petit bossu et {'allumeur. — Le brocanteur. — Le revideur. — L'étaleur, — Le rapiéceur. — La femme Je ménage. — Les amazones de l'encan — Succursale île la rue des Jeûneurs. — Conclusion.

Le jour où le gouvernement fît fermer les maisons de jeu, il jeta sur le pavé plusieurs centaines d'individus qui ne surent plus où trouver un gîte de midi à minuit. Je ne parle pas ici des tailleurs, croupiers, employés de la chambre, et autres, qui vivaient d'un salaire connu, régulier, légitime ; je parle de ces misérables hères, sans état, sans famille, sans avenir, âgés de quarante à soixante ans, qui, — après avoir humé chaque matin l'atmosphère poudreuse du Palais-Royal, avoir lu les papiers publics, avoir flâné une heure ou deux sous les tilleuls, en dissertant gravement des erreurs du pouvoir, s'être reposés quelque temps sur les bancs de pierre qui bordent les galeries, avoir assisté, les jours de soleil, à la détonation du canon, — s'en allaient, au dernier coup de midi, prendre place autour d'un tapis vert, et là, une pelote et un carton devant eux, une épingle à la main, se mettaient à piquer douze heures de suite sans boire ni manger.

Pour ceux-là, la maison de jeu était littéralement une salle d'asile, un hospice, un refuge. Depuis qu'on leur en a fermé les portes, que sont-ils devenus? Hélas! ils ont abandonné le Palais-Royal, ils se sont dispersés, disséminés. Chacun d'eux s'est mis en quête d'un toit qui put abriter de nouveau son oisiveté, sa vieillesse, ses infirmités, et

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