‹ La granulation azurophileChapitre 84 sur 91 · MS · texte numérisé non relu

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mollécules énormes, mais très fragiles), concorde parfaitemient avec le rôle synthétique attribué généralement aux noyaux dans la vie cellulaire en laissant d’un côté Le radical protéique et en prenant l'acide nucléique seulement, Nolf nous dit qu'en la connaissance actuelle des propriétés de l'acide nucléique d’après les recherches chimiques, on est en droit de rattacher ces propriétés à des phénomènes biologiques importants. Et Nolf se demande si ce n’est pas par cet acide nucléique que les leucocytes exercent sur les microbes l’action destructive “établie par Metechnikoff. Kossel (1884) constatait quelque chose de semblable, Tichomiroff obtenait quelques résultats de ses expétiences avec l'acide nucléique et quelques toxines, Hortarzewsky (1892) présentait des observations d'un autre ordre à ce sujet, mais comme nous l'avons dit, toutes ces conclusions ont été discutées. Roux cité par Metchnikoff (1889), pensait que la substance sensibilitatrice était très probablement une sécrétion du macrophage arrivé à la fonction de la digestion intra-cellulaire. :

Himmel, dans ses études sur le rouge neutre (1902), concluait que toutes les granulations qui se coloraient par le rouge neutre dans les leucocytes vivants n'était autre chose que des produits des échanges nutritifs ou de produits résultant de la sécrétion des leucocytes; il pensait que la coloration vitale par le rouge neutre dépendait de la propriété oxydante du phagocyte, que l’hyaloplasme ne possèdait pas de propriétés oxydantes; que tous les facteurs qui favorisaient la vitalité de la cellule avaient une action analogue sur la coloration et que les substances acides élaborées par les léucocytes paraissent être voisines des amidoacides.

Dans un travail d’Alderschoff et Broers sur les corps intraepithéliaux de Guarnieri (1906) nous trouvons entre diverses opinions sur l’origine de ces corps, celle de Babès, Pirowazek, qui pensaient qu'il est un produit du noyau, c'est-à-dire des nucléoles expulsées, des introsomes, des

grains de chromatine. Hükel croit qu'il provient du cytoplasme, Salmon et Borrel que ce sont des produits venant des leucocytes et enfin les autres concluent d'après ces expériences, que ces corps seraient comme une réaction spécifique provoquée par les virus, encore inconnus, de la variole et de la vaccine. Les noyaux et les cytoplasmes concourant à la formation de ces produits de la réaction, les noyaux expulseraient des granulations contenant de la chromatine, quelques-unes de ces granulations continuaient à s’accroitre pour leur compte, au bout d'un certain temps les cytoplasmes les entourent d'un manteau, qui peut rester encore longtemps en relation avec le reste du cyloplasme. . Mausset (1893) nous parle de la modification de la cellule pancréatique pendant la sécrétion des substances fondamentales du protoplasme de ces cellules. (prezymogène) Segall (1888) nous fait connaître les chromatocytes comme des éléments particuliers qui ont une affinité pour toutes les réactions de la chromatine et qu’il croit dériver de la chromaline nucléaire par cromatolyses. Jolly (1898) dans ses observations sur la dégénérescence du noyau des cellules lymphatiques, in-vitro, pense que les granulations qui s'observent à ce moment proviennent de la fermentation de la couronne nucléaire qui limite la vacuole du noyau. Mme Phisalix (1900) dans ses études sur les plasmatocytes de la peau de la salamandre terrestre, nous fait, connaître ses idées à ce sujet, elle nous parle de son point de vue en ce qui concerne ces cellules décrites par Ranvier en 1890, et des granulations qu'elle considère dans le tissu en voie de prolifération active, comme une évolution spécifique du globule blanc, de nature diastasique. Dans un autre travail du même auteur sur l'activité sécrétoire du noyau dans les glandes de la peau de la salamandre terrestre, en suivant le développement embryogénique de ces glandes vénéneuses de la salamandre, elle constate que l'origine et la formation des

granulations: réfringérantes, qui constituent la part active vénéneuse, ne sont pas d’après Drasch, fournies par les protoplasmes généraux de la glande, le Syncytium dans lequel plongent les cellules génantes de Leydig; ces granulations n'auront aucune importance. En suivant toute l'évolution de ces grains en coupe fixées et colorées par l'hématoxiline éosine, Mme Phisalix observe que les granulations se ‘forment dans l’intérieur des tubes nucléiniques ; que ce sont des formations directes du noyau en activité et qu'au fur et à mesure que les noyaux émettent des granulations, ils deviennent plus clairs, les tubes disparaissent, il reste seulement un tractus du réseau nucléaire. Vigier (1900) dans ses études sur le rôle des nucléoles dans la sécrétion, nous dit que, contrairement à l'opinion classique qui considère le cytoplasme comme l'agent exclusif de la sécrétion, différentes observations montrent que les plasmes nucléaires sont aussi capables de produire des sécrétions. D’autres auteurs dans différentes expériences et observations (Hacker, Rumbler, Von Rath, etc.), considèrent ces substances comme un produit de réserve provenant d'une sécrétion de la chromatine. Renault constate des modifications du noyau, dans sa forme et son volume, pendant l'activité sécrétoire, Giglioto considère les granulations comme d'origine nucléaire, Sacharow croit que la granulation mono-oxyphile se forme au dépens du nucléole. Enfin Vigier dans d’autres observations, conclut que, pendant la sécrétion, les noyaux se modifient et élaborent des éléments de formation et de réaction analogues aux produits de sécrétion du cytoplasme. Jolly en 1901, pensait que les noyaux ajoulaient leur rôle à celui du protoplasme dans les phénomènes actifs de la sécrétion.

Les études de. Renault (1902) sur les variations de chromaticité des noyaux dans les cellules à fonction sécrétoire, montrent qu'il y a des relations étroites entre les noyaux et

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les cytoplasmes et que peut-être des échanges qui paraissent s'effectuer entre les sucs nucléaires etles protoplasmes dans les deux sens à travers la même glande du noyau, ont pour effet de soumettre à une phase préalable d'élaboration intranucléaire, le matériel puisé par la cellulle dans les plasmes nourrisseurs. Les travaux de Lonnoy sur les phénomènes nucléaires dans les sécrétions, nous font aussi comprendre le rôle du noyau dans les différentes modalités de la cellule. Mary (1909) considère les corps de Negri comme l'indice d’une réaction des cellules nerveuses, Poor pense enfin qu’elles sont l'indice d'une réaction cellulaire contre le poison de nature différente.

Pour ne pas rendre fastidieux cet exposé que nous n'avons fait aussi long que pour avoir des bases suffisantes pour émettre, par analogie, notre hypothèse sur l'origine de la granulation azurophile, nous allons dire quelques mots seulement sur ce qui concerne les granulations leucocytaires.

Ebrlich estimait que la granulation des polynucléaires était un vrai produit de sécrétion, ferment actif et spécifique; il considérait la signification des granulations comme le résultat d'une sécrétion due au métabolisme cellulaire. Metchnikoff pensait que les granulations représentent des cytases. Guillermont et Mawas pensent que les granulations de Mastzellen sont des produits à rapprocher des grains de sécrétion basophile très abondante chez les protystes (corpuscules métacromatiques, grains de volutine de Mayer) et que ces granulations ont leur origine dans le noyau. Swellengrebel (1908) dans une étude histochimique de ces grains de volutine dans les trypanosomes, déduisait que les grains de chromatine en quittant les noyaux se convertissaient en grains de volutine et que par leur origine nucléaire ils devaient être considérés comme des chromidies, comme l'avaient déjà pensé Mesnil et Nicoll. Guillermont aussi considère ces grains comme d'origine nucléaire. Levaditi, dans

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sa thèse de 1902, pensait que les Mastzellen doivent mettre en liberté les substances de ces granulations, tout comme la cellule pancréatique ses enzymes et la cellule hépatique ses composés biliaires. Pappenheim admet qu'on ne connaît pas encore l'origine de la formation de la granulation de Mastzellen, mais il pense que les grains mucoïdes paraissent n'être qu'une espèce de surcharge inerte, indice de la dégénérescence du cytoplasme; il pense que les granulations monooxyphiles prennent naissance au dépens du paraplasme de la cellule, en débutant au voisinage de l’astrophère et que les granulations neutrophiles sont du paraplasme transformé directement; d'autre part, il pense que la granulation monooxyphile est un produit spécifique du paraplasme sous l'influence d’une irritation plastique particulière, de même que la cellule jeune éosinoplastique forme des granulations de formes bien définies et que ces granulations, semblables aux catalysateurs, remplissant seulement le rôle de transporteurs du processus fermentatif. Les granulations neutrophiles sont, pour lui, l'expression morphologique d’un ferment protéolytique destiné à être employé au cours des fonctions de la cellule; Pappenheim pense enfin, que les protoplasmes élaborent cette granulation, en partie avec l’aide du noyau. Nous avons dit déjà que Metchnikoff, Ehrlich, Denis, Wautter, et d’autres savants admettaient que la granulation neutrophile représentait la macrocitase, contrairement à Hanken et à Kantack qui pensaient que cette sécrétion appartenait aux granulations monooxyphiles; cette granulation monooxyphile, pour quelques auteurs, serait un produit hémoglobique, pour d’autres, des graisses particulières et pour Ebhrlich matières albuminoïdes spéciales. Max Kolmann croit que cette granulation chez certains animaux n'est pas une matière albuminoïde, puisqu'elle ne donne pas la réac-

‘tion de Millon que donnent d’autres granulations.

Ce ‘ong exposé des hypothèses émises sur l’origine et la

Ca

nature de quelques granulations cellulaires et des granulations ,

leucocytaires en particulier, nous paraît suffisant pour permettre de comprendre notre conception de la granulation azurophile et, bien que les différents hématologistes qui ont étudié cette granulation ne nous apportent que peu de faits . expérimentaux, nous allons relater ce qui a été dit et faire les critiques qui nous semblent légitimes.

Ehrlich, Turk et d’autres ont pensé que la granulation azurophile représente un processus dégénératif des globules blancs, mais ces auteurs ne disent pas si cè processus dégénératif commence par les noyaux ou par les cytoplasmes et quelle est la cause de ce processus, Grawith (1910) voit dans la granulation azurophile le témoin de l’activité initiale du protoplasme basophile, jusque-là indifférente, et il croit que ces granulations représentent l’état primitif de la granulation neutrophile et seront finalement transformées en granulations neutrophiles. Buttierfield, Klein, Scott, Schleip, Naegeli, Benjamin Schride, et d’autres, ont des conceptions différentes suivant qu'il s’agit de la granulation lymphocytaire ou de la granulation monocytaire. Quelques-uns de ces auteurs considèrent la granulation azurophile toujours comme une granulation neutrophile, d’autres conviennent que la granulation des lymphocytes sera une granulation azurophile spéciale, tandis que celle des cellules monocytaires ou des cellules-dites de translation, sera une granulation neutrophile non mûre ; d'autres, tels que Naegeli et Benjamin, ont considéré dernièrement la granulation monocytaire, bien qu’elle

soit accidentellement FERME, comme une granulation tout à fait spéciale.

Toutes ces opinions ne disent rien au point de vue spécial de l'origine et de la nature de cette granulation, même en la considérant comme granulalion neutrophile. Rieux croit qu'il est probable que la granulation-azurophile représente un produit du cytoplasme basophile, insconstant et variable, abon-

dant surtout lorsque la basophilie est faible et la cellule mononucléaire différenciée dans le sang granulocytaire vieilli. | Pappenheim, Ferrata, Rosin et Biberger, Wolff, Hynek, Weidenreich, Michaelis et leurs différentes écoles, ainsi que la plupart des hématologistes qui ont étudié cette granulation, tout en reconnaissant la granulation azurophile comme une granulation spéciale et différente des autres granulations leucocytaires, conviennent (au moins quelques-uns d’entr'eux) qu'elle ne peut pas constituer une granulation semblable à celle des cellules polynucléaires. D’autres croient qu'elles

sont à considérer comme du même caractère. Tous, en

général, n’acceptent pas qu’elles soient un produit de dégénérescence, mais au contraire, un produit d'irritation qui se forme dans le cytoplasme par fonction principale du noyau.

Ceux qui ont apporté le plus de lumière dans la connaissance de la granulation azurophile ont été Pappenheim et Ferrata. Le premier considère la granulation azurophile des éléments lymphoïdes et myéloïdes immaturés comme un, produit résultant d’une sécrétion cellulaire interne, prenant naissance à l'intérieur du cytoplasme par dispersion chromidiale caryogène ; ce n’est pas, pour Pappenheim, une vraie granulation leucocytaire support d’une fonction cellulaire, mais le résultat de cette dernière; Pappenheim voit dans la granulation azurophile grossière des cellulés myéloïdes, un produit d'apparence lipoïde, mais il n'arrive pas à trouver la nature des granulations lymphocytaires ; il croit que la granulation azurophile apparaît indépendamment d’autres granulations neutrophiles, qu'elle disparaît non par transformation en granulation neutrophile, mais seulement quand celle-ci est complètement développée.

Ferrata considère la granulation azurophile à peu près de la même façon, il la compare et il l'identifie aux plasmosomes : il croit aussi que son origine est nucléaire et qu'elle

ne représente nullement un produit de dégénéreséence, mais, tout au contraire, un produit de sécrétion et qu'elle peut dans les cellules jeunes, devenir granulation oxyphile.

Rosin et Bibergel, Parodi, Rodano de La Porta, Hynek, Blumenthal, et d'autres, croient aussi que la granulation azurophile est un produit de sécrétion mais quelques-uns de ces auteurs pensent qu’elle peut être une granulation préneutrophile.

Nous voyons que, si l’origine et la nature de la granulation azurophile sont discutées, au fond la plupart des auteurs les considèrent de la même façon. x

La granulation azurophile qui d'après nos nombreuses observations et différentes expériences, est pour nous une (puisque nous n'avons pas pu différencier celle des cellules lymphocytaires de celle des cellules monocytaires, celle des cellules jeunes de celle des cellules développées ; celle des cellules anormales de celle des cellules normales, tant chez l’homme que chez les différents animaux d'expérience : le -Cobaye, le lapin, la souris blanche et la grenouille), n’est d'aucune façon un produit de dégénérescence cellulaire. D'abord, nous trouvons souvent la granulation azurophile dans des cellulles primitives et dans des cellules jeunes, non pas seulement dans le sang cireulant, mais dans les organes d'origine ; nous l'avons trouvée dans les cellules sanguines et d’autres tissus avant la naissance ; cellules ou tissus de structure embryonnaire, preuve qui anéantit complètement l'hypothèse d'un produit de dégénérescence. On a considéré la cellule à noyau diffus, homogène, à cytoplasme ‘homogène

aussi et faiblement basophile, comme une cellule vieille et .

complètement différenciée, mais cela ne nous autorise pas à la considérer comme ure cellule dégénérée incapable de remplir une fonction propre à la cellule et déjà Jolly a contredit maintes fois l'opinion répandue que cette cellule est une cellule Ilymphocytaire dégénérée ; il a pu constater

qu'elle est plus pauvre cn chromatine, peut-être plus riche en suc nucléaire et qu’elle peut être à certain moment physiologique tel, le sustratum étant plus faible. Pour notre part, nous avons trouvé aussi la granulation azurophile dans des mésolymphocytes avec une basophilie relativement forte, en plus grande abondance (cela est {rès fréquent chez le lapin, le cobaye et la grenouille), et nous devons ajouter que la basophilie du protoplasme n'a rien à voir, d’après nos observations, avec la présence de la granulation azurophile ; nous avons trouvé cette granulation dans des cellules où la basophilie ne pouvait pas être plus forte. Il ÿ a un fait que nous avons observé souvent, c'est que des cellules complètement identiques apparamment, du même âge, de même origine et avec les mêmes degrés de chromophilie nucléaire et protoplasmique, chez les mêmes sujets, contenaient Îles unes.des granulations azurophiles et les autres pas. Nous avons trouvé aussi qu'il.est rare qu'une cellule en état de cariolyse ou de plasmoiyse, ou un autre état de dégénérescence, présente la granulation azurophile. Chez les animaux, après injection de toxines diphtériques ou de doses mortelles d’arsenic, lorsque les cellules de quelques tissus présentent un degré de dégénérescence net et très avancé, rarement aussi nous avons trouvé dans ces cellules les granulations azurophiles. Si ces expériences ou ces observations nous donnent quelque raison de ne pas croire que la granulation azu-

rophile est liée au processus de dégénérescence, les expé-

périences in vitro nous le prouvent encore davantage : des cellules étant maintenues dans le sang extrait de vaisseaux et conservées dans différents liquides pendant un certain temps, malgré la destruction de ces cellules, nous n avons pas constaté un nombre plus grand de granulations azurophiles, tandis que les cellules conservées vivantes pendant un temps plus court, en ont présenté la même quantité toujours et quelquefois plus.

Tous ces faits nous semblent être plus que suffisants pour démontrer que la granulation azurophile est bien loin d’être un produit de dégénérescence, mais, au contraire, un produit d'activité vitale de la cellule.

Quant à savoir si elle prend origine par l’activité du protoplasme ou si elle indique le début de cette activité pour produire d’autres granulations, neutrophiles où mono-oxyphiles, nos observalions ne paraissent pas le confirmer et nos expériences nous semblent prouver suffisamment qu'en réalité Ja granulation azurophile résulte d'un état d'activité fonctionnelle de la cellule, spéciale et non d'activité évolutive ou génétique.

Elles prouvent aussi, qu’en activant la vitalité de n'importe

qu’elle cellule mononucléaire, en l’arrêtant ou en la diminuant,

lés cellules qui présentent cette granulation sont plus ou.

‘ moins nombreuses, alors même que n'interviennent pas des organes homatopoïétiques.

Tous ces faits se constatent plus clairement à l'aide des renseignements que nous avons tirés de l'examen du liquide péritonéal du cobaye: en injectant des substances activant ou diminuant la vitalité cellulaire : les cellules à granulations azurophiles augmentant ou diminuant sans aucun rapport avec l'augmentation ou la diminution des granulations neutrophiles ou mono-oxyphiles. Nous avons le droit de conclure que la granulation azurophile n’est pas une granulation initiale neutrophile où mono-oxyphile, comme non plus de l'oxyphilie du protoplasme, puisque dans des cellules où Jamais n'exisleront ces réactions chromophiles, la granulation azurophile est fréquemment visible. Enfin, les rapports numériques, morphologiques, que nous avons donnés, montrent à l'évidence qu'il n'existe pas de relation entre ces granulations, du point de vue génétique. ;

Quant aux différences qu'on a voulu établir entre les granulations azurophiles, bien que nous en ayons déjà parlé, nous. devons répéter que les granulations azurophiles sont iden-

tiques dans leur origine el constitution et qu'aucune d'elles n'est une granulation prodromale, puisque l’une et l’autre peut se trouver dans la mème cellule ou dans des cellules différentes de la même variété et dans des cellules du même âge. Seulement d'après nous, il s'agirait d’une plus ou moins grande quantité de substances qui constitue la granulation azurophile, c'est-à-dire qu'à un plus ou moins grand volume de ces granulations, correspondra, suivant des lois physiques, une intensité plus ou moins grande de teinte.

Nous ne pouvons pas différencier les granulations azurophiles non plus d’après le halo clair qui les entoure : nous avons vu dans des cellules de la même variété, de la même morphologie et de la même chremophilie, les granulations avec ou sans halo, et nous avons trouvé aussi déjà granulations pointues, sphériques, rouge vif ou violet rougeâtre mat avec le halo ou sans halo achromophile; il nous semble que ce halo achromophile n’a rien à voir avec la mor phologie de la granulation azurophile, et qu'il est régi par les mêmes influences qui produisent d’autres vacuoles.

Nous devons avertir que lorsque nous parlons de la granulation neutrophile, nous voulons aussi parler de la granulation neutrophile non mûre, ainsi que de la granulation monooxyphile primitive.

Au sujet de l'origine cytoplasmique ou nucléaire de la granulation azurophile, nous nous inclinons devant les théories modernes qui attribuent l’origine de toutes ces granulations au noyau. D’après les travaux que nous avons résumés, il est très probable que ce sont les noyaux qui donnent naissance à la plupart de ces granulations; si nous considérons les phénomènes qui s’observent après la coloration vitale et la formation de certaines granulations, il faudra conclure aussi qu'elles sont d’origine nucléaire. Il est possible que la granulation azurophile soit constituée définitivement dans le cyto-

plasme, mais nous pensons que son centre d'origine est dans

les noyaux et certainès figures cellulaires que nous avons trouvées nous font incliner davantage vers cette conception. Nous avons dit que Decastello, dans sa description histologique du leucocyte, signalait les particularités du réseau chromatinien azurophile; il considérait comme du spongioplasme constitué en partant du noyau, ces masses de fibres chromatiniennes d’où se développeraient les granulations; Hynek qui observait aussi ces filets azurophiles du spongioplasme, ne voit aucune relation entre eux et la granulation azurophile; d'autre part, dans des cellules monocytaires anormales où nous avons observé ces filets cytoplasmiques, nous avons trouvé aussi qu'il n’existait aucune relation entre la formation de la granulation azurophile et les points nœuds) de ces filets ou les particules de ceux-ci. Aussi bien des noyaux nus on peut voir partir un réseau fin azurophile qui paraîtrait être le filet du spongioplasme; dans les noyaux, si on voit quelquefois des petites granulations près de ces filets azurophiles, elles ne sont pas exclusivement azurophiles comme le sont les vraies granulations azurophiles, puisque n'importe quel colorant basique ou neutre les colore.

Revenant à ce que nous avons dit un peu plus haut sur quelques figures cellulaires que nous avons trouvées dans nos recherches, nous dirons qu’en réalité la granulation paraît parfois sortir de la masse même'du noyau, de la membrane nucléaire; ces granulations que nous avons vues en apparence comme sortant du noyau, ont été vues dans un état nucléaire où la chromatine est plus pauvre et où le suc nucléaire paraît plus abondant. Dans des cellules jeunes, leucoblastiques, il est facile aussi de trouver des figures où la granulation azurophile paraît sortir de la partie du noyau qui commence à se dessiner dans le-sens monocylaire définitif, ou à se diviser.

Tous ces faits ne: sont réellement pas suffisants pour affirmer que la granulation azurophile prend son origine dans

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