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papiers que l'on a dû montrer souvent, car ils sont fort sales et très-vieux; on défait le paquet d'un air grave, on fouille au milieu d'un tas de paperasses, on y touche avec précaution et comme si c'étaient des reliques. Enfin on prend une lettre tout ouverte, et on vous la présente en vous disant : — Lisez!
Vous essayez de lire cette missive qui est écrite ordinairement dans une langue qui ressemble à tout, excepté à du français; vous voyez cependant qu'il s'agit d'un illustre infortuné, qui a été obligé de s'expatrier pour une foule de raisons qu'Userait trop long de vous apprendre, et pour lequel on a fait des souscriptions dans toutes les villes où il a bien voulu séjourner.
Et pendant que vous lisez, le monsieur a encore parmi ses papiers une espèce de grande pancarte bien jaune, bien enfumée, couverte de taches d'encre et d'une foule d'autres taches de toutes les couleurs ; il vous la présente en vous disant :
« Voici la liste des personnes qui ont souscrit pour <i moi; veuillez examiner; elle est revêtue des noms les « plus honorables dans les sciences, les arts et le com- « merce. »
Vous jetez un coup d'oeil sur des signatures illisibles; vous ne connaissez aucun de ces noms qui sont là ; si, par hasard, vous en trouvez un de connu, il n'est pas probable que vous puissiez vous assurer si c'est bien véritablement la signature de la personne. Vous commencez à vous apercevoir que ce monsieur, qui s'est présenté chez vous avec tant d'assurance et des façons si dégagées, vient tout bonneirent vous demander l'aumône, cl
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tandis que vous repliez la lettre, en cherchant ce que vous allez lui répondre, il vous dit :
— Mon cher monsieur, vous êtes connu dans Paris pour voire belle âme, votre générosité... Votre nom est dans toutes les bouches. Aussi, lorsque je me suis présenté dans celte ville, chacun m'a dit : — Mais allez voir M***. Vous avez besoin d'argent pour retourner dans votre patrie, il vous en prêtera... Sa bourbe est toujours ouverte pour ceux qui réclament ses services... Demandez-lui sans crainte trois, quatre, cinq cents francs... vous les aurez sur-le-champ!
Pendant qu'on vous débite cela tout d'une haleine, votre figure s'est allongée, et vous répondez alors :
— Monsieur, si ma bourse élait toujours ouverte pour ceux qui demandent de l'argent, certainement elle ne tarderait pas à être vide... car on me demanderait sans cesse; il y a des gens qui trouvent beaucoup plus commode de vivre des secours des autres que de leur travail ou de leur industrie.
— Vous avez raison! Oh! je suis parfaitement de votre avis : mais je suis incapable d'abuser de votre penchant à obliger. Je vous prierai seulement de me prêter deux cents francs, que je vous renverrai dès que je serai de retour clans ma terre de Cracovinsky... et je vous engage à mettre votre nom sur celle liste qui passera à la postérité; car je compte faire élever, dans ma terre de Cracovinsky, une colonne de marbre de Paros, sur laquelle je ferai graver tous les noms qui sont Fur celte liste... avec quelques vers que j'ajouterai, et dans lesquels je célébrerai le mérite de mes bienfai-