‹ La granulation azurophileChapitre 76 sur 91 · RES · texte numérisé non relu

RES

complètement indépendante de l'intervention prolifératrice des organes hématopoiétiques et elle ne dérive pas exclusivement de ces organes. |

Nous allons voir maintenant comment elles interviennent dans d’autres états vitaux ou quel rôle biologique jouent les cellules à granulations azurophiles, lorsque l'organisme se trouve dans ces conditions physiologiques anormales ; lorsque l'organisme lutte pour établir son équilibre normal, lorsqu'il arrive à l’établir ou au contraire, lorsqu'il succombe sans avoir pu rétablir ses fonctions normales. Nous allons voir aussi quel est le rôle biologique de ces cellules lorsque l’organisme résiste à l’action d'un agent capable de troubler son équilibre fonctionnel.

Un fait biologique indiscutable et qui de jour en jour est mieux confirmé, est la découverte par lillustre savant, E. Metchnikoff, du rôle fonctionnel de la cellule sanguine dans tous ces cas et aussi celui d'autres cellules des différents tissus; il est indiscutable que cette cellule joue, dans la défense de l'organisme, un rôle actif contre les poisons, toxines et microbes, bien que depuis plus de 23 ans, depuis cette découverte, on discute encore les processus de cette intervention cellulaire. Toutes ces discussions, du reste, dérivent principelement des divergences de résultats qu'on obtient dans des cas semblables. En faisant le résumé de toutes les théories émises à ce propos, nous pouvons voir qu'il yen a deux qui restent comme base pour Fexplication de la défense de l'organisme par les cellules sanguines; ce sont la théorie phagocytaire de Metchnikoff et la théorie des alexines de Buschner, toutes deux admettant en principe, que si le leucocyte est capable, généralement, de jouer un rôle actif dans tous ces états vitaux, dans d’autres il resle insuffisant. Pour Metchnikoff, les globules blancs dans la défense de l'organisme, . agissent non seulement contre l'agent nocif (microbes), mais aussi contre sa toxine. Schattenfroh, le

premier, puis Schneider, Musch, Zeissler, Hossler, ainsi qu'un certain nombre de savants, la plupart de l’école de Pasteur, ont considéré que la principale arme de défense de l'organisme est la cellule blanche, par les agents qui pren- - nent naissance d'elle, el non, comme le pensait Baumgarten, des substances humorales. Adoptant la même théorie que Schattenfroh, Peterson et ses principaux élèves voyaient dans les corps des leucocyles vivants ou morts, des substances qu'ils appelaient endolysines, substances capables de détruire les agents pathogènes; Gruber, Futacchi, etc., attribuaient la fonction bactéricide, non pas à la cellule vivante elle-même, mais à la substance qu'elle contient. Metchnikoff, au contraire, n'accepte l’action du globule blanc que d’après son activité vitale.

Une autre question est encore en discussion : celle de l’action du globule blanc sur les toxines et de son rôle dans la formation des substances antitoxiques. Ehrlich ne croyait pas, comme Metchnikoff, que les leucocytes absorbaïent la toxine et qu'ils étaient [a cause de l’immunité naturelle contre ces toxines, mais 1l estimait que les toxines bactériennes étaient seulement fixées par la cellule sur lesquelles elles exerçaient une action destructive, fait que les expériences de Wassermann, en constatant que la substance cérébrale et la subs-

tance médullaire neutralisaient la toxine tétanique, paraissent

appuyer. Malgré cela, Peterson démontrait que les macrophages du lapin neutralisaient le poison tétanique, et Metchnikoff, d'après de nombreuses expériences, arrive à conclure

que les éléments leucocytaires sont capables d’absorber cette

toxine. Plus tard, Breugel, Kitasato et même Wassermann avec des extraits de thymus de veau, Stenstrôm avec des leucocytes de cobaye et de rat, constatent que ces cellules ontle même pouvoir, mais ne neutralisent pas la toxine diphtérique. Kobzarenko, dernièrement, en cherchant.le véracité de tous ces faits, c'est-à-dire la possibilité pour les leucocytes

de fixer la toxine diphtérique et tétanique, trouve que les cellules du cheval possèdent la propriété de neutraliser les poisons diphtériques, propriété due à l’activité vitale de la cellule, mais qu'elles ne‘sont capables ni d’absorber, nide neutraliser le poison tétanique; les macrophages possédant, par contre, ces propriétés. Nous devons ajouter que Metchnikoff voyait dans les grandes cellules mononucléaires (cellules monocytaires) comme étant les seules cellules phagocytaires, chez les animaux inférieurs et chez les animaux supérieurs, capables de détruire les cellules affaiblies et isolées et exceptionnellement capables aussi de lutter contre les microbes (maladie chronique); tandis qu'il voyait dans les cellules polynucléaires, des cellules plus capables de transporter des matériaux d’assimilation ou de désassimilation, de détruire aussi les poisons, les toxines et les microbes. Il concluait dans sa conférence de Stocholm (14 mai 1909) que tout ce qui est capable de fortifier la phagocytose et de stimuler l'activité cellulaire, augmente en même temps la résistance de l'organisme contre les maladies infectieuses; l'état d'immunité était caractérisé par l'intensité du processus phagocytaire lorsque la maladie est déclarée, une phagocytose très : active était de bon pronostic, car elle conduisait à une guérison en favorisant la destruction et l'élimination des substances nocives d’origine pathologique... (

Dans tous ces actes, deux facteurs devaient se manifester: l'augmentation du nombre des leucocytes el l'augmentation de la suractivité phagocytaire, chose qui pouvaitse constater par les différentes expériences faites dans cet ordre. Cantacuzène, Oppel, Popoff avec l’opium, Massart el Bordet avec le chloroforme, Vincent, Gabritschewsky avec la quinine, Nocart et Roux, Vaillant avec l'acide lactique, en diminuant le chimiotactisme positif et l’activité phagocytaire, annulaient l'immunité jusqu'à l'élimination de ces substances. Au contraire avec d'autres substances telles que dès prépara-

tions iodées, le nucléate de soude, la mycolysine et certaines

substances colloïdales qui activaient la leucocytose et l’action phagocytaire, d’autres auteurs réalisaient une plus grande résistance de l'organisme .

D'après ce que ces savants nous disent du rôle de la cellule polynucléaire et mononueléaire dans ces étas vitaux, voyons quel est, dans le même cas, le rôle biologique de la cellule à granulations azurophiles ou plus correctement, quel est le rôle de la cellule mononucléaire qui présente cette granulation. |

Dans la littérature de la granulation azurophile nous avons trouvé seulement quelques observations qui, outre qu'elles n'ont pas été faites expérimentalement, ne nous donnent que des renseignements incomplets pouvant se rapporter aux différents élats vitaux de l'organisme. Mandolfo (1914) trouvait que dans la rougeole il y avait une grande augmentation de cellules azurophiles, d'après le chiffre de 20 à 22 p- 100 qu'il avait constaté à l’état normal, considérant toute azurophilie supérieure à 30 p. 100 comme anormale. Dans la pneumonie il trouvait une augmentation de 53 p. 100 qui disparaissait avec la guérison ; dans la tuberculose, la fièvre typhoïde et dans d’autres maladies, il trouvait des chiffres variables, des-° quels il concluait qu'on ne pouvait tirer aucune conclusion clinique. Francisco: Rodano et Delaporta, étudiant l’apparition de la granulation azurophile dans certains états pathologiques, pour chercher à s'expliquer sa signification, notaient à cette époque (1914) qu'on savait seulement constater une multiplication des cellules à granulations azurophiles dans la chlorose avec leucémie chronique lymphatique, et qu'on avait pensé à la possibilité d'un appoint au diagnostic de la rougeole par l'augmentation des cellules à granulations azurophiles dans le sang: les auteurs constatent que, dans 124 cas examinés, ils trouvent 6 cas de rou-

geole dont 5 avec une augmentation de Ivmphocvtes azuro- ‘ 8 P

armsitoif

CE

philes, de 33 p. 100 dans des cas de pneumonie, 86, 14 p. 100 montrant l'augmentation considérable et une fois la fièvre disparue, le chiffre revenant à la normale. Dans l’anémie ils constatent un nombre moins élevé et l'augmentation seulement lorsqu'elle est en rapport avec une tuberculose. De ce fait les auteurs concluaient que l’azurophilie était liée à l'action toxique du milieu, ce qui prouvait qu’elle était due à une activité des cellules lymphatiques.

D’après toutes nos observations et tous nos faits expérimentaux, nous ne pouvons pas conclure sur tous les points de la même façon qne ces auteurs, et nous regrettons que ce soient les seuls faits de ce genre que nous connaissions depuis la découverte de la granulation azurophile.

Comme nous l'avons répété dans tout le cours de notre étude, les chiffres des cellules à granulations azurophiles que nous avons trouvés chez l’homme normal ont été les mêmes que ceux trouvés par presque tous ceux qui se sont occupés de la question : Michaelis et Wolff, Pappenheim, Ferrata, Hynek, Klein, Rieux, Aubertin et Chabanier, Kardos, Hertz, Negreiros Rinaldi, etc., c'est-à-dire que sur 100 cellules mononucléaires un tiers portait la granulation (30 à 36). f

Aucune autre indication n'a été donnée de la répartition de la cellule à granulations azurophiles en dehors de celle que nous avons citée, tandis que nous avons trouvé le chiffre normal comme constant et les divers écarts qu'on peut constater en différents sujets normaux. D'autre part, nous avons constaté également chez l'enfant depuis la naissance jusqu'à l’âge de douze ans, que le nombre de cellules à granulations azurophiles était, pour 100 cellules mononucléaires de 17 à 25 p. 100 (comme moyenne 21 p. 100); chez la femme, dans la période de gestation et après l’accouche-

ment de 41 à 52 p. 100, excepté au moment de la délivrance où le nombre est exceplionnellement élevé (72 p. 100). BÉTANCÈS 24

D'autre part, nous avons constaté aussi le chiffre chez les animaux tels que le cobaye, le lapin, la souris blanche et la grenouille et il nous semble inutile de répéter ces résultats.

Nous croyons que la cellule mononucléaire, au moment où elle présente la granulation azurophile, est une cellule d’une activité telle, que tout agent toxique, microbien ou d’autre ordre, capable d'augmenter ou de diminuer cette activité, soit sécrétoire ou chimiotactique, la fait augmenter ou diminuer dans le sang circulant ou dans n'importe quel autre tissu. D’après nos nombreuses recherches, nous avons vu que cette sensibilité est révélée par l'augmentation du nombre de ces cellules au-dessus du chiffre normal; rapporté à 100 mononucléaires lorsqu'il dépasse de 6 p. 100 ou par une diminution de 4 ou 5 p. 100 au-dessous, en prenant comme type normal le chiffre de 33 p. 100.

Tout ce que nous allons traiter maintenant a été contrôlé par de nombreuses expériences et de nombreux cas d’observation, presque toutes ont déjà été données par nous et nous croyons qu'il serait inutile de nous étendre encore sur ces exemples déjà connus.

Commençons donc par voir comment se comporte la cellule à granulations azurophiles lorsque l’organisme est envahi par un agent pathogène et que la lutte défensive de l’organisme commence à s'établir. Nous serons forcés de recourir à certains cas dans lesquels l'intervention leucoc\taire est hors de doute et dans lesquels ont déjà été établies, comme une loi, les différentes phases par lesquelles passe la réaction leucocytaire; puis à d'autres cas dans lesquels ces phases ne paraissent pas être en relation ou en accord avec les faits.

En prenant comme exemple le cas de pneumonie, de coqueluche, scarlatine, rhumatisme aigu, tuberculose aiguë, diphtérie et d'autres que nous dirons plus tard, nous connaissons déjà le rôle de défense joué par les cellules sanguines, Surtout par les polynucléaires et nous savons que ce rôle est

indéniable d'après les faits expérimentaux. Dans ce cas, il existe une activité marquée de la cellule neutrophile : augmentation de nombre de ces cellules, augmentation proportionnelle de la phagocytose. La cellule mononucléaire paraît, au même moment, n'avoir aucun rôle, au moins dans la période aiguë de ces maladies, et il est généralement admis que toute l’activité est alors du côté des cellules neutrophiles. Toutefois, nous avons pu constater que la cellule mononucléaire est, elle aussi, dans un état d'activité fonctionnelle analogue à celui de la cellule à granulations neutrophiles; les cellules mononucléaires le montrent par leurs granulations azurophiles; ces. cellules augmentent à cette période dépassant le chiffre (par millimètre cube) de 150 sur la normale, augmentation due, non pas à la plus grande activité des organes leucopoiétiques,. mais l'apparition la plus fréquente de la granulation azurophile dans les cellules mononucléaires préexistantes, c’est-à-dire que même si le nombre des cellules mononucléaires est proportionnellement diminué du fait de |’ augmentation des cellules polynucléaires: il y a toujours plus de 40 p. 100 de ces cellules qui portent la granulation azurophile. Cela prouve que dans ce cas et au même instant, la cellule à granulation azurophile intervient dans la lutte de l’organisme de la même façon que la cellule à granulations neutrophiles. Nous pouvons constater, d'autre part, que toutes les variétés de cellules mononu- “cléaires, excepté les microlymphocytes, interviennent de la même façon et, d'autre part, s’il se présente des cellules jeunes des organes hématopoitéiques, un fait que nous devons signaler est, que beaucoup de ces dernières cellules ne présentent pas la granulation; ce qui prouve qu elle n'est pas seulement formée dans ces organes.

Si nous étudions divers états pathologiques aigus, autres que ceux signalés plus haut, tels que la fièvre th yphoïde, la syphilis secondaire et primaire, le paludisme aigu où,

M, | Cour

comme antérieurement, un agent microbien vient troubler la fonction normale de l'organisme, soit par lui-même, soit par ces toxines, nous voyons que la cellule sanguine joue encore un rôle biologique dans la défense vitale, mais d'une façon moins nette et d’une façon qui ne montre pas les mêmes phases que dans d’autres états anormaux, chose qui a donné lieu à des doutes sur son rôle biologique. Dans la fièvre typhoïde, l’action de l'agent pathogène est indéniable sur le sang et plus tard sur d’autres tissus et nous voyons qu'il paraît que la cellule sanguine n'intervient pas de la même facon que dans d’autres états semblables. Halla, Sadler, Coblanche, Von Lumbeck, Sôrenson, Rieder, Hayem, ont trouvé que dans ce cas n'existe pas de leucocytose; Stiénon, Dominici, ont.trouvé expérimentalement, au contraire, que l'intervention leucocytaire se ferait de la même façon que dans les autres maladies microbiennes. ; Gà

D'après nos observations nous avons pu constater ce que suit: chez des sujets de 14 à 17 ans, les uns dans le premier septenaire de la maladie, les autres dans la période d'état, la formule leucocytaire ainsi que Île nombre total des globules blancs par millimètre cube, ne paraît pas déceler une activité plus grande de ces cellules qu'à l'état normal.

Wassermann en cherchant la véracité des faits constatés par Pfeiffer, Hémard, lesquels affirmaient que (les organes hémapeoiétiques, ganglions, moelle, rate, produisaient: des anticorps éberthiens ; Ladisla, Deusch, concluent de ces expériences que le sérum sanguin, vers le 4° ou De jour possède une action antityphique ayant son maximum au Pour, tandis que cette aclion est faible dans le foie, les reins, les capsules surrhénales et l'épiploon (bien que le liquide péritonéal présente un pouvoir égal à celui du, sérum sanguin) (après le sérum sanguin, la moelle osseuse el la rate) tout cela les fait penser, aux auteurs précédents, qu'ils se formaient dans le sang même. Bourmont et Barbaroux établis-

. sent qu’il y a hypoleucocytose, même lorsqu'il y a un pourcentage de 80 p. 100 de polynucléaires. De cette façon il est difficile d'expliquer en réalité l’action de la cellule sanguine dans la fièvre typhoïde, même s’il y a des produits antitya phiques dans le sang et en permanence. Au contraire la formule leucocytaire sans changements notables, montre plutôt une leucocytose négative.

On voit clairement que les cellules neutrophiles ne paraissent pas intervenir à ce moment de la défense de l'organisme, il semble plutôt que c’est la cellule mononucléaire qui joue le rôle principal, soit par son pouvoir phagocytaire, bien que faible sur ce bacille, soit par ses produits de sécrétion. Nous voyons que, si les cellules polynucléaires sont dans une proportion de 80 p. 100 par millimètre cube, elles se trouvent notablement diminuées, tandis que Îles cellules mononucléaires restént dans leurs proportions normales ou lorsqu'elles atteignent un chiffre relatif de 50 p. 100, elles sont aussi en quantité inférieure à la normale par millimètre cube. On pourrait penser que les cellules sanguines, polynucléaires neutrophiles et mononucléaires, seront augmentées et montreront leur plus grande activité dans d'autres tissus lésés par le bacille ‘d'Eberth, mais cet argument serait contraire aux faits, car il est prouvé et connu que les bacilles existent dans le sang périphérique (ou leurs toxines) et que dans le sang existent des produits antiéberthiens. Pendant que tout céla se passe du côté de ces cellules, nous voyons dans toutes nos observations, que la cellule à granulations azurophiles montre qu'en réalité il existe une activité et une intervention de la cellule sanguine. Nous avons pu constater que l'augmentation du nombre de ces cellules était constante depuis le commencement de la maladie et même après la convalescence ; ces cellules, contrairement aux cellules neutrophiles et aux cellules à granulations mono-oxyphiles qui disparaissent complètement du sang pendant la maladie, aug-

mentent relativement etmême par millimètre cube. Cette augmentation nous devons signaler qu'elle ne se fait pas tou- Jours par diminution des autres cellules, puisque dans le cas où celles-ci restent dans les proportions normales ou à peu près, les cellules à granulations azurophiles sont toujours augmentées de nombre, c'est-à-dire qu'il y a un nombre plus grand de cellules mononucléaires avec cette granulation. Ce ne sont pas seulement les cellules monocytaires qui sont en plus grand nombre porteuses de granulations azurophiles, ce sont aussi les cellules lymphocytaires ; il y a donc des faits pour affirmer qu'en réalité la cellule à granulations azurophiles joue un rôle prépondérant dans la défense de l'organisme.

Nous avons pu trouver des faits identiques dans d’autres états anormaux, à images sanguines semblables ou semblables à celles des premiers cas cités et nous allons voir maintenant ce qui se passe lorsqu'un agent microbien attaque l’organisme en produisant des phénomènes d’un autre ordre et en exerçant pendant longtemps son action nocive. Prenons par exemple Ja syphilis, la lèpre, le paludisme et la bilharziose. Dans le premier cas on peut constater (fréquemment avant la période secondaire ou avant toute manifestation externe, (Betances, Journal de praticiens 1916) qu'il y a un produit dans le sang, un anticorps résultant d’une action active sécréloire, physiologique de la cellule sanguine (Artus).

Nous voyons que les cellules polynucléaires neutrophiles, même si elles montrent une activité plus grande que dans les cas que nous venons de citer, ne sauraient prouver que c'est à elles qu’on doit la plus active fonction de réaction ou de défense de l'organisme; dans la syphilis, Surtout à Ja

(1) Des organes hématopoiétiques (Muttermilch); produit nouvellement formé pour la défense de l'organisme ou en existant même à l’état normal dans certains organes par une excitation énergique, infectieuse, de l’activité de ces organes et des éléments cellulaires (mononucléaires) passent dans le sang (Cantacuzène).

2 période, 1l y a leucocytose et neutrophilie modérées et on voit cependant que les cellules mononucléaires à granulations azurophiles sont augmentées notablement. Nous trouvons presque constamment 42 p. 100 et plus de 1.000 par millimètre cube et cette augmentation n’est pas due exclusivement à l'augmentation du pourcentage de ces cellules par réaction des organes hématopoiétiques. Si nous prenons ce même état pathologique à d’autres périodes, telles que la période primaire, la période tertiaire ou dans des cas déjà en voie de guérison, où la formule sanguine en ce qui concerne les cellules polynucléaires est encore moins anormale, nous constatons toujours l'augmentation des cellules à granulations azurophiles.

Dans la lèpre on doit supposer que l'organisme lutte cons- tamment contre l'élément pathogène qui trouble ses foncüons normales et sa constitution histologique” Pour certains auteurs, l'organisme dans ce cas mettra en activité les cel. lules qui sont capables d'agir contre de telles substances spécialement, et d’après les théories émises, les cellules neutrophiles agiront sur certains éléments seulement et les cellules monocytaires macrophages sur d’autres ; les lymphocytes sur les agents lymphotactiques, tels que les bacilles de Koch, tréponème de Schaudinn, bacille de Hansen, actinomycose; c'est-à-dire que Îles polynucléaires seront actifs contre les neucloprotéides toxiques et excités à la protéolyse des albumonoïdes ; les lymphocytes attirés par les lipoïdes et excités à la lypolyse (Pappenheim). Toutefois, les faits ne paraissent pas confirmer que les cellules à granulations neutrophiles agissent dans un cas aussi bien que dans l’autre. Dans la lèpre, nous pouvons voir que des phénomènes différents peuvent se produire, d’après les cas observés par nous. Chez les nègres atteints de cette maladie, il semble -que la plus grande activité se manifeste du côté de la cellule mononucléaire et de la cellule mono-oxyphile et chez

les blancs il semble qu'il n'existe aucune activité, ni de la part de ces dernières cellules, ni de la part des cellules neutrophiles. Beaucoup d’hématologistes ont trouvé qu'il existe toujours, dans ce cas, une mono-oxyphilie plus ou moins considérable, d’autres n’ont pas trouvé cette mono-oxyphilie et lorsqu'ils l'ont constatée, l’ont attribuée à d'autres causes | (parasitisme intestinal). Nous avons pu constater qu'en réalité, lorsque la monooxyphilie existait, il s'agissait des sujets parasités (chez les nègres); autrement nous avons trouvé une mono-oxyphilie normale ou très peu exagérée. En tout cas, nous avons pu constater que les cellules à granulations azurophiles paraissent intervenir de la même façon dans cette lutte de l'organisme, puisqu'elles se montrent en nombre supérieur à la normale, tant relativement que par millimètre cube ; nous pouvons constater également, d’après ces Cas, que si parfois la cellule à granulation azurophile ne correspond pas au rôle biologique de la cellule : à granulation neutrophile, elle ne correspond pas non plus à celui de la granulation mono-oxyphile, et que cette fonction azurophile de la cellule est une fonction indépendante des autres fonctions de la cellule mononucléaire, laquelle joue un rôle plus important dans certains phénomènes vitaux, tel que dans la défense de l'organisme. ,

Si nous regardons maintenant un cas anormal produit par l’hématozoaire de Laveran ou par la bilharzia hématobie, où l’on attribue à la cellule mononucléaire la plus grande activité dans la destruction de ces parasites (dans la bilharzia il existerait même un éosinotactisme spécial), nous voyons des faits contraires du eôté de la granulation azurophile. D'après Metchnikoff, l'organisme se défend contre l'hématozoaire par les macrophages de la rate; Kelsch, Dionisis, Bastianelli, Hayem, Ehrlich, Eichorn et la plupart des observateurs ont constaté la mononucléose, ce qui confirme que ces cellules sont celles qui prennent la plus grande part dans la lutte

= ai

Le

contre les parasites ; Laveran et Thiroux constatent que dans les cellules sanguines de la rate il n’y a pas de grande phagocyltose des hématozoaires et que ces parasites pourront vivre dans cet organe pendant longtemps, le phénomène de phagocytose se voyant seulement par les produits pigmenmentaires dérivés de la cellule sanguine ou des hématozoaires. Vincent trouve qu’au début du frisson il y'a une augmentation des globules blancs, diminution des monooxyphiles et des grandes cellules mononucléaires, et l'auteur considère que cela s'explique parce que ces cellules sont les phagocytes des hématozoaires du paludisme et des pigments malariques, que les glandes lymphatiques, le foie, et la rate, retiendront alors au passage, en débarrassant de cette façon le sang. De cette façon cet auteur ne voit pas seulement les grandes cellules monocytaires, mais aussi les lymphocytaires comme doués d'un pouvoir phagocytaire dans le paludisme ; la forme en croissant du parasite n'aurait pas d’action attractive sur les leucocytes. D'autre part, Golgi (1886) croit que les hématozoaires peuvent être phagocytés vivants, bien que cette constatation soit difficile à faire.

Dans la bilharziose, nous n'avons pas beaucoup de renseignements, nous savons seulement qu'il y a une augmentation des cellules à granulations mono-oxyphiles. Voyons maintenant comment interviennent en ces cas les cellules à granulations azurophiles.

Dans la période des frissons, lorsque les hématozoaires sont présents dans les hématies, nous avons trouvé effectivement une augmentation des cellules polynucléaires neutrophiles, une disparition complète des cellules à granulations mono-oxyphiles, et aussi une grande diminution des cellules mononucléaires monocytaires. Les cellules à granulations azurophiles, dans ce cas, étaient presque disparues du sang et seulement un cinquième des cellules mononucléaires la contenait; par, millimètre cube le chiffre était toujours

autour de 400 plus ou moins. Nous nous demandons si, dans ce cas, la cellule à granulations azurophiles n'aurait pas-un chimiotactisme négatif pour les hématozoaires ou si c'est qu'elle est indifférente à sa présence ou que peut-être, ainsi que les grands mononucléaires, d'après l'opinion de Vincent, elle aura un pouvoir phagocytaire accru et aura passé vivement aux organes hématopoiétiques.

Dans ce cas, un examen de ces organes règlerait la question, mais nous croyons improbable que les cellules à granulations azurophiles étaient disparues pour cette cause et non par l'indifférence qu'elles peuvent montrer vis-à-vis des hématozoaires lorsqu'elles sont dans les hématies et ne peuvent montrer aucune action sur les cellules mononucléaires. Nous pensons que cette cellule ne montre pas un plus grand degré d'activité et la granulation azurophile ne se présente pas, parce que l'hématozoaire intraglobulaire n'agit pas sur la cellule mononucléaire. Les deux hypothèses sont acceptables. Nous constatons cela parce que dans le cas du paludisme chronique, où existe un nombre très bas dè cellules mononucléaires dans le sang (bien que proportionnellement elles soient en nombre supérieur à la cellule polynucléaire) nous voyons qu'un nombre supérieur à la normale présente la granulation azurophile, et cette réaction, nous nous l’expliquons contre les produits de désintégration des cellules sanguines rouges ou des hématozoaires, qui se trouvent libres dans le sang ou dans certains organes. Dans ce cas ce ne sont pas les cellules monocytaires principalement qui montrent la granulation azurophile, et on peut constater que les cellules lymphocytaires à granulations, se trouvent dans une proportion très augmentée de la normale : et qui pourtant ne correspondent pas à une plus grande activité dos organes leucopoiétiques ou du pouvoir phagocylaire des grands mononucléaires, maïs seulement à la fonction spéciale ou sécrétoire azurophile. |

es

CT

Dans la bilharziore nous trouvons quelque chose de semblable. Dans les cas observés par nous il s'agissait d’un parasite qui, depuis longtemps, avait envahi l'organisme et était implanté dans les Lissus vésicaux; il y avait dans le sang, dans tous ces cas, une mono-oxyphilie très supérieure à la normale, il y avait neutropénie et augmentation des cellules mononucléaires portant surtout sur les grandes cellules monocytaires; dans quelques cas nous trouvâmes aussi la preuve de la réaction hématopoiétique par la présence de cellules jeunes, leucoblastiques, non complètement développées. Les cellules à granulations azurophiles, dans tous les cas observés, paraissaient n’intervenir en aucune facon contre les parasites, 1l y avait dans tous les cas un nombre égal à la normale, tant relativement que totalement. Cela nous semble démontrer que, non seulement l’activité azurophile n'existait pas pour ces parasites, mais qu'aussi elle n'était pas liée à l'action phagocytaire parce que, comme dans le cas du paludisme, le nombre de cellules macrophages était augmenté, soit dans le sang ou près des tissus où se trouvent les parasites, alors les cellules à granulations azurophiles ne montraient aucune variation. Il nous semble donc que ces parasites, ainsi que les hématozoaires de Laveran, ainsi que quelques parasites intestinaux n’ont aucune influence sur les cellules à granulations azurophiles.

Donc, le rôle biologique de la cellule mononueléaire à granulations azurophiles, par sa fonction sécrétoire azurophile ou active, dans ia défense de l’orgenisme contre les agents microbiens autres que ceux que nous venons de citer, est indiscutable, indépendante de l’activité d'autres cellules et parfois plus intense.

Nous devons voir maintenant si cette même activité se manifeste aussi dans des cas où l'organisme doit réagir contre d’autres causes encore indéterminées, mais néanmoins manifestes. Nous examinerons, à ce sujet, quelques cas de

maladies chroniques, maladies de la peau, etc., états histologiques anormaux tels que cancers, lymphosarcomatose, leucémie, pithirisias et d’autres, dont les causes ont été bien déterminées : syphilis chronique, tuberculose chronique, etc.

Dans tous ces cas (en exceptant les tumeurs malignes, quelques états leucémiques où la réaction cellulaire se fait plutôt dans la région où la lésion se manifeste) toutes les cellules sanguines ne paraissent pas intervenir directement, excepté les cellules mono- LORD qui paraissent dans tous ces cas, d'après la quantité qu’on en trouve dans le sang, obéir à des influences d'ordre chimiotactique, parfois de nature réactionnelle qui ne sont pas encore éclaircis complètement, mais déjà par les travaux d’Audibert, Mesnil, Weinberg et Seguin, Copzarenko, etc., on commence à comprendre qu'elle est due au rôle biologique dela cellule mono-oxyphile, qui est semblable à celle qui peut avoir d’autres cellules sanguines.

D’après quelques exemples donnés dans nos tableaux, nous savons que les cellules à granulations azurophiles (ou les cellules mononucléaires par leur fonction azurophile) montrent aussi dans ces cas leur rôle actif réactionnaire de défense et non seulement dans le sang, mais aussi dans le tissu où existent des lésions qui se rapportent aux cas que nous traitons. Soit qu'il existe neutrophilie ou le contraire, soit qu’il existe réaction ou non des organes hématopoiétiques ou même une réaction ou non des cellules mononucléaires, les granulations azurophiles ainsi que les granulations monooxyphiles dans ce cas paraissent participer toujours à la défense de l'organisme. Nous voyons qu’un plus grand nombre de cellules mononucléaires, dans tous ces cas, contiennent la granulation, elles sont plus abondantes dans le sang. Les observations que nous avons relatées des dermatites polymorphes, de leucémie cutis, de cancer, de tuberculose rénale, pourront aussi confirmer que, si cette réaction se trouve manifeste dans le sang circulant ainsi que dans le tissu où la

lésion est plus manifeste, les cellules qui présentent la réaction azurophile sont autour de la lésion en plus grande abondance qu'à l’état normal de ce tissu et cette abondance ne correspond pas, comme nous avons pu le constater, à une diminution du nombre qui se trouve dans le sang et qui reste supérieur à la normale. Cela confirme, d'autre part, ce que nous avons déjà dit plusieurs fois, que la réaction azurophile n'est pas liée exclusivement au chiiniotactisme, mais plutôt à une fonction spéciale propre de la cellule mononucléaire, fonction d'activité sécrétoire. Toutefois, dans d’autres cas nous devons faire observer, qu'il ÿ a par exemple dans la leucémie myéloïde et lymphoïde, des phénomènes qui laissent penser que la cellule mononucléaire n’est pas à un degré d'activité plus grand que la normale; nous avons constaté que sur 100 cellules mononucléaires un nombre à peu près normal présente la granulation azurophile, même s'il en existe par millimètre cube une quantité considérable. En réalité tout cela est la conséquence de la prolifération surabondante des organes leucopoiétiques, mais la fonction azurophile n'est pas liée toujours à cette prolifération; il faut donc qu'il existe une autre cause qui excite la suractivité de Îa cellule mononucléaire. D'autre façon, nous pouvons interpréter, que la cause d’excitation fonctionnelle de la cellule existant seulement dans l'intimité de ce tissu hématopoiétique anormal, il y aura dans ces cas une hyperplasie azurophile.

Dans nos études sur la granulation azurophile nous avons maintes fois trouvé des cas où une légère réaction neutrophile correspondait à une réaction azurophile identique ou le contraire, de même de la part des cellules mono-oxyphiles, mais dans d’autres cas les réactions étaient inversement proportionnelles, ce qui porte à croire que peut-être, ainsi que la cellule mono-oxyphile (Weinberg et Seguin) la cellule azurophile réactionne en remplaçant les fonctions des autres cellules, lorsqu'elles manquent.

En ajoutant un mot sur la réaction azurophile dans le cas où il y a une excitation ou une prolifération accrue des organes hématopoiétiques, nous devons rappeler que dans les cas d'anémie simple-et non symptomatique, les cellules à granulations azurophiles ne montrent aucune réaction; elles n'en montrent que lorsqu'il existe un agent microbien, toxique, ou autre, capable d’exciter cette fonction cellulaire.

D'autre part, ces résultats paraissent ne pas être en discordance avec ceux qui ont été observés par quelques auteurs. On a trouvé que dans la leucémie, l’activité fonctionnelle de la cellule polynucléaire restait normale, tandis que l’activité de la cellule mononucléaire était très basse ; Parvu trouve le contraire. Dans d’autres travaux, Ramon et Foy concluent à la baisse de l’activité fonctionnelle de la cellule mononucléaire seulement dans la leucémie aiguë. Dans un travail plus récent de Tchistovitsch et Arinskine, on peut voir que les auteurs concluent que le pouvoir phagocytaire des polynucléaires neutrophiles est resté notable, tandis que les cellules neütrophiles non mûres avaient un pouvoir faible ou presquenul ; d'autre part, il semblait que le pouvoir phagocytaire dans les cellules jeunes appartient seulement aux cellules neutrophiles. De Marchio (1917) constate que dans la leucémie le pouvoir phagocytaire est diminué, mais qu'en revanche, toutes les cellules le possèdent, en exceptant seulement les lymphocytes. En conclusion, nous pouvons considérer qu'en réalité le pouvoir d'activité fonctionnelle de la cellule mononucléaire, manifestée par les granulations azurophiles, est bien diminué dans lous ces cas, d'après ce que montre le nombre de cellules qui la contiennent. Cela s’observe du reste et nous nous en sommes rendu compte, dans d’autres états leucémiques où, Comme nous l'avons dit, dans d’autres états de réaction hématopoiétique où les cellules mononucléaires ne montrent pas celle activité, à moins que l'action d’un autre agent, bacillaire ou toxique, ne provoque une irritation de

l'activité cellulaire et ne détermine ainsi l'apparition de la granulation azurophile.

Si ce rôle biologique que paraît jouer si nettement la granulation azurophile dans la lutte de l'organisme contre les agents infectieux, est évident et presque constant, nous devons trouver quelques variations dans les manifestations de ce rôle biologique suivant que l’organisme soit victorieux de cette lutte ou qu'il soit vaincu:

La réaction leucocytaire dans les infections est, comme nous l’avons dit, un fait général et il a permis aux histologistes et physiologistes d'établir une loi générale de cette réaction. Il est établi que pendant l'infection ou pendant la défense de l'organisme il y a, premièrement, une phase passagère d’hypoleucocytose suivie d’une phase de leucocvtose ; les cellules polynucléaires augmentent de nombre; dans une autre phase l'augmentation porte sur les mononucléaires et dans une dernière phase, les éosinophiles apparaissent dans le sang en rétablissant l'équilibre leucocytaire normal au moment où l'organisme est déjà rétabli dans ses fonctions normales. L’hypoleucocytose paraît seulement être observée nettement dans les infections expérimentales, elle porte non seulementsur les cellules polynucléaires, mais aussi sur les mononucléaires, elle n'apparaît qu’au moment où arrivent au plasme sanguin certains ferments élaborés par les globules blancs (Metchnikoff). Elle se produira en présence, dans l'organisme, de certains microbes, toxines, poisons, corps inertes, etc. La cause ne paraît pas encore déterminée nettement : quelques-uns croient que l’hypoleucocytose est due à la fuite des cellules sanguines ou à leur accumulation dans certains organes, d’autres croient à la destruction de ces cellules, à l'inhibition des organes leucopoiétiques; la polynucléose neutrophile qui suit cette phase, variable d'intensité suivant la cause qui produit la réaction leucocytaire, paraît due à une réaction des organes

mr Tee

hématopoiétiques, elle suit la phase de mononucléose sans varier dans le cas où l'organisme doit vaincre l'infection; la mononucléose commencera à se manifester par les cellules Iymphoïdes, puis par les cellules monocytaires et lorsque l'organisme aura réagi favorablement et rétabli l'équilibre fonctionnel, alors apparaîtront les cellules mono-oxyphiles.

Comme nous l'avons dit précédemment, si le phénomène biologique qui se produit du côté de la cellule sanguine pendant cette réaction reste fort discuté depuis plus de 22 ans, c'est que cette réaction elle-même paraît varier profondément däns de nombreux cas. Dans quelques-uns la polynueléose neutrophile prévaudra toujours, dans d’autres la mononueléose et parfois la réaction éosinophile n'apparaîtra pas, même dans les cas chroniques; l'absence de mononucléose pourra s’observer même lorsque l'organisme n'arrive pas à résister à l'infection; dans d’autres cas l’hypoleucocyiose et la polynucléose initiales paraitront peu manifestes ou apparaîtront la première sans la seconde (ce qui s'explique par l'action toxique paralysant les centres leucopoiétiques de telle façon qu’ils deviennent incapables de fournir les éléments de défense) mais dans d’autres cas, on pourra voir

que même avec cette réaction de défense et avec une phase

de neutrophilie intense, l'organisme finit parfois par succomber. Tous ces faits certains ont fourni des arguments aux

adversaires de la théorie phagocytaire,, et de l'incertitude

sur cette question sont nées de nombreuses recherches pour jeter une lumière dans l’un ou l’autre sens.

En ce qui concerne la cellule à granulations azurophiles, nous avons vu, d’après nos observations et de nombreuses expériences, qu’il est impossible de nier sa participation au phénomène de réaction cellulaire; nous avons vu que l’hypérazurophilie se produit toujours en présence d’un agent microbien, toxine, ou poison quelconque capable de modifier

Page 1