‹ La granulation azurophileChapitre 75 sur 91 · TABLEAU · texte numérisé non relu

TABLEAU

MICROLYM- MÉSOLYM- MONOCYTES PHOCYTES PHOCYTES !

OS Re Et + N

pion

POURGENTAGE RAPPORTÉ A 400 MONONUCLÉAIRES

1°e FORME 2e FORME 1re FORME 2e FORME 1 FORME 22 FoRME

nant | te | 'ssnsemnens | © 2 —————— Mile 19 ans ayant reçu 3 gr. 60 d'arsénobenzol 0-16 | 6-19 1-6 14-7 1-1 18-4 48 heures après, 0 25 centigr. 0-12 7-26 | 0-2 11-12 3-3 14-10 M. 28 ans ayant reçu 2 gr. 50, 45 j.avant| 4-14 | 2-47 | 0-4 18-13| 3-0 17 48 h. après une dose de 0.30 centigr.| 1-17 | 5-21 1-3 117 0-3 23-3 | Mile 19 ans ayant reçu 0.65 à diverses périodes (intolér.) Cobaye avant expérience. 5-12 0-1 25-171 y 11-12 48 d'heure après 0,10 ce. de uovarsénobenzol. 1-1 ner 21-45 | 7-12 | 10-108 3/4 d'heure après une nouvelle dose de OO 0-6 7-12 20-9 6-8 9-11.

3 heures 30 après. 0-1 10-5 6-14 19-14 FRA QUES = 0-2 2-6 so 6 en 1 14-15 D LME ee 0-2 5-10 AN IRTET 11-8, AE ; € 02 4-18 000" 95 15 260 1-10 Cobaye 770 gr. avant expérience. 0-3 3-14 21-16 | "01% 5-5 3/4 heures après inject. : 0,02 toxine ; diphtérique. 3-2 7-22| 001.0; M0cs 7-16 7-9.

3 heures après 3 ce. d'antitoxine. 1-3 7-16 | O1 |\46-11 | 14-7 1-6 1 — — = 8-12 24-14 | 12-13 5-3 2h = — G-5 17-92 715-49 9-8 40 NDRLNTEE = 0-2 9-15 25-11"| 11-12 2-0 T jours après. 2-4 8-9 18-13: |.19-23 1-1

mn a a Q al ES 51 rs) Lol Z ca Z ® É D 5 Z & = El < © \E [ Eee = ra on HA = Æ El un Re sl Æ e S D à < NE - + Se a = 2 & 0 (Q € eET$ | arry |couf © el ©

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0-3 1 14.44 20.76 41 4.008 63.23 0,85 4.426 1e LÀ 0-1 45.14 20.93 42 1.029 59.56 4.33 4.050 6.800 3-3 45.58 19.84 44 4.028 63.83 0.70 4.542 6.600 1-2 0-2 13.36 19.24 LA 1.002 63.72 3.99 4.719 7.500 11.88 22.08 35 772 63.90 1.54 4.153 6.500

1-3 | 0-2 15.39 18.24 | 46 2.508 622022 | 6 000 m5; CSN 9,800

dt

moment nous ne pouvons pas plus les discuter que nous n'avons discuté les opinions sur, le chimiotactisme: nous allons voir seulement si la granulation azurophile ou les cellules qui la contiennent, dans des cas semblables, peuvent aussi s'éduquer ou s’habituer à être en contact avec des substances qui, premièrement, avaient développé sur elles une sensibilité chimiotactique, ou, en d’autres termes, si elles peuvent devenir indifférentes à ces substances et si elles ne montrent plus d'attraction avec une toxine après

aclion d’une antitoxine. Dans les expériences effectuées pour. l'étude de ce phénomène de l’accoutumance, on a fait presque

toujours emploi de préparations arsenicales, et dans l'étude de ce fait antitoxique d'un sérum, on a recouru fréquemment à l’antitoxine diphtérique. Besredka, dans ses études avec ces préparations arsenicales, put constater qu'en préparant des animaux avec des doses successives d’un composé arsenical soluble, la sensibilité des cellules sanguines se manifestait par une augmentation plus accentuée de leur nombre, même dans le cas où les doses étaient plus élevées, ce qui n’arrivait pas lorsqu’en injectant des doses mortelles d’emblée, la réaction neutrophile n'était pas manifeste.

Avec l’antitoxine diphtérique, les recherches ont donné des résultats contradictoires aux différents expérimentateurs qui l’ont employée : Nicolas et Courmont ohtenaient après aclion sur le cheval de l'antitoxine diphtérique, une réaclion leucocytaire peu sensible, résultats que contredisaient les résultats de Besradka qui constatait toujours une hyperleucocytose portant surtout sur les polvnucléaires, même lorsquele nombre total de leucocytes n'augmentaitpassensiblement. Gabritschewsky constatait que chez le lapin, en injectant la toxine diphtérique et le sérum antidiphtérique, l’augmentation se faisait dans les 24 heures seulement et qu’ensuile on ne voyait aucune autre augmentation; parfois on ne constatait rien de spécial; ainsi, d’un côté, Besredka eons-

tatail l’hyperleucocytose, d'autre part, Courmont, Nicolas- Gabritschewsky ne constataient pas toujours cette dernière et ne notaient généralement aucune augmentation du nombre . des cellules sanguines.

Prévôt, Brussi, Barbier, étudiant les variations de la formule leucocytaire chez les chevaux soumis à l’immunisation antidiphtérique, ont pu constater que pendant la vaccination d'un cheval, la courbe des globules blancs était hachée de grandes oscillations irrégulières et brusques, correspondant à chaque injection de toxine et allant jusqu’à 80.000 globules blancs par millimètre cube. Chez un autre cheval, la courbe était, au contraire, formée d’oscillations moins fortes, ne dépassant pas 30.000 globules blancs : dans le premier cas les oscillations commencçaient à la quatrième injection et se poursuivaient jusqu’à la fin: dans la seconde, la réaction ne commençait qu'entre la septième et la huitième injection. Ces résultats nous paraissent être semblables à ceux obtenus par Courmont. | | Ce que nous avons obtenu avec des préparations arsenicales, avec la toxine diphtérique et l’antitoxine, a été presque semblable et nous avons donné dans le tableau XXII quelques exemples qui montreront la réaction obtenue sur les cellules à granulations azurophiles.

Avec le néo-arsénobenzol nous avons cherché cette réaclion, en injectant à quelques sujets, hommes et animaux, une dose égale ou plus élevée par rapport à celle qui avait été injectée 24 heures ou quelques jours avant et dans d’autres cas en réinjectant des sujets qui, après plusieurs injections préliminaires, étaient en période de repos depuis un à deux mois. Chez les animaux nous nous-sommes servi de doses toxiques égales aux premières injectées, ou plus fortes.

Ce tableau montre clairement qu'en réalité les cellules à granulations azurophiles peuvent dans certains cas se montrer indifférentes vis-à-vis d'un agent toxique qui, à un

BÉTANCÈS 22

autre moment avait produit. chez elles un chimiotactisme: manifeste: nous constatons dans les exemples rapportés, que les cellules polynucléaires à granulations meutrophiles n'ont pas réagi après la réinjection des préparations arsenicales. Les cellules à granulations mono-oxyphiles, au contraire, on montré une réaction nette, et les cellules à granulations azurophiles comme les cellules polynucléaires neutrophiles, tant par millimètre cube que par rapport'aux autres cellules mononucléaires, sont restées dans les mêmes proportions. Dans un

de nos exemples, chez l'homme, on peut constater que, même:

les cellules à granulations azurophiles sont restées dans les. proportions normales, et plus tard nous parlerons de ce cas: qui est tout à fait spécial et qui a une aulre explication. On, voil clairement que les cellules à granulations azurophiles: n'ont réagi en aucune façon. Chez le cobaye, auquel nous. avons réinjecté une dose de néo-arséno-benzol égale à la première (injectée 48 heures avant), nous constatons qu'après avoir agi par la première injection sur les cellules à granulations azurophiles, le toxique a, cette fois, diminué le nombre des cellules (en nous rapportant aux types sanguins initiaux), et s’il ya eu six heures après l'injection, une diminution par millimètre cube de 2 à 300, si nous regardons le chiffre par rapport à 100 cellules mononucléaires, nous verrons que les. mêmes quantités de ces cellules se sont montrées proportionnellement dans le sang, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de: nouvelles cellules mononucléaires qui présentaient cette granulation. Tandis que ceci s'observe dans les cellules à granulations azurophiles, nous voyons au contraire, que les celluies polynucléaires amphooxyphiles, 3/4 d'heure et3 heures 1/2 après l'injection et jusqu'à 24 heures après avaient augmenté considérablement. Cela peut prouver, comme d'autres. exemples que nous avons donnés, la différence fonctionnelle d'une et d’autre cellule, dans certains cas. Dans l'exemple suivant (injection de toxine diphtérique, puis ultérieurement

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injection d'antitoxine) nous voyons des résultats à peu près pareils aux précédents, surtout dans le chiffre global par millimètre cube des cellules à granulations azurophiles ; toutefois, après injection de l’antitoxine, il y a une grande augmentalion qui a persisté avec légère variation jusqu'à 7 Jours après, mais par rapport à 100 cellules mononucléaires, les cellules qui contiennent la granulation n'ont pas augmenté de plus de 6 p. 100 et, après cette augmentation, elles sont restées à peu près dans le même chiffre. Dans ce cas les cellules à granulations ampho-oxyphiles ont montré la même sensibilité que les cellules à granulations azurophiles et dans toutes nos expériences du même ordre, nous avons obtenu les mêmes résultats, c’est-à-dire l'augmentation constante des cellules sanguines après injection d'antitoxine, résultats qui sont d'accord avec ceux obtenus par Besredka.

D'après toutes ces expériences nous pouvons élablir définitivement, que : la cellule à granulations azurophiles possède la faculté de se mouvoir sur place, c'est-à-dire de présenter le mouvement amiboïde; elle peut présenter aussi un mouvement de translation, parce qu’elle est capable de passer du sang à d'autres tissus, par diapédèse, et ce mouvement de translation nous devons l’'envisager comme . une sensibilité chimiotactique de ces cellules, suivant la substance avec laquelle elle se trouve en présence. Nous avons aussi constaté que la cellule à granulations azurophiles se montre parfois plus sensible que la cellule neutrophile, parfois également, et que d’autres fois la sensibilité est alternative et parait le plus souvent suivre la sensibilité chimiotactique des cellules à granulations mono-oxyphiles. Le chimiotactisme de la cellule azurophile nous semble se produire de deux façons différentes: soit en s’éloignant ou en s'approchant des organes ou de tissus voisins et de la cavité péritonéale où se trouve l’agent étranger, soit en se constituant ou en disparaissant la granulation in sito. D'autre part, les cel-

lules à granulations .azurôphiles présentent dans le phénomène chimiotactique les mêmes phases que la granulation neutrophile; elles peuvent s’habituer à la présence d'un agent étranger qui avait développé antérieurement leur chimiotactisme, elles peuvent changer leur chimiotactisme positif en chimiotactisme négatif; elles peuvent avoir des préférences pour certaines substances lorsque plusieurs agissent conjointement, c'est-à-dire, qu'elles peuvent présenter ün chimiotactisme électit. Nous n'avons trouvé aucune substance que nous puissions considérer comme exclusivement azurotactique.

Nous avons vu que les cellules à granulation azurophile peuvent avoir un mouvement amiboïde, mouvement qui doit être lié à un tagmotactisme et au pouvoir phagocytaire de la cellule. Nous allons voir maintenant si elles sont capables de phagocyter et puisqu'on a même voulu donner, soit à la cellule polynucléaire, soit à la cellule mononucléaire une spécificité propre phagocytaire pour telle ou telle substance, nous verrons si les cellules à granulations azurophiles peuvent jouir de ces mêmes propriétés. ,

Phagocytose in-vitro. — Malgré que nous ayons très peu confiance dans les manipulations techniques qui visent à conserver les cellules sanguines hors de l'organisme avec toute léur activité vitale, nous avons, pour une fois, suivi les procédés bien connus et le plus couramment employés dans tous les laboratoires, pour l'étude du pouvoir phagocytaire des cellules in-vitro. Nous avons choisi parmi ces techniques, les plus semblables à celles employées par Weinberg et Seguin dans leur étude du pouvoir phagocytaire des cellules monooxyphiles du cobaye. Nous avons utilisé des cellules Iymphocytaires du liquide péritonéal du cobaye, nous avons utilisé aussi les globules blancs du sang où il y avait des cellules polynucléaires et. mononueléaires. Les tubes contenant le glomérat cellulaire ont été mélangés différemment avec des

ÉRRETA Ja

microbes divers, avec des staphylocoques pathogènes et avec des débris cellulaires; après étalement sur lame, fixation et coloration, nous avons constaté qu'en réalité les cellules à granulations azurophiles possèdent un mouvement amiboïde, elles sont capables d’ englober des substances diverses. Cette constatation faite nous avons pu nous rendre compte, d'autre part, que dans la cellule à granulations azurophiles cette faculté phagocytaire n'était pas plus accentuée que dans d’autres cellules mononucléaires et beaucoup moins que dans les cellules polynucléaires. Nous avons pu trouver des cellules mononucléaires monocytaires sans granulations azurophiles qui avaient phagocyté des débris cellulaires, en nombre égal et parfois peau aux cellules à granulations azurophiles. Dans les expériences faites avec le staphylocoque et le Streptocoque, les cellules polynucléaires montraient un pouvoir phagocytaire beaucoup plus accentué que FE cellules à granulations azurophiles.

Phagocytose in-vivo. — En injectant dans la cavité péritonéale du cobaye différentes dilutions microbiennes dans l’eau physiologique, parfois dans le bouillon de culture même, parfois de l'urine chargée de globules blancs et de différents microbes, et dans la cavité péritonéale du lapin, des globules rouges lavés, nous avons constaté en faisant nos examens dans différents moments, que les résultats oblenus in-vitro étaient les mêmes que ceux obtenus in-vivo. Si beaucoup de cellules à granulations azurophiles présentaient dans leur cytoplasme, des microbes, globules rouges ou des débris leucocytaires, le nombre de ces cellules n'était pas supérieur à celui des cellules à granulations azurophiles qui n'avaient phagocyté aucune espèce de corps étranger; d'autre part, il y avait des cellules à granulations azurophiles qui avaient phagocyté quelques débris cellulaires. D’après ces résultats, il nous faut ajouter que, comme nous l'avons dit précédemment, le nombre de cellules à granulations azurophiles avait

augmenté de plus de 10 à 12 p. 100, mais cette augmentalion n'avait aucun rapport avec les cellules qui montraient le pouvoir phagocytaire. Nous avons conslalé les mêmes résultats, dans les cellules fixes du tissu conjonctif épithéhal de différents organes; nous avons trouvé des cellules fixes, macrophages, contenant la granulation azurophile et contenant aussi, phagocylés, des produits divers, mais d’autres cellules identiques sans la granulation azurophile, avaient aussi le pouvoir phagocytaire.

De tout cela nous pouvons dire que les cellules à granulations azurophiles possèdent indiscutablement le pouvoir phagocytaire, comme les autres facultés physiologiques propres des autres cellules, mais que ce pouvoir phagocytaire n’est pas lié à leur spécificité morphologique; en aucune façon la granulation azurophile n'est la conséquence uniquement de ces propriétés ou de chacune d'elles séparément.

Fonctions sécrétoires de la cellule à granulations azurophiles. — Les faits de sécrétion cellulaire constatés de différentes façons par nombre de savants et depuis longtemps vus dans les cellules sanguines, sont aussi hors de tout doute: les phénomènes de digestion intracellulaire, dissolution des globules rouges à l'intérieur des leucocytes, le changement suivi par d'autres éléments à l’intérieur de ces cellules le démontre clairement. D'autre part, la présénce de certains grains de sécrétion protéique incluse au milieu dés vacuoles, est pour Renaud le résultat d'une fonction sécrétoire raghiocrine. La présence de certains ferments protéolytiques (try ptiques) dans les cellules neutrophiles, d'après Muller, Jochmann; lypolitique (lipase) dans les lymphocytes, d’après Berger; des catalasès, d'après Meyer et Brandeburg; des oxydases (Winkler et Schultz, Portier, Achalme, etc.) amylase (Rossbach, Arthus, Zabohotnis, Deutsch, etc.) des substances anticoagulantes (Delezennc), … entérokinase (Pawlow, Delezenne), montrent évidemment que les cellules

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sont de vraies glandes unicellulaires mobiles (Ranvier) et

que, par conséquent, elles possèdent la fonction propre à tout issu glandulaire. D'autre part, la coloration vitale montre, que les cellules sanguines restent incolores aussi longtemps qu'elles sont vivantes, qu'elles présentent des

grains de sécrétion tandis qu'elles sont dans un état d’acti-

vité sécrétoire et qu'elles se colorent uniformément lors-

qu'elles meurent. Il existe une autre question bien discutée

faut-il considérer les granulations leucocytaires neutrophiles, mono-oxyphiles ete , comme des produits d’une sécrétion due au métabolisme cellulaire? (Ehrlich). Déjà Ranvier définissait les globules blancs comme des glandes cellulaires, ce qui donnait plus de base pour considérer ces granulations comme produits d'une sécrétion cellulaire.

Arnold et Altman se plaçaient à un autre point de vue, en considérant ces granulations comme des particules morphologiques élémentaires, appartenant à la structure du corps de la cellule, c’est-à-dire comme un état physique spécial de la structure dù protoplasme. Mais si la conception générale sur l'origine de la granulation .leucocytaire pouvait être acceptée avec moins de difficulté, en la considérant comme un produit de sécrétion cellulaire, dans l'étude de chaque espèce de granulation, les opinions différèrent, aboutirent à un chaos complet sur la vraie signification de ces granulations. Metchnikoff, Ehrlich, admettaient que la granulation neutrophile élait un produit de sécrétion qui représentait la mitrocytase; Hankin, et après Kantack, attribuaient à la granulation mono-oxyphile cette sécrétion, tandis qu'Ehrlich ne voÿait dans cette granulation mono-oxyphile que des matières albuminoïdes spéciales et chimiquement indéfinies et pour la granulation des Mastzellen ou monobasophile, qu'un produit d'échange nutrilif. Weidenreich a considéré celte dernière granulation ainsi que d’ autres, comme des produits de dégénérescence de la cellule; Pappenheim a émis l’hypothèse que

LA

les granulations mono-oxyphiles sont un produit spécifique du paraplasme de la cellule, comparable à l’hémoglobine ; les neutrophiles une simple transformation directe,du paraplasme, mais en tous cas, en les considérant comme une expression morphologique d'un ferment protéolytique des: tinée à être employée au cours de la fonction de la cellule etles granulations monooxyphiles remplissant le rôle de transporteurs du processus fermentalif; la granulation monobasophile sera pour lui une espèce de surcharge inerte, produit de la dégénérescence du cytoplasme.

De toute façon, sans discuter pour l'instant la nature de chaque granulation leucocytaire, nous pouvons constater qu'il existe en réalité beaucoup d'hésitation sur la fonction sécrétoire de la cellule d'après ses granulations, mais en tous cas on peut admettre que les granulations correspondent à un élat d'activité sécréloire et que cette fonction parait être effectuée d’une façon mérocrine, même Renaud et Dubreuil constatent dans les granulations leucocytaires colorées à l’état vivant, la modalité fonctionnelle sécrétoire raghiocrine (Rieux). ;

Si nous considérons les granulations des cellules polynucléaires comme représentant une fonction sécrétoire de la cellule, dans les cellules mononucléaires nous ne pouvons pas nous représenter cette fonction d'après cette granulation, puisque ces cellules ne les contenaient pas (fous parlons des granulations telles que les granulations des cellules polynucléaires). Mais si nous acceptions que les cellules Iymphocytaires produisent des ferments lypolitiques, bien qu’elles ne présentent pas loujours, soittoutes, la granulation azurophile, soil une granulation quelconque, il faut accepter qu'elles possèdent une faculté sécrétoire. On ne peut pas nier d’autre part, que les cellules d'autre origine, c’est-à-dire les cellules propres de tissus autres que le tissu sanguin, possèdent cette propriété et produisent des ferments, donc la question ne

parait pas insurmontable de démontrer que les cellules à granulations azurophiles possèdent cette même propriété.

Si nous nous rapportons à toutes les granulations intracellulaires qui ont été considérées comme des produits de sécrétion, notre tâche est encore moins difficile et moins encore si nous considérons spécialement que cette granulaton azurophile représente aussi l'état sécrétoire des cellules mononucléaires, c'est-à-dire si au lieu d'envisager toutes les Sécrétions propres à la cellule mononucléaire, nous n’envisageons qu'une sécrétion spéciale azurophile. Cette hypothèse nous devons la faire dans quelques cas par analogie, puisque, comme il est impossible d'isoler uniquement les cellules à granulations azurophiles, la nature de ces sécrétions serait presque impossible à démontrer.

Nous savons, depuis Claude Bernard, que le glycogène dans les cellules hépatiques se présente souvent sous la forme de petites granulations susceptibles de se colorer en rouge vif par l'iode. Nous savons aussi, que la graisse répandue dans les cellules animales, apparait parfois sous forme de fines granulations dispersées dans le protoplasme qui se colorent par le bleu de quinoléine, le soudan, l’azur, etc. Heidenheim, le premier, en 1868, en étudiant les glandes sous-maxillaires, attirait l'attention sur les granulations que

les cellules glandulaires présentaient et montrait que ces

cellules jouissaient de modifications d’après leur état fonctionnel. Pfluger (1871) constalait un nombre considérable de granulations dans les glandes cellulaires; von Ebner (1873; constatait aussi semblables granulations dans les glandes séreuses annexes des papilles de la langue du cobaye; Nussbaum en étudiant (1877, 1882) un grand nombre de glandes salivaires et stomacales, œsophagiennes, pancréatiques, etc., décrivait dans toutes ces glandes, des granulations qu'il considérait comme des produits d'une sécrétion des cellules qui servaient de support aux ferments élaborés par

ces glandes. Langlet (1884) après avoir étudié la morphologie et la physiologie de nombreuses glandes, pensait que les granulations invisibles représentaient un produit cellulaire destiné à être sécrété, il supposait en même temps que le réseau protoplasmique sécrélait ou produisait la substance hyaline de laquelle dérivait la granulation. Enfin, un grand nombre d'auteurs ont constaté aussi les mêmes faits et acceptent les granulations comme étant des produits de sécrélion cellulaire; d’un autre côté, Fleming (1882) pensait, que les grains qui se voyaient dansles cellules de la paroüde du chat, n'étaient pas autre chose que l'expression des coupes optiques, d’une charpente filamenteuse séreuse ; pour Altman les granulations des cellules glandulaires ne seraient que des bioplastes transformés en produit de sécrétion; pour Klein et Heidenheim, simplement le renflement ou le nœud de réseau protoplasmique et son existence serait purement virtuelle pour l'observateur. Enfin, d'autres savants ont admis une autre façon de voir et à une époque plus proche de la nôtre, d’autres auteurs ont accepté que certaines granulations représentant le produit d’une sécrétion cellulaire, ainsi que dans les cellules pancréatiques, d'après Ogata; dans les cellules hépatiques (Coiranska); dans certains organismes microbièns; dans les glandes des salamandres terrestres, suivant Physalix.

En ce qui concerne la granulation azurophile, Pappenheim, Farrata et ses élèves; Wolff, Rosin, Parodi, Rodano et De Laporta, et d'autres, croient que c’est un produit des sécrétions cellulaires, tandis qu'Ehrlich et Turk croient à un produit de dégénérescence et Grawitz à un produit de l'activité initiale du protoplasme.

Nous ne continuerons pas ici la discussion de la signification de l’azurophilie, mais si nous avons cité toutes ces opinions sur les granulations leucocytaires, nous l'avons fait simplement pour trouver des arguments suffisants pour cher-

cher si la cellule à granulations azurophiles possède une fonction sécrétoire. Les opinions déjà dites qui se rapportent plutôt aux autres granulations cellulaires et qui ne sont pas

. vraiment décisives, ainsi que celles qui sont données sur la

granulation azurophile, puisqu'elles sont plutôt basées sur des hypothèses que sur des faits expérimentaux, ne remplissent pas réellement un nombre suffisant de preuves pour croire que la sécrétion leucocytaire est représentée par ces granulations. Toutefois, pour nous, il y à un fait expérimental qui nous fait ranger à l'opinion qui attribue à la cellule à granulations azurophiles une fonction sécrétrice. S'il est indiscutable queles cellules lymphocytaires aussi bien que les cellules monocytaires et les cellules propres de n'importe quel tissu, moelle osseuse,rate, ganglions, reins, foie, pancréas,derme, etc. sont capables de remplir cette fonction, rien de plus certain que ces cellules qui possèdent des fonctions chimiotactiques, tagmotactiques et phagocytaires, possèdent aussi une fonction sécrétoire. Nos diverses expériences montrent que des produits qui activent la vitalité cellulaire entraînent une augmentation des cellules à granulations azurophiles, soit dans le sang périphérique, soit dans un autre tissu quelconque, et que telle substance qui arrête cette activité, diminue leur nombre. Nous'avons vu que des substances qui agissent directement sur les sécrétions glandulaires augmentent aussi le nombre de ces cellules et nous avons vu, d'autre part, que l'augmentation de ces cellules se fait indépendamment de la prolifération cellulaire originée dans le centre leucopoiétique ;

c’est-à-dire qu'une cellule mononucléaire qui ne possédait pas

la dite granulation, pouvait après l’action de certaines substances la présenter, et que, d'autre part aussi, par l'action de certaines substances, les cellules mononucléaires pouvaient perdre cette granulation. Même si l'on veul considérer la granulation azurophile comme un produit de réserve ou comme un produit résultant d'une digestion intra-cellulaire,

nous devons convenir que s’il en est ainsi, il doit avoir existé dans ces cellules un moment fonctionnel sécrétoire, à moins que ce produit ne soit venu du dehors et soit enclavé dans les cellules mononucléaires comme un produit inerte, chose qui est tout à fait inacceptable, puisque nous ne connaissons pas une autre substance en dehors de ces granulations, noyau de protiste, noyau des hématoblastes, qui puisse être exclusivement colorée par l’éosinate d'azur du bleu de méthylène. Nous considérons que les cellules à granulations azurophiles ne sont pas, ni histologiquement, ni par leur origine, ni par leur évolution, des cellules différentes des autres cellules mononucléaires; mais nous pensons que physiologiquement il existe entre ces deux cellules une différence qui a été vue par nous comme ne rentrant pas dans sa capacité phagocytaire, ni chimiotactique, ni tagmotactique. Nous ne savons pas si la différence ne rentrera pas dans sa capacité sécrétoire spéciale, puisque , s’il est vrai que les cellules lymphatiques possèdent une fonction lipolitique, nous ne savons pas si les cellules à granulations azurophiles, spécialement les cellules Iymphatiques, la possèdent également. De cette façon, puisque la cellule mononucléaire à granulations azurophiles lymphocytaire où monocytaire, ou dans sa jeunesse, est identique à la cellule de la même variété sans cette granulation, elle doit avoir une fonction spéciale ou peut-être plus active que ne possède pas la cellule mononucléaire ne présentant pas cette granulalion azurophile; elle doit avoir un rôle biologique, où plus correctement, la cellule mononucléaire, au moment de présenter cette granulation, doil être dans un état fonctionnel spécial sécrétoire, lié à certains états vitaux de l'organisme et'que ne possèdent par les autres cellules mononucléaires et polynucléaires.

Il'est prouvé que tous les globules blancs ne possèdent pas le même degré d'activité fonctionnelle et que les cellules mononucléaires monocytaires par exemple, ainsi que les

cellules neutrophiles et mono-oxyphiles, ont un pouvoir phagocytaire plus développé que les autres cellules sanguines, qu'elles sont plus mobiles que -les cellules lymphocytaires petites et que parmi les mêmes cellules de la même espèce il doit y en avoir quelques-unes avec une activité plus ou moins développée. Si cette différence existe en ce qi concerne la mobilité, ou phagocytose, elle doit exister aussi en ce qui concerne un pouvoir sécrétoire ou peut-être en ce qui concerne une autre capacité fonctionnelle et spéciale que nous ne connaissons pas. Entre toutes ces différences, 1l nous semble que la plus accentuée dans les cellules à grauulations azurophiles, est la faculté sécrétoire tout à fait spéciale et que, nous le répétons, nous devrons appeler fonction spéciale azurophile. Cette fonction serait liée à un degré d'activité fonctionnelle sécrétoire de ces cellules mononucléaires.

Maintenant, nous avons déjà dit que cette fonction sécrétoire azurophile de la cellule monouucléaire était peut-être liée à certains états de l'organisme où elle doit intervenir dans certaine façon spéciale et dans certaines conditions. Peut-être, en étudiant les interventions dés cellules à granulations azurophiles dans dilférents états vitaux, arriverons-nous à éclaircir leur rôle biologique.

Intervention de la cellule à granulations azurophiles dans l'organisme. -— No; savons que l'intervention des globules blancs dans l'organisme s'effectue dans un grand nombre de conditions: ils débarrassent l'économie de substances diverses inutiles (corps solides, débris cellulaires, globules rouges exlravasés, leucocyles morts, etc. et même certaines substances soluh.es), les globules blancs transportent à travers l’économie, une partie des matériaux nutritifs et ont un rapport indiseutable #vec l'immunilé naturelle ou active; ils ont aussi un rôle pre lominant dans la défense de l'organisme. Toutes les ‘cellules sanguines, ainsi que d'autres cellules de différents tissus, paraissent jouer dans cette

intervention un rôle plus où nioins important et les observations des physiologistes l'ont démontré à l'évidence.

Chez l'homme normal, ainsi que chez différents animaux sur lesquels nous avons fail nos expériences, nous avons vu qu'il y a un nombre de cellules polynucléaires neutrophiles el mono-oxyphiles presque constant dans le sang périphérique, el qui correspond à une proportion constante de globules rouges, d’hémoglobine, d'hématoblastes et de subslances minérales extractives et organiques, ete. [l y a un nombre de cellules à granulations azurophiles constant aussi et plus constant encore que d’autres cellules, et nous avons vu aussi que chez les individus normaux, chez lesquels il peut exister des écarts dans le nombre de cellules neutrophiles ou autres, du type normal ordinaire, il existe tout de même un nombre constant de cellules mononucléaires qui portent la granulation azurophile. Chez divers sujets normaux, cette proportion est identique et ne varie pas d'un jour à l’autre. Parmi ces cellules azurophiles, nous avons vu qu'il y a 10 à 11 p. 100 de microlymphocyles qui possèdent un noyau central à cytoplasme étroit; il nous semble que ces cellules sont les moins actives et les moins mobiles et peut-être aussi celles qui possèdent le moins de pouvoir sécrétoire ; chez les microlymphocytes de la seconde forme nous voyons d’après leur morphologie, qu'il s'accomplit certaine fonction chez elles au moment où leur noyau est irrégulier el excentrique, leur cytoplasme plus large, elles semblent au moins être plus actives que les précédentes et parmi ces cellules il y en à une sur 5 ou 6 qui porte‘la granulation azurophile; sur, les mésolymphocytes nou$ pouvons faire les mêmes appréciations, respectivement, que sur les microlymphocytes ; qu'ils portent un noyau central à un protoplasme sphérique qui donne à penser l'état d'immobilité de la cellule qui Jamais ne montre la granulation, pendañt que dans les mésolymphocytes à cytoplasme large, noyau excentrique pres-

ete

que homogène et à chromophilie faible, presque 90 p. 100 présentent la granulation. Nous savons que ces cellules avaient été considérées comme des cellules dégénérées; mais les travaux de Jolly et de Wolff ont montré que c'était une conception tout à fait fausse, puisque ces cellules ont une activité nette et si elles se présentent avec un aspect chromophilique et morphologique tel, c’est à cause de leur réseau chromatinien fin qui est facilement altérable, lorsque se fait la fixation de ces cellules. Nous devons admettre qu'une cellule qui a une plus grande activité fonctionnelle, doit avoir une structure différente de celle d'une cellule jeune et si, en vérité, les cellules dans le sang circulant sont des cellules déjà plus âgées ou plus développées, elles sont aussi des cellules qui ont rempli certaines fonctions et même parmi elles il y en aurait quelques-unes qui ont montré plus d'activilé que d'autres. Nous croyons que les cellules mésolymphocytaires de la seconde forme, ainsi que les. cellules monocylaires de la seconde forme, portent plus fréquemment la granulation azurophile, puisqu'elles ont accompli, nous semble-t-il, des fonctions qui sont effectuées à un degré moindre par les cellules microlymphocytaires et monocytaires de la première forme. Il est connu que les cellules monocytaires sont aussi des cellules d'une activité phagocytaire ou chimiotactique presque égale à celle des cellules polynucléaires et qu’elles ont un pouvoir sécrétoire assez accusé : presque toutes ces cellules (65 à 75 p. 100) portent la granulation azurophile.

Ici une question se pose : pourquoi les cellules mononucléaires qui présentent la même morphologie, ne présententelles pas la granulation azurophile? C’est une question difficile à résoudre, mais il ne nous semble pas invraisemblable, d'après nos recherches, et d'après ce que Wolff constata le premier, que ces cellules aient possédé la granulalion antérieurement ou peut-être sont-elles dans une période pré-azu-

rophile. S'il en est ainsi, nus devrons accepter que la granulation azurophile représente une autre fonction spéciale, sécrétoire, mais qui, dans tous les cas, est une fonction vitale de la cellule.

Nous voyons que chez l’homme adulte normal il y a constamment un nombre à peu près égal de cellules à granulations azurophiles et que d’autre part, ces cellules sanguines remplissent une fonction dans le sang, soit en transportant du matériel inutile destiné à être finalement éliminé, soit en fournissant au sang certains produits nécessaires à l'équilibre vital ou fonctionnel de l'organisme. De toute façon nous arrivons à ceci : que les cellules mononucléaires de plus grande activité présentent la granulation et qu’en activant ou diminuant cette activité, le nombre de ces cellules porteuses de granulations augmente ou diminue.

Dans un changement physiologique où il y a sans doute une plus grande activité fonctionnelle de la cellule sanguine, nous allons voir comment interviennent les granulations azurophiles.

Nous envisagerons d’abord les sujets en période digestive, des sujets au cours de la gestation, après l'accouchement, et chez l'enfant en croissance.

Nous avons déjà parlé de la leucocytose digestive, mais nous n'avons pas dit les raisons que divers biologistes avaient données de l’augmentation des cellules sanguines, une fois ce fait établi. Restait à savoir si cette leucocytose ne subissait pas les influences de certaines conditions physiologiques; on voyait que chez l'enfant la réaction leucocytaire était moins accentuée que chez l'adulte, de même chez les vieillards. Schiff observait que chez les nourrissons la première poussée de lait était suivie d'une élévation maximum des globules blancs; Dupérier signalait l’action du lait, des aliments gras, végétaux. Achard et Lœper constataient la leucocytose, même après un régime lacté absolu. Dorpart,

taste A

Bougaewsky, Zang et Ouvaroff, en étudiant à fond cette question, constataient que les aliments riches en phosphore produisaient une plus forte leucocytose. Horbaczewsky, Harting, constataient que la nucléiné, en injection, avait aussi une influence très nette. Un autre groupe d’observateurs, Japha en tête, trouvaient que la leucocytose digestive élait indépendante de la digestion et qu'elle pouvait être assimilée aux variations qui s'observaient dans toutes les fonctions de l'organisme (nombre de pulsations, mouvements respiratoires, etc.). Hofmeister émettait que la leucocytose élait due à ce que l'absorption des substances albuminoïdes produisait une hypergenèse du tissu lymphoïde de l'intestin et que les cellules de ce tissu reprises par les lymphatiques étaient déversées ensuite dans la circulation. Cette théorie en apparence séduisante, fut combattue par Heidenheim qui constate que la quantité de globules blancs du chile du canal thoracique ne variait pas post-prandium. Pohl, au contraire, contestait que le canal thoracique fut la seule voie d'accès des globules blancs néo-formés vers l'appareil circulatoire : Burian et Schultz enfin, renversaient toute cette: théorie en démontrant par des expériences, que la leucocytose digestive et la peptonisation n’allaient pas de pair, c’est-à-dire qu’au chiffre maximum des globules blancs ne correspondait Jamais une élimination plus considérable d'azote par l'urine, et finalement, ces auteurs comparaient la leucocytose digestive à une leucocytose infectieuse banale; il s'agirait d’un processus de réaction’contre des substances nuisibles introduites dans le sang avec les produits d'élaboration des aliments. Lowy, appuyant cette opinion, ajoutait que les produits de peptonisation étaient un agent actif de désintégration cellulaire et que celle-là était suivie de la multiplication des globules blancs. Gregor, Rieder, admettaient que la leucocytose post-digestive était due au chimiotactisme cellulaire, surexcité par la présence en ce moment dans le sang, de produits BÉTANCÈS 23

digérés et des substances digestives. Finalement, Vansteenberghe et Breton qui, comme nous avons déjà dit, avaient consacré de longues études à cette question, se rangeaient à cette théorie qui paraissait conclure que la leucocytose digestive élait due à la production des substances nouvelles,

dues soit à la destruction des globules blancs, soit des excitations dés organes hématopoiétiques, comparables à celles produites par des microbes ou toxines.

En admettant parmi toutes ces opinions la plus acceptée, c'est-à-dire celle de Gregor et Rieder, nous devons voir que si la granulation azurophile possédait une sensibilité chimiotactique, dans ce cas, on peut conclure de nos observations ce qui suit : qu’en réalité la leucocytose digestive paraît la conséquence d'une excitation des organes hématopoiétiques et que peut-être il y aura un chimiotactisme posilif des cellules polynucléaires neutrophiles et même des cellules mono-oxyphiles, mais que pour les cellules mononucléaires cette manifestation est presque nulle. La quantité des cellules à granulations azurophiles reste à peu près invariable, même si, dans quelques cas, une légère augmentation s'opère par rapport à 100 cellules mononucléaires.

Nous avons pu constater que par millimètre cube la quantité reste invariable, même dans le cas où il y avait positivement un plus grand pourcentage de cellules mononucléaires qui portaient la granulation azurophile. D'après les résultats de nos recherches, nous avons le droit de penser que les produits de la digestion n'ont pas toujours une action excitante sur les cellules mononucléaires, en ce qui concerne la fonction azurophile, elle est inconstante et peu accentuée.

Examinons maintenant, à ce point de vue, la période de gestation chez la femme. Nous savons que Charrin et Guilleminot, qui ont étudié à fond la physiologie de la grossesse, disaient que la gestation produit dans l'organisme des modifications d'ordres divers : ralentissement de la nutrition,

modifications statiques, anatoniquess chimiques, humérales ; ‘production de désassimilation, hyperglycémie relative, lésions “vicérales, que paraît sans doute favoriser un état de moindre résistance de l’économie aux éléments microbiens.

D'autre part, nous ne devons pas passer sous silence les -études physiologiques faites sur du sang de la femme en ‘gestation, à propos de la réaction d'Abderhalden. Bien que cette réaction n'ait pu fournir aucune déduction pratique, la base scientifique elle-même ne doit pas être niée. Chez la femme en gestation, l'apparition dans le sang, des éléments -étrangers, cellules, albumine spéciale, ete., provoquerait

“une production de ferments capables de transformer ces élé- “ments en peptone, albuminose, ou acide amidé et à chaque variété d'albumine correspondrait un ferment spécial. Abderhalden pense que ce ferment proviendrait du foie, tandis que d’autres auteurs voient son origine dans les leucocytes.

Sans aucun doute il existe dans cet état physiologique de ‘Ja femme, des modifications profondes dans les divers tissus -et des modifications d'ordre physiologique, nous en voyons le témoignage dans la réaction qui se produit de la part des issus, tantôt dans les organes de la gestation, tantôt dans les “organes hématopoiétiques, modifications qui sont toutes caractéristiques; la leucocytose parle en faveur de ces modifications. Rouxlacroix et Benoit pensent que dans l’accou- -chement et la suite des couches, l'intervention leucocytaire, -d'après les modifications qui s’observent sur l’image sanguine, ; est plutôt admissible dans l'hypothèse d’une: agression faite aux cellules et alors passage possible des éléments consti- ‘tués dans le scréta. Dans l'autre hypothèse due à la -destruction des fibres musculaires utérines néo-formées, la destruction des fibres musculaires se traduirait seulement par une exagération de toutes les sécrétions et aussi par cette peptonurie fréquente dans les accouchées, ainsi que l'ont

montré Fischer et Biaggio.

La’ lcucocytose des accouchées serait plus exagérée chez les primipares: l'évolution utérine du 7 au 8° jour serait accompagnée d'une mononucléose; de toute façon, l'intervention leucocytaire ne paraît pas discutable et elle s'effectue de la même façon que lorsque ces cellules interviennent dans d’autres états anormaux de l’organisme.

Nous pouvons savoir, d’après nos résultats antérieurement exposés, comment interviennent les cellules à granulations azurophiles. Elles suivent la réaction des autres cellules sanguines : polynucléaires neutrophiles et mono-oxyphiles; elles augmentent par excitation des organes leucopoiétiques et parce que, hors de ces organes, la cellule mononucléaire paraît avoir une plus grande activité fonctionnelle azurophile. Un phénomène qui par sa constance et sa netteté nous paraît mériter une attention spéciale, est le suivant : les cellules à granulations azurophiles augmentent dans la circulation proportionnellement aux autres cellules, les rapports entre elles et les cellules neutrophiles restent constants, mais si cette augmentation est effectuée à cause de la prolifération de la moelle osseuse ou d'autres organes leucopoiétiques, d'autre part, nous voyons qu'un nombre proportionnel plus élevé des cellules mononucléaires porte la granulation. Nous voulons dire, que si pendant la gestation, il y a eu une cause qui a produit l'augmentation des cellules neutrophiles, cette même cause a produit l'augmentation des cellules à granulations azurophiles, elles ont répondu aux besoins de l'organisme de la même facon que les cellules neutrophiles.

Chez les femmes multipares nous trouvons que les mêmes phénomènes se produisent et pendant l'accouchement chez les primipares et les jours suivants, on voit le phénomène de régression de la réaction sanguine portant sur les cellules à granulations azurophiles, aussi bien que sur les cellules, à granulations neutrophiles. Dans certains cas, 4 jours après l'accouchement, cette réaction était nulle pour les cellules

neutrophiles et l'était également pour les cellules à granulations azurophiles, chose qui se produit aussi chez la femme ayant eu plus d'un enfant. Ces faits sont d'accord avec ceux déjà observés par d’autres chercheurs, mais dans notre étude il est intéressant de faire remarquer que cela se produit aussi pour les cellules à granulations azurophiles. Chez les animaux à cellules ampho-oxyphiles nous avons pu constater les mêmes faits, ce qui prouve que, dans tous ces cas, l’intervention des cellules à granulations azurophiles se fait de la même façon que l'intervention des cellules à granulations ampho-oxyphiles. Mais si ces faits se produisent dans ces cas, chez l'enfant à la naissance et dans les périodes qui suivent jusqu’à l’âge de 10 ou 12 ans, les choses sont différentes.

Le sang fœtal et le sang de l’enfant, nous l’avons vu, offrent une image sanguine presque pareille à l’image cellulaire des organes hématopoiétiques. L'image sanguine contient des éléments jeunes comme ceux qui se trouvent dans ces organes et on voit, d'autre part, qu'à la naissance, l'image sanguine est à peu près pareille à l’image sanguine de la mère. Si l'image sanguine fœtale a été étudiée fréquemment par divers auteurs, la physiologie sanguine de l'enfant depuis sa naissance a été assez négligée. Tout ce que nous savons à ce sujet est que, chez l'enfant, il existe une inversion de l’équilibre leucocytaire ou de l’image leucocytaire, les cellules mononucléaires prédominant, argument qui est invoqué pour démontrer que les cellules mononucléaires sont des cellules plus jeunes que les cellules polynucléaires.

Chez le fœtus de lapin et de cobaye, Tchistovitsch et Jouwewitsch ont étudié la morphologie sanguine et l'influence de l’infeétion de la femelle pleine sur le sang fœtal. Pour ces auteurs, le sang maternel ne se mêle pas au sang fœtal dans le placenta et ils exposent les raisons anatomiques qui leur permettent de faire ces conclusions; toutefois, le passage des microbes dans le sang fœtal a été discuté et Strauss

et Chamberlain, Peroncito, Charrin, Krober, Malvez, Leu-.

bars et d’autres, se rangent à l’affirmative. Il semble que les toxines trouvent moins de difficultés à ce passage et si on prend les conclusions de l’un et l’autre de ces auteurs, il serait intéressant d'expliquer comment interviennent alors les. cellules sanguines chez le fœtus. Pour cela il était néces-

saire de rechercher si dans le sang fœtal il se produisait dansles conditions expérimentales que nous avons en vue, lemême chimiotactisme que chez la mère ou chez l'adulte.

Chez le fœtus normal du cobaye, aux derniers temps de la: gestation, l’image sanguine d’après Tchistovitsch et Jouwewitsch, montre une quantité de globules blancs par millimètre cube très pauvre. surtout pour les polynucléaires gra-

nuleux, il y a seulement prédominance des cellules lymphoïdes:

les auteurs trouvent que dans l'infection maternelle, ou lorsqu'une cause quelconque chez la mère est capable de modifier cette image sanguine, les globules blancs interviennent

chez la mère, puisque les modifications du sang fœtal ne sont

pas appréciables et que celui-ci reste dans le même état que

chez le fœtus normal. Ce qui fait penser que chez le fœtus,

dans ce cas, il n'y a pas de moyens de réaction et de défense,

et comme l'ont pensé ces auteurs, le fœtus dans la vie intrautérine h'a pas besoin de cette intervention, puisque la mère: peut l’accomplir. Les travaux de Devroich et Davenne donneront d'abord à penser que le placenta retenait tous les éléments figurés, tous les éléments microbiens existant dans le sang maternel étaient interceptés et que seulement passaient au fœtus les matières solubles capables de traverser le placenta. Chauveau (1888; dans ses recherches poursuivies avec la bactéridie charbonneuse ne put constater chez le fœtus, un seul bactèrie après l’inoculation. Malvez (18388) poursuivant la même étude, arrivait au même résultat et ajoutait que, seulement dans le cas où le placenta présentait une lésion histologique des villosités choriales, le passage pou-

vait s'effectuer de la mère au fœtus: De nombreux savants, toutefois, observèrent le contraire : John avec les bacilles de Koch, trouve dans le foie d'un jeune veau ce bacille, Lydtin également. Merckel, Landouzy et Queyrat obtiennent les mêmes résullats. Slicz trouve chez le fœtus les spiriles de la fièvre récurrente ; Lebedotf les cocci de l’érysipèle ; Sangali, Marchand, le bacillus anthraxis, faits qui paraissent démontrer que les conclusions de Broil, Davenne, Bollinger, etc., considérant le placenta comme un vrai filtre, n'étaient pas exactes. Wysokowitsch arrive à comparer le placenta aux autres membranes dites filtrantes (rein, muqueuse intestinale, etc.) perméables pour les bactéries seulement dans le cas d'une lésion histologique et pensait que le sang se débarrassait des bactéries ou des particules sanguines, en les localisant dans le foie, la rate et moelle osseuse.

Dans tous ces cas, pour l’une ou l’autre raison, le passage est possible de la mère au fœtus et plus nettement encore pour les produits solubles, donc il ne s'explique pas comment les globules blancs du sang du fœtus n'interviennent pas dans ce cas parliculier, même lorsqu'il s’agit des échanges nutritifs azotés et d’autres qui s'effectuent dans le fœtus à terme.

Dans nos recherches histologiques sur le fœtus du cobaye, nous avons obtenu les mêmes résultats que d’autres auteurs et c’est le moment de faire observer l’action prédominante de la cellule à granulations azurophiles sur les autres cellules dans quelques cas et comme elle suffit à accomplir les fonctions propres du globule blanc, lorsque ces fonctions ne sont pas accomplies pour d’autres cellules ; nous pouvons répéter ici les résultats que nous avons déjà exposés au sujet ‘de l'image sanguine chez le fœtus en étudiant la morphologie de ces cellules. Nous avons vu que les cellules polynucléaires sont très rares et que le nombre total des globules blancs est notablement diminué. Nous ne nions pas que dans

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la vie intra-utérine il existe naturellement moins de besoins organiques ou physiologiques qu'après la naissance et chez. l’homme adulte, el nous ne nions pas non plus, d’autre part, que la mère puisse intervenir avec ses cellules sanguines dans la vie du fœtus, mais nous constatons qu'ici aussi, la cellule à granulations azurophiles est visible et qu'elle doit avoir ses fonctions propres. Nous avons trouvé des régions, une dans la circulation maternelle, l’autre dans la circulation fœtale, où les cellules ampho-oxyphiles et mono-oxyphiles étaient extrêémement rares, de 8 p. 100 à 5 p. 100, tandis que la cellule à granulations azurophiles était plus abondante comparativement, que chez le cobaye après la naissance. Nous avons trouvé que dans les cellules sanguines du tissu splénique du fœtus il y avait un nombre assez élevé de cellules à granulations azurophiles, tandis que les autres granulations étaient rares ; dans d’autres organes nous pouvons constater le contraire, les cellules qui portaient la granulation azurophile étaient rares, ainsi que dans les vaisseaux placentaires et du cordon: il y avait à peu près de 5 à 10 p. 100 de cellules à granulations azurophiles, parfois aucune cellule mononucléaire ne présentait la granulation.

Tous ces faits nous portent à croire, en l'état actuel de nos Connaissances sur la physiologie fœtale, qu'à cette période proche de la naissance, s'il fallait l'intervention des cellules sanguines pour les échanges nutritifs opérés entre la mère et le fœtns, cette intervention se ferait par la cellule mononucléaire dans sa fonction azurophile. Si nous voulons expliquer l'augmentation de ces cellules dans la rate du fœtus, peut-être la physiologie de cet organe pourra-t-elle donner un éclaircissement : si on considère cet organe comme un producteur de cellules blanches (et déjà dans une période de la vie fœtale proche de la naissance, on peut penser que dans ce tissu où l’on voit seulement des cellules

blanches, il y a une grande activité cellulaire) cela concor- -dera avec les conclusions de Gscheidlen qui considérait que dans la rate s’opéraient de grands processus métaboliques (production de globulesblanes, destruction de globules rouges) avec celles aussi de Wysokowitsch, Guarnieri, Gollet, etc. qu'ont donné un rôle capital à la rate comme centre d'activité cellulaire. Bardas pense que toutes les données embryologiques, expérimentales, histologiques,anatomiques et pathologiques, s'accordent pour démontrer le rôle principal de la rate dans certains actes vitaux. Dans le camp adverse se trouve Kurloff qui nie tout rôle important à la rate. Pour notre part, depuis la vie intra-utérine jusqu'après la naissance et l’âge adulte, nous avons trouvé dans la rate un nombre de cellules à granulations azurophiles plus grand que dans tous les autres organes et si nous devons considérer cette granulation comme la représentation d’un état d'activité cellulaire, il nous faudra admettre que dans la rate s’opèrent les fonctions déjà constatées par quelques savants.

Nous pouvons conclure que si chez le fœtus on ne trouve pas de cellules polynucléaires en nombre suffisant pour assurer la défense de l'organisme, ‘il existe tout de même un centre d'activité cellulaire azurophile qui paraît assurer, bien que faiblement, cette défense.

A la naissance et dans les jours rats jusqu’à l’âge de 10 à 12 ans, nous trouvons, surtout à la naissance, qu'il y à une activité leucocytaire semblable à celle qui s'opère chez la mère au moment de la délivrance; on voit dans les deux cas une réaction des organes hématopoiétiques identique : on constate dans les deux cas des cellules jeunes lymphoïdes, leucoblastiques et qui sont à peu près aussi bien que toutes les autres cellules, dans les mêmes proportions ; mais cependant, les cellules à granulations azurophiles ne paraissent pas intervenir de la même façon et si certains actes fonctionnels sont identiques dans les deux cas, ici,

d'après l’image sanguine, ce seraient seulement les cellules à granulations neutrophiles qui interviendraient principalement dans ces actes. D'autre part, on peut voir que la présence de la granulation azurophile n’a rien à voir avec la prolifération

leucopoiétique. Cependant, nous croyons que la question est >

d'un autre ordre et purement physiologique dans ces deux cas : chez la mère il y a une augmentation considérable de toutes les sécrétions, le travail physiologique plus actif de l'organisme, nécessite une plus grande activité de tous ces éléments cellulaires et, comme les autres cellules, la cellule polynucléaire neutrophile intervient, de même aussi la cellule mononucléaire à granulation azurophile; chez le nouveau-né ces actes fonctionnels ne sont ni aussi accusés, ni complètement semblables, il en résulte que la cellule mononucléaire montre moins d'activité azurophile. Ces deux cas sont assez instructifs pour apprécier la valeur de la cellule à granulations azurophiles dans certains états fonctionnels de l’organisme. Nous voyons que dans les deux cas où il y a différentes fonctions à un degré différent, les cellules à granulalions azurophiles interviennent de la même façon; tandis que les cellules mononucléaires à granulations azurophiles se montrent en quantité pareille chez l’enfant et chez l'homme adulte, tout de même sur 100 cellules mononucléaires il en existe une moindre quantité qui présente la granulation azurophile, témoignant ainsi d’une activité cellulaire moindre ou d’un moindre besoin organique de cette activité.

Pendant l'enfance, nous voyons une période où après une diminution du nombre des cellules sanguines, il y à un accroissement considérable. Mais dans ce cas, s’il existe un nombre total de cellules x granulations azurophiles supérieur aussi, le nombre par rapport à 100 cellules mononucléaires n'est toutefois pas augmenté sensiblement et on voit que,

dans ce cas, l'augmentation était due à la plus grande proli-

fération de ces cellules venues des organes hématopoiétiques.

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À d'autres périodes de l'enfance, nous voyons que les cellules à granulations azurophiles restent dans leurs proportions normales, tandis que les cellules mononucléaires ont augmenté et que les cellules à granulations neutrophiles ne paraissent pas intervenir d'une façon identique à ce qu'on observe chez l’homme adulte. Si dans tous ces cas l'inlervention de la cellule sanguine n’est pas facile à expliquer, on voit clairement que la fonction de la cellule mononucléaire à granulation azurophile est une fonction à part et spéciale des autres cellules sanguines, même si elles possèdent au même titre que les autres, les fonctions générales chimiotactique et tagmotactique.

De l’ensemble de tous ces faits nous pouvons conclure, semble-t-il, que si dans ces états physiologiques les cellules à granulations neutrophiles et les cellules à granulations mono-oxyphiles ontune participation fonctionnelle; que si ; elles sont les principaux artisans de certains phénomènes biologiques (en transportant du matériel d’assimilation, en détruisant les matériaux inutiles ou nuisibles, etc., ou encore du fait de leurs propriétés de mobilité chimiotactique, phago- ‘cytaires et sécrétoires), les cellules à granulations azurophiles ne laissent pas d’avoir le même rôle biologique dans tous ces états physiologiques. Ce rôle, elles l'exercent d'une facon plus constante, plus précise, plus indépendante, non seulement par leurs facultés semblables à celles d’autres cellules, mais aussi grâce à une autre, spéciale, que nous continuons d'appeler fonction azurophile de la cellule mononucléaire, nous servant de ce terme, parce que cette activité ne dépend ni de la mobilité de son chimiotactisme, ni de son pouvoir phagocytaire exclusivement et que, encore qu'elle soit liée très probablement à la fonction sécrétoire, cette fonction ne se confond pas avec les autres sécrétions propres de la cellule mononucléaire ou polynucléaire. Tandis que pour la cellule polynucléaire nous pouvons voir, générale -

ment, le maximum d'activité, le summum d'intervention dans certains actes vitaux accompagnés d’une activité plus ou moins grande des organes formateurs de ces cellules, pour les cellules à granulations azurophiles l’activité se montre indépendamment de l'intervention de ces organes, dans n'importe quel tissu de l'organisme et toujours comme conséquence d'un accroissement de l’activité cellulaire.

Si dans les cas que nous venons d'étudier où il existe visiblement une réaction leucopoiétique, la cellule à granulations azurophiles intervient différemment dans l’un ou l’autre cas, cela prouve qu’elle n’est pas toujours active à cause de cette réaction hématopoiétique; dans d’autres cas où la réaction de ces organes porte sur d’autres éléments (globules rouges, hémoglobine et ses dérivés, hématoblastes, CR des faits semblables peuvent être constatés. Nous voyons, par exemple, que chez la femme, le nombre de globules rouges est quelque peu moindre que chez l'homme, de même aussi la quantité d’hémoglobine; chez les nouveau-nés il y a un nombre d'hématies plus élevé que chez l'adalte, de même pour l'hémoglobine, et nous voyons cependant que le nombre de cellules à granulations azurophiles ne correspond pas à cette variation. Dans certains états anémiques où le sujet est apparemment normal, ou chez les sujets intoxiqués par exemple, par les gaz asphyxiants, sujets chez lesquels le chiffre des globules rouges peut tomber jusqu'à deux millions par millimètre cube, nous voyons que les cellules à granulations azurophiles se montrent en nombre à peu près normal ou en moindre quantité. Dans d’autres états anémiques où il existe une autre cause qui trouble les fonctions normales de l’organisme, nous voyons que les cellules à granulalions azurophiles augmentent notablement et ce que nous pouvons dire pour les globules rouges, nous pouvons le constater également pour la quantité d'hémoglobine et des hématoblastes, donc cette intervention azurophile est

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